Luc, 15, 1T
mêmes, et qui ne font jamais de leur esprit une sorte de tabernacle désert d'où la présence divine s'est évanouie. Malheureusement, nous perdons Dieu en le donnant aux autres, et il est absent de nos pensées à l'heure même où il est produit par notre parole; cause trop ordinaire, non-seulement de nos délabrements intérieurs, mais encore de l'infécondité de nos efforts, car notre apostolat ne fructifie qu'à cette condition : Qui manet in me et ego in eo, hic fert fructum multum ] .
Où en sommes-nous de la seconde condition du recueillement, l'attention à nous-mêmes? Elle est la conséquence de la première, car la considération de Dieu et celle de soi sont comme les deux yeux de l'âme, dont les rayons ne peuvent être divergents. Zvlais pourquoi recommander à l'homme d'être attentif à soi, puisqu'il lui est si difficile de se perdre de vue? C'est que, l'expérience le prouve, le JSosce te ipsum est un des préceptes les moins compris, même des parfaits. On se regarde beaucoup, on s'examine peu; ce qui veut dire qu'on s'envisage par le côté de ses qualités, non par celui de ses défauts; par le côté de ses droits, non par celui de ses devoirs, et qu'on est absorbé dans le moi sans le connaître. En preuve, d'où résultent ces vues habituellement naturelles qui nous font si souvent glisser de l'imperfection volontaire