‹ Manreze du pretreChapitre 55 sur 297 · I. Serm · texte numérisé non relu

I. Serm

Si, dans Tordre des êtres ordinaires, celui-là est un monstre qui n'a point sa vie propre, n'est-il pas une anomalie dans l'ordre moral, le ministre du surnaturel qui n'a qu'une vie naturelle ! Voilà, cependant, où nous en sommes. Ce qu'il y a de plus affligeant, c'est que le prêtre de nos jours n'est pas seulement naturel dans ses vues, naturel dans ses affections, naturel dans ses études, naturel dans les motifs des sacrifices qu'il s'impose et qu'il impose ; mais il est devenu naturel dans son surnaturel même, et c'est le côté par où je veux envisager cette déchéance de la tribu sacerdotale. Nous sommes naturels dans les égoïsmes, dans les sensualités, dans la mesure, dans les influences de notre surnaturel.

D'abord, dans les égoïsmes de notre surnaturel. La vie surnaturelle n'est pas autre chose que la vie de Jésus-Christ continuée en nous. Quiconque ne peut pas dire avec saint Paul : Vivo ego,jam non ego, vivit vero in me Christus\ celui-là vit selon la nature, non de la foi, qui est la vie du véritable juste, justus ex fide vivit*. Or, considérons à quel point les

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