‹ Manreze du pretreChapitre 64 sur 297 · Ps · texte numérisé non relu

Ps

Nous ne sommes point pacifiques, car nous ne souffrons, ni d'être repris, ni d'être désapprouvés; ce que nous voulons, nous le voulons opiniâtrement; nous voyons la paille dans l'œil de tout le monde, sans apercevoir la poutre dans le nôtre, et notre fâcheux naturel ayant fait le vide autour de nous, nous appelons cette solitude de la désaffection, la paix. Solitudinem faciunt, pacem appellant.

Nous ne sommes pas fidèles à la grâce, car quand Dieu s'est approché pour nous demander quelque chose de plus, nous lui avons répondu : Retirez-vous : Dixerunt Deo : Recède a nobis; scientiam viarum tuarum nolumus*.

Qu'est-ce que notre esprit? une place publique, non un sanctuaire, le rendez-vous des imaginations les plus folles, les plus désordonnées, les plus dangereuses, plutôt qu'un foyer de recueillement.

Qu'est-ce que notre cœur? Le complice de tous les attachements naturels, et même des séductions malsaines qui viennent frapper à sa porte pour le troubler.

Qu'est-ce que votre prière vocale? Un balbutiement inattentif et de plus en plus abrégé.

Qu'est-ce que votre oraison mentale? un souvenir d'autrefois, peut-être un projet pour demain, mais toujours votre impossibilité, et, partant, votre omission aujourd'hui.

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