‹ Manreze du pretreChapitre 148 sur 297 · II Cor. i, la · texte numérisé non relu

II Cor. i, la

Est-ce que l'on ne sait pas ces choses dans ces presbytères où j'ai entendu maudire le calice sacerdotal? Est-ce qu'il n'y a pas un crucifix pour les rappeler ? Est-ce qu'on y a oublié la page sainte où sont écrites ces promesses du pasteur : Dominus pars hœreditatis meœ et calicis mei'1'! Une voix courroucée de notre siècle s'est écriée dans un paroxysme de haine : « Le proscrit partout est seul. » Eh bien I le prêtre abreuvé de douleur n'est jamais seul, même quand il est délaissé par tout le monde, car il lui reste toujours son Christ, cet ami de ceux qui n'en ont pas d'autres, et qui fit une volupté sainte des larmes répandues au pied de sa croix.

Voulez-vous voir l'efficacité pratique d'une telle économie ? Permettez-moi deux souvenirs personnels pour la mettre en relief. Le premier est celui d'une pauvre veuve chargée d'années, autour de laquelle Dieu avait fait de parents, de fortune et d'amis le vide le plus affreux ; comme je lui disais, à la fin de son dramatique récit : « Il faut avouer que vous avez été bien malheureuse! — Non, me répondit-elle; j'ai beaucoup

souffert, mais je n'ai pas été malheureuse; » — et, pour m'expliquer cette distinction, elle sort de dessous son voile noir un crucifix , en ajoutant : « Regardez bien : je l'ai usé sous mes baisers! » En effet, l'image sainte s'était usée, mais le bonheur de vous baiser, ô mon

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