CHAPITRE XXXIV
A. — Dysenterie bacillaire.
On en distingue habituellement quatre types :
1° Type Shiga-Kruse, de beaucoup le plus fréquemment rencontré dans les épidémies de dysenterie de l'hémisphère septentrional et le plus pathogène. Probablement identique au bacille découvert et sommairement décrit par Chantemesse et Widal, en 1888.
2° Type Flexner. Répandu surtout en Asie orientale, au Japon, dans l'Amérique du Nord et en Europe. À été signalé à Marseille.
30 Type Strong (îles Philippines, Japon, Chine, Russie et Amérique du Nord).
4 Type Hiss-Russel ou type Y, auquel sont attribuables surtout les petites épidémies d'asiles d’aliénés (pseudodysenterie des fous, de Kruse) également rencontré dans des épidémies de dysenterie dans l'Amérique du Nord, en Europe, en Asie orientale. Dopter l’a trouvé dans une épidémie à Paris et avait cru pouvoir l'identifier au type Strong, le plus commun après le Shiga-Kruse.
Les types Flexner et Hiss ont été isolés aussi des déjections de singes (macaques) spontanément infectés dans les laboratoires.
Tous sont immobiles, non ciliés et facilement colorables par le bleu de méthylène ou la fuchsine de Zieh] diluée au dixième. Ils ne prennent pas le Gram.
Ils se cultivent aisément sur les milieux usuels à 37° et à la température du laboratoire. Ils ne liquéfient pas la gélatine et ne coagulent pas le lait. Le bacille de Shiga-Kruse ne pousse pas dans les milieux biliés. Au contraire, le type Flexner s’y développe très bien.
Pour les différencier, il faut les ensemencer dans les
milieux qui servent à l'identification du bacille typhique ou, plus simplement, d’abord en eau peptonée pour la recherche de l’indol, puis dans des tubes de bouillon, légèrement alcalin, tournesolé et additionné respectivement de lactose, glucose, saccharose, maltose et mannite, dans la proportion de 2 grammes de chaque sucre pour 100 centimètres cubes de bouillon.
La gélose tournesolée mannitée à 2 p. 100 convient parfaitement pour la différenciation du Shiga avec le bacille typhique. Avec le bacille typhique on obtient sur ce milieu, des colonies rouges, tandis que celles de Shiga restent incolores.
Pour l'isolement rapide du bacille de Shiga des matières fécales lors des épidémies de dysenterie, Kindborg a préconisé l'emploi de gélose colorée avec de la fuchsine acide et du vert malachite. On prépare ce milieu de la manière suivante :
On fait d'abord une solution à 3 p. 100 de fuchsine acide (fuchsine acide de Riedel-Berlin) et une autre solution à 1 p. 10.000 de vert malachite. Dans 1 litre de bouillon gélosé, neutre au tournesol, on verse 50 centimètres cubes de la solution de fuchsine et 10 centimètres cubes de celle de vert malachite. On ajoute 40 centimètres cubes d’eau dans laquelle on a fait dissoudre 14 grammes de lactose ; on stérilise à 100° et on coule en plaques.
Sur ces plaques, déjà après 12 heures, les colonies de bacilles de Shiga apparaissent entourées d’une auréole dé colorée. La décoloration s’accentue ensuite.
Ce caractère de décoloration de la gélose fuchsinée acide est particulier au bacille de Shiga, au bacille typhique etau paratyphique B ; plus faiblement au vibrion cholérique. Le Bacterium coli ne s’entoure d’aucune zone claire.
Voici les caractères des différents types dans les milieux usuels :
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On peut encore différencier le type Shiga par l'agglutination au moyen d’un sérum de lapin vacciné contre le Shiga. Ce sérum n'agglutine aucun des trois autres types. Inversement, les sérums spécifiques anti-Flexner et anti- Hiss n bslutinent jamais le type Shiga, mais, par contre, l’un et l’autre agglutinent à la fois les Fe pes Flexner-Hiss. Le sérum anti- Aer à n'agglutine que le type Strong.
De même, on peut utiliser la réaction de Bordet-Gengou comme procédé auxiliaire de diagnostic. Les bacilles de type Shiga fixent les sensibilisatrices d’un sérum spécifique anti-Shiga et ne fixent pas celle d’un sérum anti-Flexner et anti - Hi et, inversement, les bacilles des types Flexner, Strong ou Hiss ne fixent pas les sensibilisatrices d'un sérum anti-Shiga.
