S. Hier
Parlez souvent, dans vos prônes et catéchismes, du Pape, de ses prérogatives, de son gouvernement à la fois spirituel et matériel, de la nécessité du second pour servir d'instrument au premier, de la raison d'être de la chancellerie, de la cour, des dépenses pontificales, et, en revenant sur ce sujet avec opportunité, clarté et piété, vous vous assurerez à la fois, et le droit de faire la quête pour le Denier de Saint-Pierre, et le bonheur de la faire fructifier. Il n'est guère possible qu'une paroisse soit inexorablement réfractaire à une telle éducation.
Que si, par impossible, votre peuple fermait obstinément l'oreille à ce bon sens, et les yeux à cette évidence, organisez, par cotisations versées à domicile, la souscription que vous ne pouvez rendre générale ; obtenez des personnes pieuses l'offrande que vous n'osez pas solliciter de la multitude ; pénétrez-vous de cette nécessité, que votre église paroissiale doit être tributaire de l'Église universelle ; ne regardez pas avec envie l'argent qui passe de vos mains à celles de la papauté; nommez des collecteurs accrédités pour le recueillir, un pieux trésorier pour le garder, des expéditionnaires sûrs pour l'envoyer exactement ; et, si peu que cette branche de votre administration prospère, regardez-la comme une grande bénédiction répandue, du haut du Vatican, sur votre bercail.
Après le Renier de Saint-Pierre, la Propagation de
la Foi est votre première œuvre à organiser et à gérer. La privation du christianisme est, de toutes les infortunes, la plus grande; aussi, le don de la foi est, de toutes les aumônes, la plus méritoire. Cette aumône ne date point d'aujourd'hui: « Mettez, disait saint Paul, chaque dimanche, quelque chose en réserve, afin que, lorsque je passerai chez vous, je me charge de votre offrande et l'envoie aux saints qui sont à Jérusalem 1 . » Ainsi , cette association est à la fois une institution du siècle des apôtres et une nouveauté du nôtre, car elle pourrait être définie : l'avènement des classes populaires à la puissance morale de l'aumône universelle, c'est-à-dire au soulagement de l'humanité dans les deux mondes.
Trêve de considérations, qui sont partout et qui ne doivent point se trouver ici , parce qu'il ne s'agit pas de plaider la cause de la Propagation de la Foi, mais de vérifier votre état d'administration à cet égard, Or, qu'envoyez-vous aux Églises lointaines tous les ans? Leur sou de chaque semaine est-il prélevé régulièrement ? Les petits enfants, les serviteurs et tout le ^peuple croyant sont-ils enrôlés dans cette association? N'y a-t-il point des dizaines de souscripteurs qui sont incomplètes, et des dizeniers qui négligent de recueillir cette souscription? Votre paroisse occupe-t-elle un rang d'honneur dans le ta-