PRUDENCE DE LA CHASTETÉ
Souvent la vivacité du pasteur n'est pas pour toutes les brebis du troupeau, et il y en a de privilégiées sur lesquelles il laisse tomber ses faveurs et ses prédilections. C'est un point sur lequel nous ne saurions nous observer avec trop d'exactitude. N'usons jamais, même dans nos exhortations les plus pieuses , de ces expressions trop affectueuses qui viennent si naturellement se mettre au service d'un zèle trop expansif. Si surtout ce langage s'adresse à une personne de sexe différent et qui n'est pas avancée en âge; si nous sentons une certaine ardeur pour travailler au salut de son âme plutôt qu'au soin des autres, défionsnous de cette impétuosité du zèle : répandons des cendres froides sur un tel feu, qui n'en sera pas moins pur pour être un peu couvert, et abstenons-nous de ces démonstrations expressives de dévouement et d'intérêt qui ne servent pas ici à grand'chose, qui pourraient même être dangereuses. Il vaudrait bien mieux les reporter à cet indigent en haillons, à ce modeste artisan, à ce paysan grossier, ou mieux encore à ce pauvre prodigue que nous avons accablé du poids de nos reproches.
Veillons aussi, non-seulemeut sur nos paroles, mais sur nos regards. En écoutant certaines personnes, ayons des yeux, et ne voyons point. Nous avons souvent conseillé à