I ne semble done pas y avoir de différence spécifique entre les types Flexner, Strong et Hiss qui ne se distinguent que par quelques réactions culturales. Le type Shiga au contraire, seul intensivement toxigène, est nettement différencié. La dose mortelle de culture virulente du Shiga est, pour la souris blanche, par voie sous-cutanée, de 0 mgr. 02 environ, pesés à l’état frais et, pour le lapin, par voie intraveineuse de 0 mgr. 5. Les cobayes y sont peu sensibles, même par voie péritonéale : 1 milligramme ne les tue pas toujours.
Toxine dysentérique. — Les cultures tuées par la chaleur provoquent chez les animaux inoculés les mêmes symptômes et les mêmes lésions que les bacilles vivants. On en a conclu que l’action du bacille de Shiga devait être liée à la présence d’une toxine dans le corps microbien et libérée dans l'organisme.
Plusieurs procédés permettent de mettre cette toxine en évidence :
Procédé de l'autolyse aseptique (Conradi). — Emulsionner dans 20 centimètres cubes d’eau physiologique une culture sur gélose en boîte de Roux. Mettre à l’étuve à 370 pendant 48 heures. Filtrer sur bougie Berkefeld : 0 cc. 1 du fiftrat, injecté dans les veines d'un lapin de 2 à 3 kilogrammes, le tue en 24 heures.
Procédé de Todd et Rosenthal. — Ensemencer du bacille de Shiga en bouillon assez fortement alcalin ; mettre à l'étuve à 37° pendant trois semaines ; puis filtrer sur bou-
gie Chamberland : 0 cc. 01 du filtrat injecté dans les veines d’un lapin de 2 kilogrammes le tue en 48 heures.
Procédé de Nicolle, Debains et Jouan(technique Rowland). Les bacilles vivants pesés et versés dans un mortier stérile sont abandonnés au froid pendant une heure ; ajouter 1 partie 1/2 de sulfate de soude fraîchement calciné, broyer.
Pour obtenir l'extrait, ajouter 20 centimètres cubes d’eau distillée à 1 gramme de poudre, abandonner 24 heures au froid et passer ensuite sur de la terre d’infusoires. Le liquide ainsi obtenu est très toxique pour le lapin.
Agglutination par le sérum des malades. -- Les sérums normaux agglutinent le Shiga de 1 p. 20 à 1 p. 40 ; les types Flexner, Strong et Hiss de 1 p. 50 à 1 p. 80.
Le sérum des malades, ainsi que celui des convalescents et des porteurs de germes sains, agglutine à des taux très variables. Celui des sujets infectés par le Shiga agglutine de 1 p. 100 à 1 p. 1000. L'agglutination du Shiga à 1 p. 50 par un sérum de malade suffit à établir la très grande probabilité d'un diagnostic positif. Celui des sujets infectés par l’un des autres types n'agglutine pas le Shiga et agglutine souvent indifféremment les trois types Flexner, Strong et Hiss à des taux variant de i p. 100 à 1 p. 1000.
Vaccination et sérothérapie. — Shiga a essayé de vacciner l’homme par des injections sous-cutanées de bacilles dysentériques tués par la chaleur, mais il a dû y renoncer à cause des troubles locaux et généraux que ces injections produisaient.
Les essais de vaccination par sérum virus ont été également abandonnés.
On peut préparer un vacein anti-Shiga avec des cultures sur gélose chauffées 1 heure à 60°, desséchées dans le vide, reprises par quelques gouttes d’eau physiologique et sensibilisées pendant 12 heures par un sérum spécifique anti- Shiga (selon le procédé de Besredka). On centrifuge ensuite et on met le précipité décanté en suspension dans de l’eau physiologique. 5 milligrammes de bacilles pesés à Fétat frais représentent une dose de vaccin. L'immunité est acquise déjà après 4 à 5 jours (Dopter).
Le D" Aimé Gauthier a obtenu des résultats intéressants en vaccinant par la voie buccale les réfugiés grecs d'Asie
Mineure avec des cultures polyvalentes de bacilles dysentériques tués par la chaleur et contenant3 milliards de corps microbiens par centimètre ‘cube. La dose journalière employée était de 1 centimètre cube pour un adulte, de 1 /2 centimètre cube pour un enfant de deux à six ans et de 1/4 de centimètre cube pour un enfant au-dessous de deux ans. Elle était renouvelée pendant trois jours consécutifs ; le vaccin était donné dans un peu d’eau.
