‹ Mantinée et l'Arcadie orientaleChapitre 22 sur 73 · TOURS · texte numérisé non relu

TOURS

des portes

ronde A ronde B carrée B interne ronde B (?) C carrée C ronde D ronde D (?) E (?) E

pentagonale F ronde F carrée G cariée G carrée (?) II carrée H t?) i (?) i carrée K

carrée K ronde A

dimensions du front

Oo relève, en somme, 105 tours carrées de flanquement et 21 tours de formes variées pour la défense des portes, soit une couronne de 126 tours (1).

LliS OUVERTüItES : La place des portes était déterminée par la direction des

portes et poternes principales routes rayonnant à l’extérieur, et leur disposition

( 1 ) Ces chiffres, obtenus après des recherches plus minutieuses, corrigent ceux que j’avais indiqués dans mon article du Bull. de Cnrr. hellén , XI p. 7(i.

l’assiette de la ville.

l’enceinte fortifiée.

loi

par les besoins du tracé général. Elles sont presque toutes comprises entre les deux extrémités, l’une rentrante et l’autre sortante, des sections. Elles font ainsi dans l’épaissseur du rempart, autant de coupures obliques, dont la direction est la même, malgré la variété des dispositifs adoptés pour chacune d’elles. J’ai expliqué comment la nécessité d’amortir les angles aux courbures du tracé et de ramener à l’ellipse les côtés divergents avait imposé cette orientation uniforme : toutes les portes s’ouvrent vers l’intérieur dans le sens d’une flèche qui ferait le tour du rempart comme le montrent les fig. 19a et 26.

Une œuvre logiquement conçue se trouve répondre à plusieurs nécessités à la fois. Nulle part, ce caractère ne ressort mieux que dans la construction des portes de Mantinée. En appropriant d’abord le plan de ces ouvertures nécessaires aux exigences du tracé circulaire, les ingénieurs de 371 ont, du même coup et sans autres recherches, obtenu pour elles le maximum d’effet défensif.

Ils avaient moins à se préoccuper de faciliter les communica- Principes de leur tions du dedans au dehors que d’empêcher l’ennemi de forcer construction, l’entrée du dehors au dedans. Ce problème avai t, depuis les temps les plus anciens, inquiété les constructeurs de remparts. La solution qu’ils avaient trouvée et qui a prévalu durant toute l’antiquité consistait à rendre aussi défavorable que possible à l’assaillant l’approche du point faible. Pour cela, on disposait la porte dans un flanc C B regardant la campagne (fig. 26), de façon à obliger l’ennemi à présenter au défenseur placé sur A B le côté découvert, c’est-à-dire le côté droit que ne protégeait pas le bouclier. « Ita circumdandum ad loca præcipilia , et excogitan dum uti porlarum itinera non sint directa, sed (xxaioî. Namque cum ita factum fuerit, tune dextrum latus accedentibus, quod scuto non erit tectum , proximum erit muro (1). »

2® * Porte

Fig. 26.

Celte question du côté couvert par le bouclier est capitale dans la fortification antique. Elle explique la plupart des dis-

(1) Vitruve, I, o, 41 .

positions défensives de l’architecture militaire. « Toutes les dispositions des ingénieurs, dit M. de Rochas, étaient calculées en vue de ce côté nu qu’il fallait frapper chez l’ennemi et protéger chez l’ami (1) ».

Par là s’expliquent les rampes d’accès des portes de Tirynthe et de Mycènes. A Mantinée, on remarque que le flanc A B se trouve toujours engagé à l’intérieur du double rempart : par là, le défenseur, qui harcèle le côté faible de l’ennemi emprisonné devant la porte, est lui-même abrité contre les projectiles lancés du dehors par la ligne extérieure qui le couvre.

Ce n’était pas tout. Les constructeurs de la grande porte de Tirynthe s’étaient contentés d’obliger l’ennemi à se présenter par le côté nu, sans assurer à l’ami qui sortait le bénéfice de la position inverse. A Mantinée, la prévoyance est double ; elle calcule à la fois ce qui convient à la défensive et aussi à l’offensive, car elle sait qu’une garnison ne doit pas se réduire à un rôle passif, mais qu’elle doit elle-même agir vigoureusement par des sorties. Par conséquent, si l’on oblige l’ennemi à se présenter découvert, on veillera à ce que l’ami à sa sortie soit accompagné d’un mur protecteur jusqu’au moment où il pourra se risquer en campagne protégé par son bouclier. Enfin, une troisième préoccupation se laisse clairement deviner : celle d’accumuler autour et à l’intérieur des portes les obstacles, les difficultés et les défenses renforcées.

