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Orate. Nous ne l'entendons pas dans le sens restreint, soit de la prière vocale, soit de la prière mentale dont nous avons traité, mais en ce sens que nous devons nous attacher aux pratiques et dévotions préservatrices, capables de stabiliser nos dispositions de retraite. En tête de ces pratiques, je place la confession fréquente.

Oui, mon cher confrère, une revue, une exécution sans pitié de vous-même, tous les huit jours, tous les quinze au plus tard, voilà un souverain moyen de conservation pour vos fruits de retraite. Comment cette confession doit-elle être faite afin de servir à votre persévérance? Écoutez la réponse de saint Philippe de Jsêri, un des apôtres les plus expérimentés dans la conduite des âmes :

« Détruisez tous les voiles hypocrites capables de « vous faire paraître aux yeux de votre confesseur ce « que vous n'êtes pas. Avant de choisir votre confes- « seur vous devez prier Dieu de vous éclairer ; mais , « après que vous l'avez choisi, vous devez toujours vous « adresser à lui, à moins de motifs très-urgents.

« C'est un excellent moyen pour nous conserver « purs que de découvrir, non-seulement nos péchés

« consentis, mais encore toutes nos pensées à notre « confesseur.

« Quand nous allons nous confesser, il faut, d'abord, « nous accuser de nos plus graves fautes ; par ce moyen « nous couvrirons de confusion le démon, et nous reti- « rerons de grands fruits de notre aveu. Un des meil- « leurs expédients pour acquérir l'humilité est la con- « fession fréquente. Quand on veut se corriger de ses « mauvaises habitudes, il est souverainement impor- « tant de se confesser après chaque chute et de garder « le même confesseur.

« Le langage humain ne peut exprimer la beauté « d'une âme qui se tient en état de grâce.

« Hors des cas exceptionnels, ne changeons pas de « confesseur. Le démon, qui est très-orgueilleux, n'est « jamais plus complètement vaincu que par l'humilité « d'une sincère manifestation de nos fautes.

« Nous ne devons jamais omettre de nous confesser « au jour fixé, quelque affaire que nous ayions. Com- « mençons donc par nous confesser, puis nous irons à « nos affaires. La première action nous aidera à bien « faire l'autre1. »

Tout prêtre qui se confesse dans cette mesure et selon ces principes, tombe peu, se relève toujours et persévère infailliblement.

Seconde dévotion qui est un ressort énergique de

1, Pensées.

persévérance, l'attachement au règlement de vie. Il y a une régularité purement naturelle que le prêtre est fort exposé à prendre pour sa vertu, tandis qu'elle n'est qu'un pli de son tempérament.Vous êtes un monomane de l'heure sonnante ; prenez garde f cela peut être un goût particulier ou un amour-propre, c'est-à-dire une gageure soutenue, soit avec le public, soit avec vous-même, ou, enfin, un égoïsme de routine, et, dans tous ces cas, un simple mérite organique d'autant plus dangereux qu'il fait illusion à ceux qui le possèdent sur beaucoup de mérites plus réels qui leur font défaut. Ah ! comme il y en a, parmi nous, de ces prêtres-machines regardant comme leur sainteté une ténacité d'habitudes qui ne prouve souvent qu'une chose, qu'ils préfèrent leur commodité à celle de tout le monde !

Mais la régularité surnaturelle, c'est-à-dire celle qui procède de l'esprit de foi et qui ne se place pas avant la charité, celle-là est une condition indispensable de progrès spirituel et de persistance dans ce progrès. Elle est le nerf de la vie intérieure : Qui 7-egulœ vivit, Deo vivit. Elle est la source de l'intention pure, car elle fait de toute notre vie un acte d'obéissance à la volonté de Dieu exprimée par la règle, non une improvisation de la volonté propre, selon son caprice de tous les instants. Elle est la perfection de nos actions parce qu'elle en constitue l'harmonie : Omnia honeste et secundum ordinem fiant*.

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