Judith
iœderet nos eiiam vivere*. Toutefois, cette vocation au martyre n'est pas pour nous sans compensation, car si Dieu confie à la croix une sorte de mission vengeresse contre nos péchés, il lui donne aussi ;;no mission d'amour, en ne lui permettant de nous prendre dans ses bras que pour nous faire du bien. .lais comment a-t-il communiqué à cette maîtresse austère un ministère si tendre? Afin de nous la rendre bienfaisante, Dieu lui imprime les traits augustes de sa paternité, et, de même qu'il est, en ses sollicitudes paternelles, instituteur, conservateur et réparateur, il fait de la croix , pour le prêtre , un principe d'éducation, un principe de conservation et un principe de réparation.
D'abord, un principe d'éducation : voici comment la croix sert d'institutrice aux instituteurs de la société chrétienne et leur fait ses révélations. Un contemporain, qui n'est pas Père de l'Église , mais qui parlait bien jadis des choses du cœur, l'a dit : Sous un ciel toujours pur, le cœur ne mûrit pas*. Le Saint-Esprit ajoute avec bien autrement d'autorité : Qui non est tentatus quid scit^ La douleur, en effet, est, pour les âmes, comme ces atmosphères privilégiées qui font èclore prématurément les fruits. Combien de prêtres à qui