‹ Mantinée et l'Arcadie orientaleChapitre 16 sur 73 · IV. CÔTÉ SUD · texte numérisé non relu

IV. CÔTÉ SUD

15° Col du M1 2 3 * 5 Boréion. Route de Pallantion à Aséa, avec embranchement sur Mégalopolis et Messène, et sur Bel mina - Sparte (5).

(1) Paus. VIII. 12, 5. Mantinée-Orchomène 2 h. 30

Orchomène-Stymphale . . 6 30

Mantinée-Nasoi 5 30

Mantinée Phénéos 7 40

Mantinée-Psophis 12 20

Mantinée Kleitor 9 »

(2) Paus. VIII. 12. 2. Mantinée-Lévidi par la plaine Alcimédon. 2 h.

Lévidi-Thelpousa 10 »

Mantinée-Méthydrion 6 »

Mantinée-Olyinpie 22 »

(3) Paus. VIII, 36, 5,sqq. Loring. Journ. of hell. Stud. XV. (1893), p. 76.

(4i Paus. VIII. 35. 6. Mantinée-Tégée = 18 kilomètres 3 h .

Tégée-Triodoi 2 30

Tégée-Gortys 9 30

Gortys-Héraia 7 »

Héraia-Olynipie S »

Tégée-Olympie 21 30

(5) Tégée-Paliantion • l h. 43

Tégée-Aséa 3 45

Aséa-Mégalopolis 3 30

Tégée-Mégalopolis par Aséa 7 15

Mégalopolis-Messène 16 45

RÔLE ÉCONOMIQUE ET STRATÉGIQUE DE LA HAUTE PLAINE

16° Défilé du Sarandas-Postamos et de Krya-Vrysis. Route de Tégée à Sparte par Phylaké, la Skiritis, la vallée de l’Oinous et Sellasie (1).

17° Défilé du Garatès. Route de Tégée à la Cynurie avec embranchement surArakhova (Karyai), Géronthrai, Épidauros- Liméra, et le district du Parnon, Glympeis et Prasiai (2).

Tous les chemins correspondant à ces échancrures se croisaient en deux ronds-points au fond des deux boucles de la plaine. Les sites de Tégée et de Mantinée étaient déterminés à l’avance par la place de ces deux carrefours ; leur situation les désignait comme sièges des deux agoras les plus importantes de l’Arcadie centrale. De là rayonnaient à travers toute „ la péninsule jusqu’aux mers extérieures les voies trafiquantes et les routes militaires. Au reste, il ne faut pas s’exagérer la longueur des trajets : en une petite journée de marche, un mulet chargé atteignait le golfe d’Argos; en un jour, il entrait à Sparte; en un jour et demi, il parvenait à Gythion ; en deux ou trois jours, il pouvait déposer sa charge dans les échelles de Messénie, d’Elide, d’Achaïe. Partout les golfes venaient au devant de lui pour abréger sa route.

Sans doute, ce trafic intérieur devait être d’ordinaire assez somnolent. De ce côté non plus, il ne faut rien grossir (3). Les populations de l’Arcadie ne connaissaient pas les raffinements du luxe qui engendrent les exigences et les besoins artificiels. Leur simplicité native et leur pauvreté bornaient leurs désirs. Nous avons vu que le sol pourvoyait aux besoins de la consommation. Ils ne demandaient au dehors que certaines matières premières, telles que les métaux en lingots ou manufacturés, des armes de choix, quelques articles

(1) La route moderne carrossable de Tégée à Sparte est un peu plus longue : 55 kit. — Par le chemin ancien, il faut 10 h. de Tégée à Sparte; de Sparte à Gythion : 9 h.

(2) Tégée-Géronthrai : 15 h .

Géronthrai — Épidauros-Liméra : 8 h.