Ces principes et ces précautions générales, les constructeurs de Mantinée ne les ont pas appliqués d’une manière uniforme. Ils leur ont, au contraire, adapté des dispositifs variés, appropriés aux nécessités locales du tracé. Chaque point du circuit pourvu d’une ouverture se trouvait, en etïet,dans des conditions particulières, suivant que le périmètre dessinait une courbure plus ou moins prononcée, que le terrain ambiant permettait ou défendait à l’ennemi certains déploiements. Ils ont tenu compte, dans l’application de règles absolues, de la valeur relative des différents points de l’enceinte. C’est pourquoi aucune porte ne ressemble exactement aux autres, bien qu’elles soient toutes construites d’après les mêmes principes. Ils n’ont laissé aucun détail à l’arbitraire. Ce n’est, point par pur amour de l’art ni pour faire étalage d’ingéniosité qu’ils ont diversifié leurs modèles : il y a dans cette partie de leur œuvre plus de raisonnement et de science pratique que de fantaisie.

(1) Fortif. antiq. p. 15.

l’assiette de la ville. — l’enceinte fortifiée. 1 53

L’examen détaillé de chacune des portes permettra d’étudier ces combinaisons et les intentions auxquelles elles répondent. Je m’aiderai, pour combler certaines lacunes, des petits plans de Gell (1) : quoique très peu exacts en général, ils peuvent fournir d’utiles indications pour des parties que l’auteur a trouvées en bon état. Je joindrai une copie de ces croquis à ceux que j’ai dressés sur place.

La porte  est très originale. Située sur une courbure très allongée, son ouverture se présente par exception, perpendiculaire et non oblique au rempart, les extrémités des deux

Porte A (d'après Gell).

Porte A

(restauration probable) .

Porte B (d'après Gell).

sections se trouvent dans le prolongement l’une de l’autre, au lieu de s’emboîter parallèlement comme les tètes d’une mortaise. La porte se composait de deux cours : une avant-cour en demi-lune concave, commandée par deux tours rondes. Une première porte ou une herse fermait l’issue de cet entonnoir. L’assaillant, qui avait forcé cette entrée se trouvait ensuite enfermé dans une petite cour rectangulaire d’où les traits pleuraient sur lui de tous les côtés. La forme des portes devait rappeler celles de Messène ; je n’ai retrouvé ni linteaux ni montants de pierres. Les tours ou les massifs des portes n’ont point de petites entrées du côté de l’intérieur, comme les tours de Manquement. D’où l’on peut conclure qu’elles étaient pleines jusqu’à la hauteur des courtines ; les étages supérieurs étaient seuls casematés et l’on y accédait par le chemin de ronde. La porte de Mégalopolis à Messène présente un dispositif analogue : seulement, l’avant-cour et les tours sont carrées, et la cour intérieure est circulaire.

La porte B, très inexactement restituée par Gell (fig. 27),

Porte A

Porte B

(1 )Probestücke non Stadtemauern, 1831. Ces petits plans accompagnent le plan général reproduit plus loin, p. Ilia, fig. 48.

Porte C.

Porte D.

s’ouvrait entre deux tours rondes, dont l’une a disparu. Le couloir intérieur était commandé, du côté de la place, par un bastion carré situé à la droite de l’assaillant, et dont la terrasse pouvait recevoir un grand nombre de défenseurs abrités contre les coups du dehors par le mur opposé.

Fig. 28.

Porte B (état actuel).

