LIPOIDES LIBRES ET FERMENTS DE DÉFENSE
Chaque tube, sauf le premier, qui sert au contrôle, reçoit ensuite respectivement 0 cc. 01, 0 ec. 05, 0 cc. 1, 0 ce 5 et 1 centimètre cube du sérum à étudier (préalablement inactivé par 80 minutes de chauffage à 58° au bainmarie).
On complète partout à 3 centimètres cubes avec H?0 physiologique.
On porte à l'étuve à 37° pendant 30 minutes et on lit les résultats.
Dans une autre série de tubes témoins, on verse la même quantité de venin de cobra (2 milligrammes), la même quantité d’émulsion d’hématies de cheval lavées et (sauf dans le premier tube qui sert au contrôle) des proportions variables de la solution de lécithine pure au dix-millième, par exemple : 0 ce. 03, 0 ce. 05, 0 cc. 08, 0 cc. 1, etc. On complète partout à 3 centimètres cubes et on porte également à l’étuve pendant 30 minutes à 37°. On lit les résultats.
Si le tube de la première série, contenant 0 cc. 1 du sérum à étudier, donne une hémolyse complète dans le même temps que le tube de la seconde série qui contient 0 ce. 05 de solution de lécithine au dix-millième, par exemple, on en déduit que 1 centimètre cube de ce sérum renferme 0 gr. 00005 de lécithine ou d’autres lipoïdes susceptibles d'activer le venin. La part de la lécithine dans cette activation peut être séparée par l'addition de quelques gouttes de solution au dix-millième de chlorure de calcium qui empêche l’action activante des acides gras et des savons.
On trouve de la lécithine libre dans le sérum des tuberculeux, parfois des syphilitiques, des déments, des paralytiques généraux (psycho-réaction, dite de Much), etc., et dans celui des sujets anesthésiés par le chloroforme ou par l'éther.
Le sérum (même inactivé par chauffage à 58°) de certaines espèces animales (cheval, chien, rat, chèvre, mouton, lapin) est activant pour le venin de cobra. Le sérum d'homme, de singe, de bœuf, de pore, ne l’est que lorsqu'il n'a pas été inactivé par le chauffage.
MICROBIOLOGIE 17
258 RÉACTIONS HUMORALES ET HÉMATIMÉTRIE
B.— Méthodes d’Abderhalden et de Wollman pour la mise en évidence de la protéolyse.
a) RÉACTION D'ABDERHALDEN
La réaction d’Abderhalden permet, d’après son auteur, de déceler, dans le sérum. des ferments spécifiques, ferments protecteurs, ou ferments de défense qui attaquent les protéines déversées dans la circulation. C’est ainsi que, pendant la grossesse, des ferments apparaissent dans le sang maternel, qui attaquent les albumines et les peptones d’origine placentaire. Lorsqu'on met en contact, dans un dialyseur placé dans l’eau distillée,le sérum contenantun ferment spécifique et l’albumine correspondante, la molécule albuminoïde dégradée donne naissance à des produits dialysables qui passent dans l’eau distillée, où elles sont décelables par les réactifs des peptones, des polypeptides et des acides aminés, la ninhydrine en particulier. Les albumines non attaquées ne dialysent pas.
On opère sur une petite quantité de matière albuminoïde : tissus privés de sang, corps microbiens privés des peptones du milieu et dégraissés. On fait bouillir pendant 5 minutes, on filtre. et à 5 centimètres cubes de filtrat, on ajoute 1 centimètre cube de ninhydrine à 1 p. 100. On fait bouillir de nouveau pendant une minute. Si, après 830 minutes, il ne se produit aucune coloration violette, on essore les fragments de tissus ou les microbes entre plusieurs épaisseurs de papier filtre, sans les toucher avec les doigts. Dans le fond d'un dialyseur dont la perméabilité aux peptones et l’imperméabilité aux albumines ont été préalablement éprouvées, on dépose 0 cc. 25 du tissu ou des microbes, essorés comme il vient d'êtreindiqué, et 1 centimètre cube du sérum à éprouver non chauffé ; dans un second dialyseur témoin, on verse 1 centimètre cube de sérum seulement et dans un troisième, 1 centimètre cube de sérum chauffé 60 minutes à 98°, et on couvre le tout de toluène. Les trois dialyseurs sont introduits dans trois flacons d’Erlenmeyer contenant 20 centimètres cubes d’eau distillée stérile qu’on couvre ensuite d’une mince couchede toluène (1/2 centimètre cube). On bouche stérilement les flacons et on les porte à l’étuve