De Tempe
charité de pasteur, l'obligeance ; ce que j'appellerais, si la langue le permettait, la serviabilité. Le Saint- Esprit m'a devancé sur ce terrain par la bouche du Roi-Prophète : Beatus homo qui miseretur et commodaV. Notre-Seigneur n'a-t-il pas donné à la fois le précepte et l'exemple de la même vertu, le jour où il a dit : Non veni ministrari, sed ministrare 2. En quoi et jusqu'à quel point un curé doit-il la pratiquer ?
Servez à vos paroissiens de secrétaire quand ils vous en témoignent le désir. Servez-leur, dans l'occasion, d'avocat consultant si vos lumières vous le permettent. Servez-leur d'arbitre et déjuge de paix pour terminer les conflits qui les divisent. Servez-leur de conseil pour la gestion de leurs intérêts selon votre compétence ; et, sans chercher à vous immiscer dans leurs affaires par zèle indiscret, ne vous dérobez jamais à l'occasion de les obliger, par égoïsme.
Ne soyez pas du nombre de ces prêtres routiniers, qui ne se dérangent jamais, sous prétexte de règlement, et qui n'hésitent pas à désobliger leur prochain, par un soi-disant amour de Dieu. Soyez le premier à tous les sinistres, le dernier à vous retirer des maisons en deuil. Servez d'instituteur â quelques enfants pauvres, de maître de plain-chant aux chantres de votre lutrin. Prêtez vos livres à certaines réunions avides de bonnes lectures, prêtez les chambres de