‹ Manreze du pretreChapitre 245 sur 297 · Is · texte numérisé non relu

Is

bas de la hiérarchie, ils se renvoient, à tous les temps et sur tous les tons, ce verbe antichrétien : Je vous méprise; car souvent Dieu fond sur cette superbe Babel, et la renverse dans la boue. Dispersit superbos mente cordis suiK Oculos superborum humiliabis2.

Maintenons-nous donc dans l'humilité, et pour cela pratiquons-en quelques actes chaque jour; rien ne met en fuite le démon du relâchement comme ce signe de la virilité et de la j ustice intérieure de notre âme. J'en dirai autant de la mortification.

Sans mortification corporelle, point de persévérance possible. Nous sommes semblables à ces plantes aromatiques, qui ont besoin d'être mises au pressoir pour exprimer leur parfum. Il y a en nous des énergies latentes qu'un instant de souffrance volontaire fait éclater ; et, de même que toute éducation dans laquelle la correction corporelle n'intervient pas à propos est essentiellement molle, toute vertu sacerdotale qui ne châtie point la chair au profit de l'esprit est incomplète et fragile. Quelques heures de cilice, quelques coups de discipline, quelques jeûnes de surérogation, la souffrance volontaire, en un mot, infligée opportunément à la partie physique de notre être , est un régime tonifiant pour l'autre, et jamais un prêtre ne parviendra à la perfection sans inclination pour ce dur traitement envers lui-même.

Page 1