L’état actuel de la porte C ne rappelle en rien celle que Gell présente sous la même lettre et qui lui correspond pour la position. Il subsiste, de l’avant-cour, le tenon saillant d’une tour probablement ronde, qui a disparu : elle dominait la droite de l’assaillant et devait être d’autant plus proéminente que le tracé décrit ensuite un coude brusque vers le S. E. ; il fallait donc couvrir plus fortement cette brèche située sur un angle. La tète du segment externe, en grande partie détruite, ne laisse plus voir qu’un fragment de bastion ; celui-ci se terminait sans doute par une pointe arrondie. Dans le vestibule compris entre les deux portes, j’ai retrouvé les restes du dallage delà rue. On remarque ainsi que la courtine extérieure, comprise entre la dernière tour flanquante et l’extrémité du tronçon, est parfois échancrée en crémaillère. Cette disposition a pour but de fournir un liane saillant, capable de battre le pied de la courtine, devenue trop longue, et cela sans installer de tour.

La porte D, qui répond à la porte C de Gell et à celle dont l’Expédition de Moïse, Ross et Curtius ont donné des croquis, a frappé les voyageurs par sa belle ordonnance et son remarquable état de conservation. L’avant-cour, commandée par deux belles tours rondes de 7 m. 50 à 8 m. de diamètre et la cour, dont les ouvertures entre montants mesurent o m. et 4 m. 60, sont enfermées entre deux lignes de rempart renforcées. Ces renforcements ménagent à la garnison deux larges plates-formes en communication avec les tours. Peut-être une partie de ces saillies servait-elle de rampe ou d’escalier pour

l’assiette de la ville. — l’enceinte fortifiée.

monter au chemin de ronde ? On a cru remarquer, dans le tenon qui relie au mur la tour Nord (à gauche) les ouvertures de deux petites poternes ; mais la destruction du mur à cet endroit rend ce détail peu clair. Il faudrait alors admettre qu’il existait une porte d’entrée au rez-de-chaussée de la tour, du côté de la place. A vrai dire, je crois plutôt qu’on n’accédait à la tour que par le chemin de ronde.

Fig. 29.

Porte D (état actuel).

L’existence d’une porte dans le voisinage de la source Yaréli ne peut guère se déduire de l’aspect des lieux. C’est le point de l’enceinte le plus ruiné ; tours et courtines ont également disparu, sans même laisser d’arrachements. Les habitants du hameau, dont Leake et Gell ont encore vu quelques masures, ont tout démoli pour construire leurs cabanes. Cependant mes recherches pour retrouver la direction du circuit à cet endroit et combler celte lacune m’ont convaincu qu’il existait une porte faisant directement face à l’Alésion.

Des raisons subsidiaires peuvent aussi être invoquées : 1° la longueur inusitée du segment DF, si l’on supprime la porte E ; 2° l’existence d’une rue antique partant du coin S.-E. de l’Agora juste dans la direction de la source Yaréli ; 3° l’existence, en face de cette source, d’un sentier qui gravit le ravin de l’Alésion où devait être installé le Stade et traverse obliquement la colline pour aller rejoindre la route de Nestané-Argos. Ce raccourci de montagne évitait aux piétons et aux mulets le détour par la pointe, et ce devait être le chemin direct du sanctuaire de Déméter sur l’Alésion. Enfin un autre argument serait fourni par la source, si l’on pouvait démontrer qu’elle existait dans l’antiquité. J’ai marqué, sur le plan général, la restauration probable de cette partie, avec la position de la porte et des tours disparues.

C’est un couloir droit, défendu sur le côté nu de l’assaillant

Porte E.

Porte F.

Porte G.

Portes H et I.

Porte K.

par une belle tour pentagonale, dont les puissantes assises sont bien conservées. J’y ai retrouvé les restes du dallage.

Fig. 30.

Porte F (d’après G de Gell) . Porte F (état actuel) .

Elle est comprise entre une tour carrée à g. de 8 mètres 40 de front et un bastion rectangulaire de 8 m. 20 d’épaisseur. Les montants et le dallage de la rue, avec les ornières creusées par les roues sont encore conservés. Comme celle qui lui correspond au N.-E., cette porte est placée à un

coude brusque du tracé. Ses défenses sont aussi simples que puissantes : on a jugé inutile d’établir une tour proéminente de couverture, à cause du voisinage de la première tour flanquante, distante seulement de 14 m., large de 7 m. 50 et munie d’une poterne ainsi que ses voisines de la même section.

L’existence d’une ouverture en H est indiquée par la position en crémaillère des tronçons du tracé. Gell ne s’en est pas rendu compte et omet de placer une porte à cet endroit.

