‹ Manreze du pretreChapitre 87 sur 297 · II Reg · texte numérisé non relu

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tiens territoriales, et qui conduit ainsi l'apostolat à la prise de possession de l'univers. Depuis, l'Église étant toujours la personne de Jésus continuée ici-bas, Marie l'aime de tout l'amour qu'elle porte à Jésus lui-même ; de là, sa coopération incessante aux efforts apostoliques, pour le peuplement de cette société chérie, et sa collaboration assurée au ministère de tous les sauveurs des âmes. Une belle analogie doctrinale explique encore son influence prosélytique.

La femme ayant été la première à persuader le mal sur la terre, Dieu communique à une femme une grande puissance pour la propagation du bien, afin que le correctif des séductions de la première Eve se trouve dans celle de la seconde. Au commencement des choses, Dieu étant sur le point d'opérer la multiplication corporelle, dit : Il ne convient pas que l'homme soit seul, et il lui donna une compagne. Au renouvellement des choses, quand notre monde fut lavé par le sang de la Rédemption, Dieu étant sur le point d'opérer la multiplication spirituelle, se dit encore : Il ne convient pas que l'homme soit seul, et il adjoint une femme au sacerdoce, afin de susciter la glorieuse lignée des enfants de l'Église. Voilà Marie constituée rlirectrice de l'apostolat par la logique du plan divin ; aussi, quand l'Église la proclame reine des apôtres, allé ne lui décerne pas un titre sans signification, mais an témoignage positif à l'appui de l'empire qu'elle exerce sur les âmes.

Nous savons bien, nous qui sommes ses collaborateurs, que la conquête apostolique avance lentement, quand cette auguste messagère ne lui ouvre pas les voies ; c'est pourquoi, nul prédicateur ne peut aller évangéliser avec un peu de confiance surnaturelle, si avant de quitter sa chambre, il ne s'agenouille pas devant une image de Marie, en disant avec Barach implorant le concours de Débora : Si venis mecum vadam, si non venis mecum non pergamK Et comment cette femme ne concourrait-elle pas à la conversion du monde, puisque cette œuvre est la reproduction incessante de la sienne? D'autant que le péché étant la mort de Jésus dans les âmes, et l'apostolat y opérant sa continuelle renaissance, il donne à Marie les bonheurs de la veuve de Naïm perpétuellement renouvelés.

Ah ! mes vénérés confrères, sans doute, c'est bien, pour convertir, de préparer nos prônes, de fortifier notre parole et d'emprunter les prestiges de l'ordre naturel, mais il est un pouvoir supérieur à tous les autres, c'est celui qui émane de cette fréquente invocation : Refugium peccatorumï ora pro nobis. Si votre foi n'en était pas assez convaincue, je les appellerais en témoignage, nos aïeux qui comptèrent parmi les thaumaturges de l'apostolat.

Quelle était la force et l'espérance de François-

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