Le sérum antidysentérique préparé à l'Institut Pasteur est à la fois antitoxique, bactéricide et polyvalent à l'égard des divers types de bacilles. La dose à injecter varie de 20 à 100 centimètres cubes et doit être renouvelée si c’est nécessaire. L’immunité conférée est immédiate, mais ne dure que dix à douze jours.
Diagnostic bactériologique de la dysenterie bacillaire. — S'effectue par la recherche du bacille dysentérique dans les selles, ou à son défaut, par le séro-diagnostic.
Examen microscopique des selles. — A l’état frais on constate l’absence d’amibes dysentériques et la très grande abondance des leucocytes.
Isolement du bacille dysentérique. — Doit être pratiqué le plus rapidement possible après l'émission des selles.
Prélever une glaire sanguinolente, la laver 2 ou 3 fois dans de l’eau physiologique. Ensemencer par stries avec un fil de platine ou, de préférence, par étalement avec l’extrémité d’une pipette coudée sur 3 boîtes de Pétri contenant de la gélose lactosée tournesolée, ou de la gélose d'Endo.
Sur la gélose lactosée tournesolée, on ne retient que les colonies bleues ; sur le milieu d'Endo, que les colonies inco- IDpes:
Identification des germes. Si après examen à l’état frais, coloration et repiquage sur milieux usuels, les caractères du bacille répondent à ceux du bacille dysentérique, on détermine le type auquel il appartient par :
1° Les fermentations sucrées (voir tableau donné) ;
2° Par l’agglutination avec les sérums expérimentaux anti-Shiga et anti-Flexner. |
Séro-diagnostic. — Effectuer le séro-diagnostic par le procédé microscopique (méthode de Widal pour le séro-diagnostic de la fièvre typhoïde) ou par le procédé macroscopique.
Il est indispensable de déterminer le taux d’agglutination du sérum à l'étude par les dilutions successives, à cause de la fréquence des coagglutinations.
Pour le Shiga, ne tenir compte que des taux d’agglutination supérieurs à 1 p. 50, pour les bacilles de Flexner et de Hiss, que des taux supérieurs à 1 p. 100 ou à 1 p. 150.
Bacilles dysentériques dits « atypiques ».
Ces bacilles ont été nommés « pseudo-dysentériques » ou « paradysentériques » ou encore &« métadysentériques ».
Certains d'entre eux, plus communément appelés paradysentériques, se rapprochent du Shiga,Flexner, Hisset Strong. Ils en diffèrent soit parce que leurs réactions fermentatives ne sont pas superposables à celles de ces microbes, soit parce qu'ils ne sont pas agglutinés par les sérums expérimentaux.
D’autres se rapprochent davantage du colibacille que des dysentériques à cause de la production de gaz dans les fermentations sucrées. Ils ont été plus spécialement désignés sous le nom de «pseudo-dysentériques ».
Dans le premier groupe, on peut ranger le bacille de Schmilz et celui de d'Hérelle.
Dans le second, les bacilles de Morgan.
Le bacille de Schmitz ne fait pas fermenter les lactose, mannite, maltose etsaccharose, ce qui le rapproche du Shiga, mais contrairement à lui, il produit de l'indol.
Il n’est pas pathogène pour le lapin. Il n’est pas agglutiné par les sérums anti-Shiga, anti-Flexner, anti-Hiss etanti- Strong.
Le bacille de d'Hérelle fait fermenter les maltose et mannite, il est inactif sur le saccharose. Il ne vire pas les milieux au rouge neutre. Il ne donne pas d’indol. Il n’est pas agglutiné par les sérums anti-Shiga et anti-Flexner.
Les bacilles de Morgan sont mobiles ou immobiles. Dans le bouillon ils dégagent une forte odeur fécaloïde et produisent de l’indol. Sur gélose ordinaire, leurs colonies sont analogues à celles du colibacille. En milieu lactosé, il se produit une acidification légère avec formation de bulles gazeuses. La fermentation des autres sucres est variable, mais quand elle a lieu, c'est toujours avec formation de bulles de gaz, ce qui ne se constate jamais avec les dysentériques typiques. Quand les milieux sucrés au rouge
neutre fermentent, ils virent au jaune canari avec production d’une fluorescence intense.
Les bacilles de Morgan et celui de d’Hérelle donnent, par injection intraveineuse au lapin,une paralysie du train postérieur. Mais les lésions constatées ne sont pas superposables à celles de la dysenterie expérimentale due au bacille de Shiga.
