‹ Manon Lescaut operacomique en trois actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 90 sur 93 · HT · texte numérisé non relu

HT

DESGRI EUX , avec force.

Non, non... unis pendant ia vie,

La mort doit nous unir.

A tes côtés, amie,

Je reste pour mourir.

(il soutient dans ses bras et étend sur le banc, Manon qui n’a pas quitté sa main et qui l’attire vers elle.)

MANON , à Desgrieux qui se penche pour l’écouter.

Plus près... plus près encore... un seul instant me reste.

(joignant les mains.)

Pardonne-moi les maux qu’hélas je t’ai causés.

Je n’ai jamais aimé que toi... je te l’atteste ;

Que pa ■ ce mot mes torts soient excusés. ,

ENSEMBLE

MANON

Oui... je sens .. que ma vie Va s’éteindre et finir...

Va-t-en, je t’eu supplie!

N \ Et laisse-moi mourir!

DESGRIEUX

Unis pendant la vie,

La mort doit nous unir! *

A tes côtés, amie,

Je reste pour mourir!

DESGRIEUX, sanglotant.

Mon cœur se brise !

MANON

Allons! sèche tes pleurs.

Je suis heureuse, ami, cardans tes bras je meurs.

Et n’aurais dans mon âme Rien... rien à désirer !... si je mourais ta femme!

DESGRIEUX, avec exaltation.

Ce sera !... par le Dieu qui doit lire en nos cneuRS !

MANON

Et comment? seuls, ici?... dans ce désert immense...

DESGRIEUX, de même.

Où tout, d’un Dieu vivant atteste la puissance!

Dans ces vastes forêts Dont les dômes épais Nous serviront de temple,

A la face du ciel Et devant l’Eternel,

Qui tons deux nous contemple,

A genoux ! à genoux !

(Manon se soulève, s’appuie d’une main sur la terre et lève l’autre au ciel.)

DESGRIEUX

Mon Dieu ! jetle sur nous un regard favorable!

MANON, priant à demi voix.

Pardonnez-nous !

Tu fis du repentir la vertu du coupable!

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