Eccli. 21, 28. — 2. Matt
nos jeunes élèves du séminaire, de tenir habituellement un, petit crucifix dans leurs mains en entendant les confessions. On le baise dans les moments de fatigue, d'ennui, ou de tentation, si la tentation ose aborder le saint lieu qu'on occupe. On le baise encore, en entendant la confession de certaines personnes; et, jusqu'à la fin de cette confession, on tient les yeux attachés sur les plaies adorables du divin Jésus. Ohl que l'on sort heureux et content du confessionnal, quand on s'y est conduit avec cette vigilance et cette chaste réserve !
Ne prolongeons pas, sans de fortes raisons, la confession des femmes, surtout si elles sont jeunes. Il serait bien fâcheux que l'on pût s'apercevoir que nous donnons beaucoup plus de temps à celles-ci qu'aux autres pénitents. La malignité ne manquerait pas de s'exercer à cette occasion, et ce serait toujours, plus ou moins, aux dépens de cette bonne réputation que tout confesseur doit s'efforcer de conserver parfaitement intacte.
Malheureusement, il arrive quelquefois qu'une jeune pénitente est scrupuleuse, et que ses confessions sont, par conséquent, plus longues que celles des pénitents ordinaires. Si cette scrupuleuse était généralement connue pour telle,, cela n'aurait pas de grands inconvénients. Elle ennuierait ceux qui attendent, et voilà, tout. Mais si elle n'était pas connue pour être scrupuleuse, ce serait différent; dans ce cas -là, nous conseillerions d'abréger, autant que possible, la confession (sans brusquerie, cependant), et même, quelquefois, de l'interrompre et d'en renvoyer la fin à un autre jour. On pourrait, dans certaines circonstances, assigner une heure particulière à ces personnes, ou les obliger à laisser passer toutes les autres avant elles.
Si surtout, parmi les pénitents qui attendent leur rang, il se trouvait des hommes, il ne faudrait pas manquer de prendre l'un ou l'autre des moyens que nous venons d'indi-
quer, pour se débarrasser de ces scrupuleuses, qui, quelquefois, sont cause que les hommes se retirent et sont tentés de ne pas revenir. Il ne faut pas non plus permettre aux jeunes personnes de venir très- fréquemment à confesse, c'est-à-dire plusieurs fois par semaine; les autres pénitents ne faisant pas de confessions aussi fréquentes, le public ne manquerait pas de remarquer cette différence et d'en faire la matière de ses plaisanteries, peut-être même de ses mordantes critiques.
En de telles circonstances, il ne faut pas faire opiniâtrement tête à l'orage, et mépriser les coups de langue qui nous atteignent; c'est malheureusement l'aveuglement de bien des prêtres sans jugement qui, se rassurant sur leurs bonnes intentions et sur les excellentes choses qu'ils disent à leurs pénitentes dans ces fréquentes confessions, ne veulent pas voir qu'il est bien plus important de maintenir intacte leur réputation, que de recevoir si souvent ces jeunes personnes à confesse.
(Pratique du zèle ecclésiastique, par M. l'abbé "Dbbois.)