(3) Évidemment Périclès (Thucyd. I, 141) exagère pour les besoins de sa cause la pauvreté des Péloponnésiens, de même que les Corinthiens, dans le passage cité plus haut, ont peut-être exagéré l'importance du trafic de l'intérieur avec la côte. Toutefois, du discours même de Périclès, il résulte que l'agriculture était la principale ressource des habitants de la péninsule. Quand ils s'absentaient, ils continuaient à tirer leur subsistance de leur pays : par suite, en temps de paix, rien ne s’oppose à ce qu’ils aient exporté le surplus de leurs récoltes.

ou bijoux destinés à la toilette des femmes et dont les pays ioniens possédaient le secret. Les centres de la production industrielle dans le Péloponnèse se trouvaient à Corinthe, à Sicyone, à Argos, à Patras. Les ateliers des trois premières fabriquaient les meubles, les bronzes d’art, les bijoux, la parfumerie, les poteries fines. Patras exportait le byssos de ses filatures. Argos recevait et distribuait les produits des îles et de la côte d’Ionie ; Gytliion et Pliarai les fins tissus de lin qui leur venaient d’Égypte, de Crète, de Syrie. La Messénie cultivait d’admirables vergers : elle fournissait le haut pays d’olives, peut-être d’oranges. De même la Laconie, les côtes d’Élide et d’Achaïe devaient l’approvisionner en huiles. A l’époque primitive, les Éginètes avaient la spécialité du commerce de pacotille (pSiro;), couleurs, parfumerie, quincaillerie, mercerie, bimbeloterie (1). De très bonne heure, dès le règne du roi Pompos, au dire de Pausanias, ils s’étaient créé une clientèle en Arcadie. Dans les temps où l’empire des rois arcadiens s’étendait à l’Ouest jusqu’à la mer, l’Arcadie possédait un port à elle sur la côte d’Élis, Kyllène. C’était là que les navires d’Égine déposaient leurs marchandises ; leurs colporteurs les distribuaient à l’intérieur à dos de mulet. Argos, occupée par les Doriens, avait sans doute vu déchoir sa suprématie maritime au profit de ses rivaux d’Égine (2). De plus, cette combinaison un peu compliquée permettait d’éluder l’intermédiaire onéreux des commissionnaires corinthiens. Quant à l’exportation, elle devait porter, autrefois comme aujourd’hui, sur les peaux, la laine, les bois, les bêles de somme, le vin, le fromage et les céréales.

1) Strab. VIII, 6, 16, p. 376. — Hesych. A’cyecvoâa. — De la Coulonehe. Mém. sur VArcad , p. 187. La proportion des pièces d’Égine dans la quantité de monnaies que nous avons trouvées dans nos fouilles ou reçues des habitants est très inférieure à celle des pièces de Sicyone et d’Argos.

(2) D’après la généalogie de Pausanias (VIII. 5, 8), Pompos succède à Kypsélos, sous lequel les Doriens réussirent à pénétrer dans le Péloponnèse. Son règne se placerait donc vers le Xe siècle avant J.-C. Il eut pour successeur Æginétés. (Cf. Buchsenschütz. Uesitz u. Erwerb. p. 443). Sur la fusion originelle de l’Élide et de l’Arcadie, voy Pausan. V. 1: âv tco ’Apxxocnv oîxoütrtv ’HÀetoi xal ’ApxxSeç, et dans Thucydide (I, 10) la même division du Péloponnèse en cinq parties, l’Élide et l’Arcadie ne faisant qu’un. (Cf. Dicæarch. ap. Cic. ad. Attic. VI. 2. — Scylax. Per. 44. Note de Ch. Muller.) Sur la prospérité très ancienne de la marine éginète, Thucydide (I, 14) est plus restrictif que Pausanias : AiycvT|Ta[ yào xai ’A&’qvatO'., xai eï xivs; iXkoi, Ppajcéa (vauxtxà)

