‹ Manreze du pretreChapitre 272 sur 297 · LES COMMENCEMENTS DE SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

LES COMMENCEMENTS DE SAINT-SULPICE

La confiance la plus filiale et la dévotion la plus tendre envers Marie étaient comme le caractère distinctif de la piété du séminaire de Saint-Sulpice. On peut voir, dans les Mémoires sur la vie de M. de Bretonvilliers, par M. Bourbon, quelques-unes des pratiques qui y étaient alors en usage. « L'on ne saurait dire, remarque cet auteur, le grand pro- « grès que M. de Bretonvilliers fit dans cette dévotion, sous « un si excellent maître que M. Olier . très-grand et tresse fidèle serviteur de Marie, ni le nombre et la diversité des « devoirs qu'il rendait à cette divine Mère : il en avait « même pour l'honorer à, chaque heure et presque à cha-

« que moment. Il ne manquait jamais, à son réveil , de se « donner à elle pour répondre fidèlement, durant toute la « journée, aux desseins que Dieu avait sur lui. Entre autres « pratiques , il avait un grand soin , tous les samedis l de « mettre entre les mains de la très -sainte Vierge ce qu'il « avait fait durant la semaine , la priant très-instamment « de vouloir suppléer à ce qui manquait , pour rendre ses <x œuvres de bonne odeur devant Dieu , pratique à laquelle « il était encore fidèle le dernier jour de chaque mois et de « chaque année1. » La plupart de ces dévotions étaient communes à tous les disciples de M. Olier. M. Maillard, l'un d'eux , dit de M. Hurtevent : « Il n'entreprenait rien « sans consulter auparavant la très-sainte Vierge , et lui « mettre entre les mains l'adorable sacrifice de l'autel. « Dans les affaires de moindre conséquence, ou qui ne per- « mettaient pas une longue délibération, il se contentait « d'élever son esprit et son cœur vers son refuge ordinaire, « mais avec une telle fidélité, qu'il n'aurait pas parlé à un « homme, ou écrit la moindre iettre qu'il n'eût pratiqué « cette dévotion 2. » C'était aussi ce qu'observait M. Tronson, et ce qu'il conseillait à -ses disciples, leur recommandant, entre autres pratiques, « de n'entreprendre aucune « affaire sans son secours , d'avoir une grande reconnais- « sance de ses bienfaits, avouant que tout nous vient de « Dieu par elle , de lui faire une offrande totale de nous- >< mêmes, désirant que Jésus en elle gouverne notre être, « nos puissances et nos actions , et qu'elles soient toutes « consacrées à son service3. »

(Vie de M. Olier, par M. Faillon.)

1. Mémoires sur la vie de M. de BretonvilUcrs, par M. Bourbon, pp. 36 37, 41.

2. Esprit de M. Hurtevent, ms. in-4°, par M. Maillard, p. 114,

Page 1