‹ Manreze du pretreChapitre 104 sur 297 · I. Serm · texte numérisé non relu

I. Serm

mêmes que la loi. Que deviendrait l'honneur du sacerdoce si nous mettions notre influence au service de nos intérêts temporels, et si nous exploitions la crainte révérencielle dont nous sommes l'objet, en faisant de l'argent, soit de la faiblesse du sexe, soit de la caducité de l'âge, soit de la pusillanimité des caractères et des consciences, soit, en un mot, de la foi que l'on a en Dieu et en nous ? Ah ! mes vénérés confrères, rappelons-nous que, d'après saint Chrysostôme, ce n'est point par leurs miracles, c'est par leur désintéressement que les apôtres convertirent le monde, et il nous sera facile de mépriser la fortune en pensant au mépris qu'ils en faisaient : Mundum converterunt, non propter miracula quœ fecerunt, sed quia in ipsis erat verus pecuniœ contemptus '.

Il y a une perfection de la justice qui est la délicatesse, et le prêtre doit élever son âme jusque-là. J'entends par délicatesse l'abstention de tous les gains qui ne sont pas parfaitement honorables. Par conséquent, ne trempons jamais dans certaines affaires plus commerciales que pastorales, usitées en quelques provinces de France, où le curé donne des bestiaux à cheptel , s'associe à des familles de la paroisse pour réaliser des bénéfices en commun, pose en bienfaiteur des autres, tandis qu'il n'est qu'un spéculateur assez peu estimé pour son propre compte, et qu'il tient moins à son

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