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LE PRETRE REPARATEUR.
Le prêtre peut donc être réparateur, par rapport aux blasphèmes orgueilleux du jour en les confondant par sa suprématie scientifique, et par la prédication sociale de son humilité; il peut l'être aussi, par rapport à notre plaie de scepticisme, en faisant de sa vie et de sa mort l'affirmation toujours vibrante, toujours debout des principes oblitérés.
Le scepticisme est, peut-être, la corruption la plus avancée d'une époque; il caractérise les décompositions de la nôtre. Envisagé dans sa hideuse synthèse, il se résume en deux négations : celle de la vérité et celle de la vertu. Aucun de ces deux scandales ne nous est épargné.
Le premier scepticisme qui affecte les esprits est de l'ordre spéculatif; il consiste à croire que le catholicisme a fait son temps , et que ce qui en reste, parmi nous , est le souffle pénible et faible d'une agonie : les représentants de cette déchéance regardent , dans le passé, les splendeurs temporelles de la papauté, et ils disent : Elles ont passé : Transierunt; ils regardent le martyrologe presque tari de nos saints, et ils disent : Ils ont passé : Transierunt; ils regardent l'enthousiasme des croisades, la monarchie catholique de saint
Louis , les vertus des antiques thébaïdes et ils disent : Tout cela est passé : Transierunt. Enfin, ils regardent la petite place que l'Église occupe ici-bas, et ils disent : Sur treize ou quatorze cent millions d'habitants qui peuplent le globe, deux cent soixante millions, seulement, appartiennent au catholicisme : de ce nombre, il faut défalquer les philosophes qui n'en veulent pas, les indifférents qui n'y pensent pas, et les niais qui ne savent ni ce qu'ils pensent, ni ce qu'ils veulent ; tout le reste est trop peu de chose pour durer longtemps. Ainsi, au temps de Julien l'Apostat, nos ennemis disaient : L'Église n'a derrière elle que trois cents ans d'existence ; de nos jours, ils ont écrit : L'Église n'a, •devant elle, que trois cents ans d'avenir ; et bien des pusillanimes, découragés par le triomphe du mal, redoutent la prochaine déchéance d'une vérité condamnée par le suffrage universel ; et bien des impies chantent victoire, comme s'ils avaient découvert qu'encore quelques années et il n'existera plus de bon Dieu ; et des partis, des sectes plus éphémères que l'orage, branlent la tête aux pieds de notre Christ éternel en lui disant: Nomen habes quod vivas, et mortuus es 1. Aussitôt , mes vénérés Confrères, levons-nous ; il s'agit de prouver que notre Christ, une fois ressuscité, ne meurt pas : Christus reswrgens non moritur2. C'est possible d'abord , par notre exemple :