De même pour la porte I, que les travaux de la route moderne ont emportée avec plusieurs tours et courtines. La porte G de Gell lui correspond pour la position, mais je doute qu’elle en reproduise les dispositions authentiques (voy. fig. 31, c.). Peut-être son croquis de la porte H, dont l’équivalent n’existe plus aujourd’hui, peut-il en donner une idée ?

Peut-être E de Gell ? — Elle se composait d’un double couloir coupé à angle droit : la première partie comprise entre deux grosses tours avancées, dont l’une, à g. de l’assaillant,

l’assiette de la ville. — l’enceinte fortifiée. !o7

formait un bastion carré et l’autre une saillie proéminente, au front peut-être arrondi, comme l’indique le croquis de Gell. A l’intérieur, la tête de la section se terminait au ras du sol par une ligne de bornes en demi-cercle, comme l’épine d’un stade.

Les chars pouvaient ainsi tourner court, sur le dallage de la rue, qui se dirige perpendiculairement vers le centre de la ville.

On aperçoit encore, au tournant, les entailles creusées dans ces pierres à la hauteur du moyeu des chars.

Les voies qui sortaient de la ville dans le prolongement des Sortie des portes, grandes rues dallées ou empierrées descendaient , entre les tours avancées, le faible talus de l’escarpe et franchissaient à quelques mètres du mur le fossé de l’Ophis sur des ponts de pierre ou de bois. La place de quatre de ces ponts est encore visible en face des portes B, G, H, K. Les ponts actuels, très étroits, sont de fort médiocres remaniements byzantins, turcs ou modernes.

Outre ces sorties, larges en moyenne de 4 à 5 mètres entre Poternes de sortie, montants, points de départs des grandes routes que suivaient les armées et les chars, il y avait d’autres issues ménagées dans l’enceinte pour les besoins de la défense. Leur exiguïté et leur positionne leur permettaient pas de servir aux communications régulières : elles n’avaient donc qu’une valeur purement militaire. Elles débouchaient sur la bande de talus comprise entre la base du mur et l’Ophis et qui est large en moyenne de 20 à 23 mètres. On les trouve surtout groupées dans la partie orientale du circuit, en face de l’Alésion. Dans la section D E, il y en a à toutes les deux tours; dans la section E F elles sont moins visibles et paraissent moins régulières et moins nombreuses ; dans la section F G toutes les tours en sont pourvues. Ce sont de petites ouvertures de 1 ni. de large, percées au ras du sol dans le flanc droit des tours pour qui regarde la campagne ( lig . 23, b.). Elles sont donc orientées en sens contraire des portes parce que leur destination était absolument différente. Tandis

que les portes se présentaient de la façon la plus défavorable à l’assaillant, les poternes étaient disposées de manière à favoriser les sorties des assiégés, en leur permettant de se défiler au pied de la courtine et sous sa protection, sans présentera l’ennemi leur côté nu. Pour cela, les files armées se formaient d’avance à l’intérieur de l’enceinte comme le montre la figure suivante, et débouchaient rapidement, liomme par homme, en courant le long de la courtine (fig. 33).

Fig. 33.

Tour à poterne de Manlinée (2e tour à partir de la porte F, segment F G) (I).

Quand cette manœuvre s’opérait en même temps à toutes les tours pourvues de poternes, à raison de 20 à 30 hommes par tour, des loches entiers pouvaient en un instant s’aligner au pied du rempart, sauter le fossé et opérer en ordre de bataille un mouvement tournant : la conversion se faisait autour du rempart à droite ; on pouvait prendre à dos l'en nemi massé à l’entrée d’une porte , déranger ses travaux d’approche, surprendre son camp. On rentrait soit par une des grandes portes, soit par les poternes, en ayant soin de

(I) Cette tour a le Iront très épais, parce que la chambre intérieure du rezde-chaussée est prise sur la masse du rempart. Il n’v a qu’une cloison et une porte du côté de l’intérieur, sans couloir.

l’assiette de la ville. — l’enceinte fortifiée.

faire face à l'ennemi et le côté droit tourné vers le rempart. Cette dernière manœuvre présentait plus de danger ; aussi Philon de Byzance recommande-t-il de ménager dans les flancs opposés des tours, deux poternes, l’une pour la sortie, l’autre pour la rentrée (1), de façon qu’à aucun moment on ne soit forcé de montrer à l’ennemi le côté droit. Pareille précaution n’a pas été prise à Mantinée, sans doute parce qu’on comptait surtout sur les grandes portes pour effectuer la rentrée. Quant aux poternes, leurs faibles dimensions les rendaient aisément défendables par la garnison des tours. Comme un homme seul

Tour à poterne. Sert. N. E. La 2e au S. O. de la porte D.

