Rom. 1, if
envahissements de la nature se débordent sur notre religion, et notre moi reste humain jusque dans ses œuvres divines!
Un trait saillant de notre siècle, c'est qu'il exploite tout ce qu'il touche au profit de ses égoïsmes, et qu'il tâche de réduire à des jouissances ses plus austères devoirs. Voyez plutôt : la science devait être une sorte de théologie physique, une hymne de la raison vers Dieu, en passant par les laboratoires de la matière; il en a fait un instrument de convoitises et la pourvoyeuse de ses vices. La littérature devait être une élévation de l'esprit public vers les sources du beau par l'art de bien penser et de bien dire; il en a fait tantôt une mine d'or, tantôt un ferment de sensualisme. La religion doit être un essor de l'âme vers le bien par la vertu qui émane de la foi et de la grâce; qu'en a fait notre siècle? Une poésie calmante pour les tristesses de la vie, et une sorte de narcotique contre les insomnies de la douleur. Ainsi, l'égoïsme s'embusque jusque dans le sacrifice religieux, et ce n'est point calomnier les prêtres, ni les chrétiens de ce temps, que de les déclarer déchus de la sainte rigidité et des grands modèles d'autrefois : Interroga majores et dicent tibiK
Est-ce à dire que notre siècle ait moins de religion que ses devanciers? Incontestablement; mais, surtout, il ne le comprend pas si bien. Encore le sentiment