PARIS
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DIDIER ET C*, LIBRAiaES-ÉDITEURS >S, ami BIS AVcnaTtiis
La France est, après Tltalie, la contrée la plus riche en inscriptions chrétiennes des anciens âges. A peine ai-je imprimé les dernières feuilles d'un recueil de ces monuments, que des marbres nouveaux sont signalés à Genève, à Villesèque, à Narbonne, à Toulouse, à Pothières, à Gimiez, à Vérinay, à Vienne^ à Savigné, à Eaunes, à Rigny, à Clérieu, à Bordeaux, et sur les bords du Rhin.
Quelques années encore et l'on pourra, je l'espère, ouvrir un riche supplément à la collection dont j'ai voulu former la base. Mais pour que l'on arrive à rechercher les inscriptions laissées par les premiers fidèles, pour qu'elles soient conservées, étudiées avec soin, il faut que l'on s'applique à les cooiçteîiàt^^ ^ ^w \st-
connaître l*âge, le sens et la valeur. Des amis, trop indulgents sans doute, me disent qu'un aperçu méthodique des données que renferme moA recueil, peut aider à atteindre ce but et sauver des monuments dont la oonservatioa est trop souvent tenue pour chose indifférente. Je m'estimerais heureux qu'il en pût être ainsi. Les inscriptions entières, les fragments mêmes, quelque insignifiants qu'ils semblent d'abord, peuvent souvent éclairer des questions qu'il est curieux ou important de résoudre.
J'examinerai surtout, dans les pages qui vont suivre, ce que furent les inscriptions chrétiennes, comment se composait leur texte, quels en étaient les éléments, comment l'influence des lieux, celle des temps y ont laissé leur marque. ^
On sait combien peu de monuments épigpaphiques portent des dates, et de quel intérêt serait pour l'histoire la détermination de Tâge précis de tous les marbres antiques. Cela importerait surtout pour les légendes lapidaires chrétiennes, débris dont la répartition matérielle est un des signes les plus sérieux de la mar^ che et de l'extension de la foi. Or, parmi ces TÎeux marbres, les premiers, partant les plus précieux, sont précisément — et j'en dirai plus loin la cause -^ ceux où la date fait le plus souvent défaut. Un moyen se présente pour en estimer l'âge; c'est la comparaison de ces monuments avec les inscriptions païennes qui, devenues rares dès les premières années du iv* siècle, peuvent ainsi nous fournir, par leur style, d'utiles rapprochements.
Les épitaphes des idolâtres procèdent d'une forme dont la constance frappe tout d'abord. En même temps qu'elles passent sous silence la date du décès, elles présentent communément le nom du père de celui qui n'est plus, la mention de ceux qui lui ont consacré une tombe; souvent aussi l'indication de sa condition sociale, de sa profession, de sa patrie. Les légendes suivantes offriront le type de ce formulaire, variable à rinfini dans les détails, mais dont le fond reste toujours le même :
D . M D M s P.STATIO.SATVRNINO
M PACCI M F CAM L . ASINIO . M . F. P . STATIVS . BATHYLLVS
VERONA SENECION FILINO . Q . VI LIB . SVO