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RÔLE ÉCONOMIQUE ET STRATÉGIQUE DE LA HAUTE PLAINE

Comme position militaire, l’importance stratégique de la Haute plaine primait tous ses autres avantages. L’histoire des guerres dont le Péloponnèse a été le théâtre se concentre presque toujours sur ce point. Peu de routes ont été plus piétinées en tous sens par les troupes armées que celles dont nous avons relevé les directions, les distances et les étapes. Depuis l’installation des Doriens en Laconie, ce n’est qu’un perpétuel va-et-vient de guerriers d’un bout à l’autre de la péninsule, qu’une suite de chocs dans le champ clos de la Mantinique. Étant donné la répartition des États péloponnésiens dans les plaines adjacentes, la plaine mantinéenne formait le nœud stratégique de la Péninsule. Elle sert de trait d’union aux bassins d’Argos, de Mégalopolis et de Messène d’une part; à celui de l’Eurotas et à la Grèce centrale d’autre part. Il n’y a pas d’extension possible dans la presqu’île à qui n’est pas maître du quadrilatère arcadien. De là son rôle prépondérant dans les annales des conflits entre États grecs. Sparte, confinée dans le Sud, perdait tout espoir d’agrandissement, si elle ne réussissait à assurer à ses hoplites l’entrée de ce camp retranché. Elle s’est usée à vouloir forcer la résistance des deux gardiennes du puissant réduit, où s’est brisée son ambition. Pendant longtemps, elle sut exploiter leurs querelles, en aggravant par une perfide immixtion dans leurs affaires les causes naturelles de leurs dissentiments. Supposons qu’un seul maître eût régné sur la Haute Plaine, ou que les deux États obligés de cohabiter côte à côte fussent parvenus à s’entendre, jamais Sparte n’eût bougé de sa vallée. Aussi, dès qu’elle s’aperçoit qu’une des deux villes, avec l’appui de l’étranger, menace de lui barrer la route, elle n’hésite pas à jouer son va-tout dans cette plaine : les anciens auraient pu appeler cette arène le champ de danse de Mars. Là sera le pivot de l’histoire péloponnésienne : Sparte maîtresse de Mantinée tient le Péloponnèse sous sa loi et, par suite, terrorise le reste de la Grèce. Si Mantinée se dérobe, l’hégémonie de Sparte devient précaire. Or, réduite à ses seules forces, la vaillante cité arcadienne courait plus de risques que de chances heureuses. .Outre qu’elle avait à lutter pour la vie contre Tégée, c’était pour elle une charge écrasante que de se mettre en travers du Lacédémonien. Aussi cherchera-t-elle des combinaisons qui lui assurent au dehors des points d’ap pui : Argos, Athènes, l’Élide seront appelées à son aide. Ce

Importance

stratégique.

faisceau désorganisé, elle porte seule tout le poids de la résistance, et succombe. Mais Épaminondas survient ; un moment il soumet à la logique l’œuvre contradictoire de la nature ; il constitue Mantinée suzeraine de la Haute Plaine, impose à celle-ci l’unité qu’elle n’a jamais connue, et, de cette puissance unifiée et régénérée, il forge avec Argos, Mégalopolis et Messène, les anneaux d’une chaîne continue qui doit étreindre Sparte. Pour que cette pensée lui survécût, il aurait fallu anéantir Tégée. L’unité du Péloponnèse n’est devenue un fait que le jour où les Turcs conçurent la sage pensée d’installer la capitale de la Morée au centre de la Haute Plaine. De là, ils pouvaient aisément soutenir leurs places côtières et rendre aléatoire toute conquête qui n’aurait pas atteint Tripolitza. Mais à dater de ce moment, la capitale moderne, héritière de Tégée, a dépeuplé à son profit la boucle Nord et enlevé à la Mantinique toute vie personnelle.

Fig. 8.

Satyre ithyphallique, en marbre, trouvé dans le puits des Méliastes.

Msçov TptTCYj^t. — Voy. p. 86, fig- . 10). — Sous son bras g. il tient une outre.— Hr : 0ln90.

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