B. — Dysenterie amibienne.
Coloration des Amibes. — Sécher les préparations à l'air libre, sans jamais les passer sur la flamme, puis fixer par exposition, durant 10 à 20 minutes, aux vapeurs dégagées par une solution à 2 0/0 d'acide osmique ou mieux par le fixateur suivant (de Schaudinn) chauffé à 50° et qu'on fait agir pendant 10 à 15 minutes :
Sol. aq. sat. à chaud de bichlorure de mercure. 2 vol. Alcool absolu — — 211.
Acide acétique.. : MMM er RATES MER NNETTE
Passer ensuite pendant quelques minutes dans l'alcool iodé, puis dans l'alcool à 70° et colorer par le Giemsa ou par l’hématoxyline au fer ou par la méthode de Laveran au bleu Borrel. (Voir : Coloration du sang, protozoaires, chap. vu.)
Coloration par la méthode de S. L. Brug (de Batavia). — Fixer les frottis de selle par la liqueur de Schaudinn ;
Laver à l’eau pendant quelques secondes.
Passer 2 minutes à l’alcool à 70°, iodé, jusqu'à coloration rouge brun.
Laver à l’eau. Passer pendant 2 minutes dans solution d'hyposulfite de soude à 0,2 %.
Laver à l’eau.
Mordancer pendant 10 minutes avec une solution de sel de Mohr à 3 % (sulfate double d’ammoniaque et de protoxyde de fer) : Fe(AzH4} (SO#)? + 6H20.
Laver pendant 10 minutes à l’eau courante.
Colorer 10 minutes à l'hématoxyline de Heidenhain.
Laver 10 minutes à l'eau courante.
Colorer 1 minute à l’hématoxyline Delafield diluée à 1 p.10 dans l’eau distillée.
Laver quelques minutes à l’eau.
Colorer pendant 1 minute avec solution concentrée de fuchsine acide (rubine S).
Passer à l’alcool à 96° quelques secondes, à l'alcool absolu 1 minute, au xylol 1 minute et monter en baume.
La chromatine est colorée en noir foncé, le protoplasme en violet, les hématies en rouge brillant.
Pour les coupes d’intestin ou de foie parasité par les amibes, fixer par le Flemming ou le Bouin-Duboscq (voir chap. 1x) ; colorer dix minutes par une solution aqueuse saturée de fuchsine ; puis, sans laver, porter pendant 4 à 5 minutes dans parties égales des deux solutions suivantes :
Solution aqueuse saturée d'acide picrique.
Solution aqueuse saturée d’indigo-carmin.
Les amibes apparaissent colorés en gris-bleu rougeûtre ; les noyaux sont violets.
On peutencore colorer par l’hématoxyline ferrique d'Heidenhain, puis par l'éosine.
Faire agir successivement xylol, alcool, alcool lithiné, eau.
Mordancer pendant 24 heures dans l'alun de fer à 3 p. I.
Colorer 24 heures dans un bain d’hématoxyline à 1 p. 1.
Différencier dans l’alun de fer à 1%.
Suivre la différenciation au microscope.
Eosine quelques secondes, alcool, xylol, baume.
CULTURE. — Les amibes dysentériques (Entamoeba histolytica) ne se multiplient pas dans les milieux artificiels Mais on peut cultiver les amibes de la terre ou des eaux (en mélange avec les microbes dont ces organismes se nourrissent) sur la gélose de Musgrave et Clegg :
4 À Ds AL a D LS STORE EEE 1 litre
RICA LAIEDIDS CU EN 0 gr. 30 à 0 gr. 50 Gélosemiiavée nr ET 2,0 A0: 20 gr.
NAGER 0.170. 5.7 0 gr. 5
Alcaliniser légèrement à la soude, couler en boîtes plates de Roux, stériliser et solidifier en couche peu épaisse.
Les amibes de la paille (Limax) se cultivent bien sur le milieu de Von Wasilewski et Hirschfeld :
Eauwdislillée MSC TERRES 900 cc.
Géloses.. Ms CRETE 10 gr.
Boullon défbŒut PSE I UUICc,
On peut aussi obtenir des cultures sur le milieu Novy- Neal-Ch. Nicolle (gélose au sang).
