‹ Manreze du pretreChapitre 13 sur 297 · Osé · texte numérisé non relu

Osé

Ah! mes vénérés confrères, je comprends que Constantin désirât étendre sa pourpre impériale sur les fautes des prêtres pour les cacher, mais se peut-il que les prêtres prennent si peu de soin de se cacher euxmêmes? Qu'est-ce à dire? vous conseillerai-je de faire bon marché de la vertu en sauvant les apparences ? à Dieu ne plaise ; mais à vous tous qui mettez si souvent les apparences contre vous, sans excuse, laissez-moi redire avec saint Paul : Ab omnispeciemalâ abstinete vos^. On vous entendit, souvent, défendre vos fréquentations imprudentes en alléguant votre conscience sans reproche; voilà quinze cents ans que saint Augustin a répondu : La bonne conscience , c'est assez pour vous; la bonne réputation vous est nécessaire pour le prochain : Conscientia tibi, fama proximo tuo 2. Qu'ai-je parlé de la réputation ? seriez-vous du nombre de ces prêtres vains ou ambitieux qui cultivent une telle idole? en ce cas, croyez-moi, il importe peu que la réputation soit célèbre pourvu qu'elle soit bonne : Curant habe de bono nomine 3. Pourquoi ne sommes-nous pas bien pénétrés de cette nécessité? Car voici ce qui me revient de tous côtés : Per vos, nomen Dei blasphematur inter gentes*. Tantôt ce sont de jeunes prêtres dont les assiduités ont excité des murmures que je n'ose pas répéter; tantôt

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