‹ Manon Lescaut operacomique en trois actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 81 sur 93 · MANON ET DESGRIEUX · texte numérisé non relu

MANON ET DESGRIEUX

Le malheur, l’infamie.

En vain brisent nos jours!

A toi mon sang, ma vie ,

A toi mes seuls amours !

A présent et toujours ’A toi me seuls amours!

Toujours! toujours! toujours?

RENAUD, comptant sur sa montre.

Deux!

DESGRIEUX

J’oubliais l’important,., cet éerin...

Tu sais...

MANON

Qu'on m’aecusail d’avoir fait disparaître!

Quelle infamie!

DESGRIEUX

Eh bien ! je ferai reconnaître

La vérité !

Trois!

RENAUD, comptant.

DESGRIEUX

Oui! c’est Lescaut ton eousiu!

Depuis j’en eus la preuve! En France on écrira, Et justice l’on nous rendra!

ÀCTK 111, SCÈNE VIII.

0 toi ma bien-aimée!

MANON

0 l’ami de mon cœur !

DESGRIEUX

Sois enfin ranimée Par l’espoir du bonheur.

* ENSEMBLE

Enfin la destinée

. Semble ollrir à nos jours.

Chance plus fortunée Et riantes amours.

RENAUD, comptant toujours.

Quatre !

ENSEMBLE

Sur ton bras je m’appuie,

Et quels que soient nos jours,

A toi, mon sang, ma vie!

A toi, mes seuls amours!

A présent et toujours,

A toi, mes seuls amours!

Toujours! toujours! toujours !

RENAUD, regardant sa montre.

Cinq minutes!

DESGRIEUX ET MANON

• O ciel!

aut partir!

RENAUD, montrant la montre à Desgrieux.

Cinq! vous le voye* bien!

DESGRIEUX

Et rien 1... il ne me reste rien!

ENSEMBLE

DESGRIEUX, à Manon qu'il presse contre sou coeur. O barbarie !

Te perdre encor.

Toi, ma chérie.

Mon seul trésor.

Tu resteras.

Dût le trépas M’atteindre, héiasl Entre tes bras!

MANON

O barbarie!

Te perdre encor,

Mon bien, ma vie.

Mon seul trésor!

Tu resteras,

Dût le trépas M’atteindre, hélas!

Entre tes bras!

RENAUD, comptant les louis d’or,

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf et dix,

Les beaux louis,

Qu’ils sont jolis!

(Montrant son gousset.)

En ce logis,

Mes chers amis,

Soyez admis !

RENAUD, s’adressant à Desgrieux et à Manon.

Assez causé! la loi condamne L’amour exclusif qui vous tient.

(Moutrant Manon.)

De droit, cette belle appartient Aux colons de la Louisiane !

(Geste d'indignation de Desgrieux.)

Rassurez-vous, c’est moi qui la prends pour sultane!

DESGRIEUX, te prenant au collet et le secouant.)

Misérable !... crains mon courroux !

RENAUD

M’oser toucher!

(Courant prendre sa canne.)

A genoux !

(s’avançant sur Desgrieux et sur Manon, la canne haute.)

Tous les deux... A geuoux !...

Ou je vous broyé sous mes coups !

i. Desgrieux tire de sa poche un pistolet dont il présente le canon à Renaud qui s’arrête immobile et abaisse sa canne. En ce moment, Marguerite entre par le fond à droite, mais elle n’avance pas et reste cachée derrière ta porte de la cave qui est demeurée ouverte.)

DERNIÈRE STRETTE, à voix hasse.

ENSEMBLE

DESGRIEUX , toujours menaçant Renaud qui recule pas à pas.

Si tu t’avances,

Je punis, moi.

Tes insolences.

Tais- toi! tais-toi!

N’appelle pas,

Et pas un pas,

Ou, de mon bras.

Crains le trépas.

RENAUD, reculant toujours vert la droite.

Fatale chance!

Je meurs d’effroi ;

Et si j’avance ,

C’est fait de moi.

Ne faisons pas Vers eux un pas;

N’appelons pas ,

Ou le trépas.

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