Nota. — On saitaujourd’hui que la dysenterie amibienne est justiciable du traitement de L. Rogers par l'éméline, alcaloïde de l’ipéca. Cette substance est très toxique pour les amibes, in vitro et in vivo. Chez l’homme, il est préférable de l’injecter par voie intraveineuse, à la dosede 2 à3 centigrammes. On emploie aussi avec d'excellents résultats le Siovarsol (de Fourneau) qui s'administre par voie buccale, en comprimés de 0 gr. 25, à raison de 4 par jour.
Diagnostic de la dysenterie amibienne. -— Se fait par la
SOUMON NS 20m 55 30 TU 45 100
£chelle en ft
Amibes. — 1-2-3. Amibes à l’état mobile. 1. Amœba hystolytiea avec-inelusions globulaires. 2. La même à la phase Amœæba tetragena. 3. Amœæba coli. 4 5-6. Amibes à l'état immobile. 4. À. X h contenant encore des globules rouges altérés. 5. Phase A. t. 6. À. coli d’après Ravaut.
constatation dans les selles des amibes dysentériques ou de leurs kystes.
Comme pour la dysenterie bacillaire, les selles doivent être examinées le plus rapidement possible après leurémis-
sion. Les amibes se reconnaissent surtout à leur mobilité qu ‘elles perdent dès qu'elles se refroidissent. Si l'examen microscopique ne peut être fait au lit du malade, transporter les matières dans un flacon entouré d’eau tiède.
a) Examen à l'état frais. — Prélever, avec un fil de platine, une glaire sanguinolente, la déposer entre lame et lamelle et examiner au microscope d’abord à sec, puis à l’immersion en diaphragmant. |
La forme mobile d’Amœæba dysinteriæ dite A. histolylica a de 25 à 40 &.. Elle présente une partie centrale granujeuse, l HOTEOE et une zone périphérique Anais gente, l’ectoplasme.
Dans la partie granuleuse, se trouve un noyau plus ou moins visible, tantôt central, tantôt périphérique de 4-5 v de diamètre.
L'endoplasme contient aussi des globules rouges ou leurs débris qui ont une couleur jaune paille. Ils ont été phagocytés par l'amibe.
L’A. histolyca a un déplacement amiboïde caractéristique qui peut être ranimé par la chaleur.
Dans les selles diarrhéiques ou normales, on trouve le type teltragena qui correspond au type normal de l’A. dysenteriæ. Elle ne mesure que 20-25 v. Elle a peu d’ectoplasme. Elle est moins mobile. Aussi est-il difficile de la différencier de l’A. coli non pathogène, qui est comme elle peu mobile, ne présente pas d’ectoplasme très visible et n'englobe pas de globules -rouges.
Dans certains cas, le diagnostic ne peut être posé que par l'examen des kystes qui sont très caractéristiques.
Les kystes apparaissent dans les selles lorsque la crise aiguë est terminée. Ils constituent la forme de résistance de l’amibe. Ils restent intacts dans les selles pendant près de 48 heures.
À l’état frais, les kystes de A. dysenteriæ ont un aspect réfringent mesurant 10 à 15 .. Ils contiennent 1 à 4 noyaux et de petits bâtonnets anni
Les kystes d’A. coli ont de plus grandes dimensions, 16 à 25 w. Ils contiennent jusqu'à 8 noyaux et ne renferment pas de bâtonnets sidérophiles.
b) — Examen après coloration. — Vincent conseille de
déposer, sur les bords de la lamelle, une goutte de solution aqueuse de bleu de méthylène à 1 % : tous les éléments autresque les amibes se colorent immédiatement en bleu et les amibes se détachent par leur teinte claire sur le fond. Il est préférable d'employer le rouge neutre (Sabrazès) qui colore en rouge brique les éléments divers et, en rose pâle, les amibes. Le diagnostic sur les amibes fixées et colorées est beaucoup plus difficile à établir : les fixer et les colorer par les méthodes indiquées.
Pour affirmer le diagnostic, il faut pratiquer l'injection d’un fragment de glaire (émulsionné) dans le rectum d’un jeune chat de 1 à 3 semaines (1 cc. environ, avec une sonde fine). Après 7 à 8 jours, l'animal rend des selles glaireuses, très riches en amibes. Il succombe généralement vers le 12° jour avec des ulcérations et une congestion intense de la muqueuse du gros intestin. On peut aussi infecter les jeunes chats par ingestion.
Castellant a signalé à Ceylan une forme de dysenterie due à un protozoaire mobile, de 45 à 55 x de longueur, colorable en bleu par le Giemsa, contenant des granules chromatiques Il lui a donné le nom d’Entoplasma.