‹ Manreze du pretreChapitre 36 sur 297 · S. Hier, ad Nejp · texte numérisé non relu

S. Hier, ad Nejp

tries de son zèle que de l'habileté de ses sarcasmes, qui s'escrime en mots incisifs plutôt qu'en invitations sympathiques, et qui disperse ses brebis par ses morsures, au lieu de les attirer par ses caresses, celui-là fait preuve à la fois de mauvais esprit et de mauvais cœur. Sacerdotis sermo, dit un Concile de Paris, débet esse plenus gravitate, honestate et suavitate.

Plus encore que la discrétion des convenances, pratiquons, dans nos paroles, celle du secret. Un prêtre qui ne sait rien garder, suivant l'expression vulgaire, ne peut rien inspirer que la défiance, soit comme pasteur, soit comme confesseur. Les murs du presbytère étant le déversoir naturel des confidences paroissiales doivent être sans écho, c'est-à-dire ne rien renvoyer des bruits qu'ils reçoivent. Ce n'est que lorsque les lèvres du prêtre sont bien fermées que les âmes s'ouvrent à lui ; au contraire, celui qui ne met point des barrières de circonspection devant sa bouche en trouvera toujours sur ses pas pour lui fermer le chemin des coeurs, D'ailleurs, l'intimité du prêtre est un sanctuaire qui doit être précédé de plusieurs portiques pour être abordé avec respect. Dès qu'elle sort de ce cénacle pour se prodiguer aux regards des passants, elle perd son prestige, et saint Bernard tâche de la ramener du dehors au dedans par cette sévère remontrance : Os tv.um consecrasti Evangelio; talïbus aperire, illitum, assuescere, sacrïlegium*,

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