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teau ou un autre par-dessus. Quant aux chaînes d'or, aux chaussures trop montantes, aux bijoux et divers luxes séculiers de ce genre, en général, ils ne sont pas bien portés parmi nous, et s'ils ornent l'homme, ils déparent le prêtre.
Surtout, n'allons pas, pour le plus petit voyage, nous mettre en vêtement laïque. Vous avez l'office à dire, des actes religieux à faire en chemin, ce travestissement vous ôtera plus de liberté qu'il ne vous en donnera. Sans doute, la soutane ne fait point le prêtre, mais elle le conserve. Rarement on la quitte pour mieux faire ; et après bien des circonstances difficiles où elle nous sauva du péril , comme nous aurions pu redire avec piété ce refrain écrit dans un sens moins sérieux : Ah! mon habit que je vous remercie!
Soyons dignes dans notre manière d'être, en général, et préservons-nous du faux en matière de convenances, comme de parole d'honneur. A Dieu ne plaise que je plaide pour le genre précieux et affecté; mais discernons, dans notre tenue, l'or vrai du chrysocale, c'est-à-dire ce que le bon goût exige de ce qu'il réprouve. Triste méprise de certains prêtres qui croient être gais, quand ils se posent en histrions; dégagés, parce qu'ils prennent un ton soldatesque et des allures cavalières; francs, quand ils ne sont que brusques et mal appris. Voulez-vous un sûr principe de vérité dans votre contenance? tournez fréquemment vos regards vers Notre-Seigneur en vous disant : Aurait-il
fait ce que je fais? La réponse sera une règle infaillible.
Soyons dignes dans nos travaux manuels. Tous ne sont pas également compatibles avec la noblesse du sacerdoce, et, dès l'instant qu'un prêtre se livre à des occupations que le châtelain ne se permettrait pas, on peut conclure que le prêtre est descendu. Sous ce rapport, notre société a plus d'exigences envers nous qu'envers ses rois, car Louis XVI avait un atelier de serrurerie, et jamais l'histoire ne lui en a fait un reproche. Mais le prêtre doit exécuter des travaux manuels qui tiennent de l'art plutôt que du métier, sous peine de froisser certaines susceptibilités de l'opinion catholique.
L'horticulture, par exemple, est un exercice de bon genre, dans lequel vous pouvez rechercher, au besoin, la vigueur du corps et le repos de l'esprit. Semer, planter, greffer, émonder des espaliers, sarcler des allées, sont autant d'occupations qui conviennent à un solitaire de presbytère ; la manœuvre d'un tour mécanique, pour façonner des meubles ou décors d'église et de salon, n'est point déplacée aux mains qui viennent de poser le bréviaire. Mais un curé qui passerait de l'autel à un chantier public, qui pratiquerait la charpente ou la menuiserie, et qui façonnerait de grossiers ouvrages, surtout s'il en exigeait le prix, ce célébrant changé en homme de peine, en journalier à domicile, serait une anomalie depuis longtemps condamnée par saint Ambroise : JSihil plebeium,
nihil populare, nihil commune in sacerdotibus^.
Enfin, soyons dignes, même dans nos jeux et délassements. La perdrix de saint Jean, et l'allégorie de cet apôtre, au sujet de l'arc qui ne doit pas être toujours tendu pour être toujours flexible, sont une justification de nos récréations, si elles sont vraiment sacerdotales. Il y a une loi d'hygiène physique et morale dans cette parole du Psalmiste : Surgite, postquam sederitis^; aussi, y aurait-il excès de rigueur à vous interdire toute distraction de cette nature : mais posons nos conditions.
Ne jouez pas avec des personnes sans éducation ou sans religion, crainte de perdre en respect, de leur part, tout ce que vous leur accorderiez en complaisance.
Ne jouez pas avec passion, car c'est au jeu que les caractères se révèlent, et la compagnie qui vous croyait un homme grave, sera peu édifiée de trouver en vous un partenaire grincheux, chicaneur et intéressé.
Ne jouez pas sur la place publique; pour un cas où l'effet en est avantageux, il y en a cent où il es£ déplorable.
Ne jouez pas gros jeu; car c'est un triste spectacle de vous voir engager ainsi un superflu dont vous êtes redevable à tant de bonnes œuvres, et de con-