‹ Manreze du pretreChapitre 151 sur 297 · De Imit. CJcriat · texte numérisé non relu

De Imit. CJcriat

Après vous avoir fait Grands par rapport à l'Église militante, votre croix vous fait Libérateurs dans l'Église souffrante, car elle établit, de l'une à l'autre de ces patries, communication de secours, et les patients de la première peuvent être bienfaiteurs pour ceux de la seconde. Quand vous êtes en croix, en effet, Dieu passe sur votre calvaire pour recueillir le superflu que vous produisez; il verse votre surabondance dans l'indigence des âmes du purgatoire, et, par ce lien jeté entre les deux Églises, il fait d'elles une seule famille où la fortune spirituelle est en commun.

0 mon jeune confrère, qui gémissez sur la stérilité de votre ministère, et qui souffrez, à la fleur de l'âge, la plus lourde de toutes les fatigues, celle de n'avoir rien à faire, voici une vérité trop oubliée par vos découragements : il y a quelque chose de mieux que d'être apôtre, c'est d'être martyr; quelque chose de mieux que de convertir les vivants, c'est de sauver les morts; car les vivants, dit saint Thomas, ont la possibilité de pourvoir à leur salut par eux-mêmes, tandis que pour les morts, la' journée est finie; ils sont dans cette nuit fatale où l'on ne travaille plus : Venit nox, quando nemo potest operari '.

Dites donc, du haut de votre croix, les bras étendus sur les victimes de l'Église souffrante : Omnia sustineo ut ipsi salutem consequantur1*, et, de même que

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