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avez reçu en partage une âme bonne? Eh bien I ceignez vos reins, vous dirai-je avec Job, et répondezmoi si vous le pouvez.
Quand on a de la bonté, on a de la sincérité dans ses sympathies; pourquoi donc votre commisération n'estelle que de la convenance, votre consolation qu'un formulaire, et toute votre bonté qu'un rôle assez mal joué, qui fait souvent injurier le cœur des prêtres par le monde, et dont vous ne prendriez point la peine, si cela ne vous servait point de relief? Quand on a de la bonté, on a de la mansuétude ; pourquoi ce naturel altier qui veut tout dominer, tout régenter, qui se résigne à n'être pas aimé pourvu qu'il soit redouté, et qui commande à une paroisse comme à un régiment? Enfin, quand on a de la bonté on a de l'indulgence ; pourquoi ce caractère pointilleux, si porté aux ombrages, si intraitable dans ses ressentiments , qui voit des ennemis partout, qui s'en fait à force d'en voir là où il n'y en a pas , et qui , sous prétexte de bien religieux, voudrait faire soutenir par les administrations ecclésiastiques ses prétentions les plus exorbitantes ?
Messieurs, ne perdons pas de vue que la douceur est le côté social de la sainteté, et qu'elle sert en nous d'enseigne à l'homme intérieur. Soyez pieux et acariâtre, le monde va dire aussitôt avec ironie : Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots? Au contraire, soyez débonnaire et paternel, même quand vous ne seriez pas un type de régularité, le monde va
ouvrir avant l'heure le procès de votre canonisation.
Il en fut toujours ainsi, car le monde a toujours aimé les vertus qui s'occupent de son bonheur. Au dix-septième siècle , un moraliste disait : « Qu'est-ce qu'une femme qui se confesse? Est-ce une femme plus appliquée à son intérieur, plus Adèle à ses amis, plus dévouée à ses enfants? Nullement. Et qu'est-ce donc qu'une femme qui se confesse? C'est une femme qui a un confesseur1. » Au dix -neuvième siècle, le monde dit encore : « Qu'est-ce qu'un prêtre dévot? Est-ce un prêtre plus attentionné pour les malheureux, plus affectueux pour son troupeau, plus sympathique à ceux qui pleurent? Nullement. Et qu'est-ce donc qu'un prêtre dévot ? C'est un prêtre qui fait des exercices de dévotion. » Voilà l'étroite appréciation de la religion populaire. Nous pouvons la scandaliser, nous ne la changerons pas, et les idées populaires sont d'accord avec celles de Dieu ; car Notre-Seigneur ayant défini le gardien fidèle ne l'a pas surnommé le saint, ni le, savant, ni le grand , mais le bon pasteur ; aussi l'empire n'a pas été promis par lui à la force, ni à la ruse, ni même â la piété, mais à la douceur : Beati mites quoniam possidebunt terrain 2 f
Combien de curés ont besoin de s'en souvenir ! Vainement saint Jérôme leur dit : JSihil fœdius prœcep-