‹ Manreze du pretreChapitre 63 sur 297 · De imit. Christ · texte numérisé non relu

De imit. Christ

notre sacrifice. Pour faire jaillir de la croix l'onction qu'elle renferme, il faut la presser, non la traîner : le Calvaire est comme les autres montagnes, fatigant quand on le gravit, ravissant par ses surprises et ses perspectives quand on est au sommet. Mirabilis Deus in altis'1.

Et puis, quand la mesure de votre surnaturel vous contenterait, qu'importe si elle vous expose? quand vous y trouveriez votre convenance, qu'importe s'il y a pour vous péril de damnation? Sondons-nous une bonne fois dans cet état d'indécision spirituelle, et sachons la mesure de sécurité qu'il offre.

Nous n'aimons pas Dieu, car nous sommes pleins de l'amour de nous-même, et nous rapportons toute notre religion à notre propre satisfaction.

Nous n'aimons guère le prochain, car nous entretenons contre nos confrères, contre nos paroissiens et, peut-être, contre nos supérieurs, des rancunes, des jalousies ou des aversions mal combattues.

Nous ne sommes pas intérieurs, car nous nous livrons à toutes les dissipations, à toutes les curiosités, à tous les désœuvrements capables de nous emporter hors de nous-même.

Nous ne sommes pas mortifiés, car nous cherchons toutes nos aises et commodités, et nous pratiquons des ménagements presque idolâtriques envers notre chair.

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