‹ Manreze du pretreChapitre 246 sur 297 · Pb · texte numérisé non relu

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Avec la mortification du corps, faisons marcher de front celle de l'esprit, en nous imposant le sacrifice d'un travail soutenu. Un peu de journaux, beaucoup de chroniques, quelques lectures de littérature légère, des mots sur tout, des notions précises sur très-peu de chose, voilà l'occupation et le bagage intellectuel d'un très-grand nombre. Eh bien ! substituons à ce dilettantisme de l'esprit, qui est énervant pour l'âme, les austères assujettissements d'une culture sérieuse ; l'âme profitera de toutes les acquisitions de l'esprit, et n'aura pas à rendre ce compte qui faisait trembler par avance saint François de Sales : « Quand je pense à l'emploi que j'ai fait du temps de Dieu, je crains qu'il ne veuille pas me donner son éternité. » Que deviendront, en ce cas, tant de prêtres oisifs, le jour où le Seigneur appellera le temps en témoignage contre eux? Vocavit adversum me tempus 1 .

A la mortification de l'esprit, joignons celle du cœur, faisant le sacrifice même du permis, et, à plus forte raison, de tout ce qui est équivoque, pour conserver l'intégrité parfaite de la conscience. Les sympathies molles, mais non impures, sensibles aujourd'hui, mais qui seront peut-être charnelles demain, sont un des passe-temps les plus dangereux à la persévérance du prêtre. Mon cher confrère, sans la mortification du sentiment, sans la circoncision du cœur,

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