(1) Encycl. mécan. trad. Graux et de Rochas, VI. Voy. à ce sujet les observations de M. de Rochas. Fortif. antiq., p. 23. Les poternes sont appelées Sioooi dans le devis des fortifications d’Athènes. Vtoy. Choisy. Ét. épigr., p. 231. Un trouve des tours à poternes analogues à celles de Mantinée dans le mur de la plaine de Thria (de Rochas, Fortif. antiq., p. 23).

Correspondance des portes et des routes.

pouvait s’y engager à la fois, il n’y avait pas à craindre que, leurs portes enfoncées, l’ennemi fit irruption dans la ville par ces étroits passages.

L’accumulation de ces poternes de sortie sur le côté oriental de l’enceinte s’explique par la proximité de l’Alésion. L’examen des batailles de Mantinée tait ressortir l’importance tactique de ce coteau dans les conflits contre une armée venue du Sud. Or, les dispositions défensives de Mantinée étaient surtout combinées en vue d’une attaque des ennemis les plus redoutables, ceux du Sud, les Tégéates et les Spartiates. La bataille de 418 et la campagne d’Agésilas contemporaine de la reconstruction de Mantinée (automne 370) prouvèrent combien il pourrait être utile de se saisir de l’Alésion pour dominer le flanc droit de l’ennemi. De plus, il importait de pouvoir survenir à l’improviste sur la grande route de Tégée, la Xénis, par où l’ennemi recevait ses convois el ses1 renforts, de profiter des abris qu’offrait la nécropole qui bordait cette voie, de dégager au besoin, pour aller au-devant des secours d’Argos, la route de Nestané qui aboutissait à la porte F, enfin de protéger l’aqueduc de Mélangeia, qui entrait en ville dans les environs de la porte D ou de la porte E.

Il reste à déterminer à quelles routes correspondaient ces dix portes. Suivant l’ordre des chemins décrits par Pausanias, il est facilede reconnaître la plupart d’entre elles. Au chemin du Klimax par Mélangeia et la source des Méliastes, répond la porte D ; à celui de Nestané, venu d’Argos par le Prinos, la porte F (1); au Xeoj<p6fo<; de Tégée, dont la partie suburbaine comprise entre le temple de Poséidon et la ville s’appelait la Xénis, correspond la porte G ; au Xeojcpopo; de Pallantion, la porte I, par où entre à Mantinée la route actuelle venant de Tripolis ; à la route de Méthyd rion par la plaine Alcimédon, la porte K, ouverte juste en face du défilé de Kapsia; à la route d’Orcliomène par Maira, en laissant à droite le tombeau de Pénélope (butte de Gourtzouli) et le mamelon de la Ptolis, correspond la porte B ; à la route directe par l’Anchisia, la porte A, qui fait lace exactement au col de l’Anchisia. Les autres portes, qui ne répondent à aucun chemin décrit par Pausanias, peuvent être identifiées d’après leur

(1) La destination de cette porte, ainsi que la direction de la Xénis , a soulevé quelques discussions. Nous avons réfuté plus haut. p. 94 et suiv. le système de Curtius. (Cf. Bursian. Geogr. v. (irieeh. Il, p. 21 B, n. Z).

l’assiette de la ville. — l’enceinte fortifiée.

orientation : H s’ouvrait sur un chemin de petite communication destiné à doubler les deux grandes routes de Tégée et de Pallantion qui laissaient libre le milieu de la plaine. E desservait le chemin du Stade de l’Alésion et du bois sacré de Déméter; C, le chemin qui longeait à l’Ouest la butte de Gourtzouli et aboutissait au fond de la plaine à la descente du sentier muletier venu d’Aléa par le col de Phrosouna. Le tableau suivant résumera nettement ces remarques :

A. Porte d’Orchomène et Kleitor

par l’Anchisia.

B. Porte de Maira-Orchomène.

Page 1