‹ Manual technique de microbiologie et sérologieChapitre 151 sur 241 · FD · texte numérisé non relu

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F.— Actinomycose.

a) Coloration. — Dans les coupes, les massues se colorent très bien avec le picrocarmin, l’hématoxyline-éosine, l’orcéine, et les filaments par le Gram. On traitera d’abord par le violet de gentiane, puis par la solution de Lugol, puis par le picrocarmin dans lequel les coupes se décolorent partiellement. On lave ensuite à l’eau, puis à l’alcool absolu jusqu'à ce que l’excès de violet disparaisse et que les coupes présentent une teinte jaune rougeâtre.

On peut aussi laisser les coupes immergées pendant 4 à 5 heures à l’étuve à 37° dans une solution alcoolique concentrée d'éosine , puis on les lave à l’alcool à 95°et on les colore pendant environ 5 minutes par l’hématéine de Mayer. On lave ensuite longuement en suivant la décoloration au microscope, jusqu'à ce que la teinte éosine ne soit plus intense. Les massues sont rouges tandis que les éléments cellulaires environnants ont pris la double coloration.

On peut également employer la thionine phéniquée de M. Nicolle ou la méthode de Ziehl telle qu'elle est utilisée pour la coloration du bacille tuberculeux, avec le bleu de méthylène comme colorant de contraste.

Pour les cultures, la méthode de Gram est très commode.

b) Cuiture. — Les premières cultures sont difficiles à obtenir. Il faut broyer finement un fragment de tumeur contenant des grains actinomycosiques dans un mortier d’agate stérile, avec un peu de bouillon, et ensemencer un grand nombre de tubes de gélatine fondue qu'on coule en plaques et qu'on maintient à la température de 22°.

Les colonies apparaissent au bout de 5 à 6 jours sous forme de petits points grisâtres ; il faut les reporter aussitôt sur gélose et sur sérum coagulé.

En 24 heures, à l’étuve à 370, les colonies se montrent et forment bientôt de petits amas saillants, granuleux, blanchâtres. Au bout de deux semaines, elles deviennent confluentes, sèches, jaune rougeâtre ou brique et sont formées de nodules adhérents à la profondeur de la gélose. A l’exa-

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men microscopique, on ne voit que des filaments fins, ramifiés. On peut les réensemencer facilement dans le bouillon alcalin où elles se développent en petites houppes autour d’un noyau dense. Le bouillon reste limpide. Elles poussent aussi très bien, mais plus lentement, sur pomme de terre et y prennent une couleur jaune rougeâtre. Elles peptonisent lentement le lait. Leur température optimum de croissance est de 33 à 37°. Elles résistent longtemps à la dessiccation, mais le chauffage à 75° les tue en 5 minutes.

Les tumeurs actinomycosiques s’observent chez l’homme, le bœuf, le porc, le cheval, l’âne, beaucoup plus rarement chez le chien, le chat, le mouton, le cerf, l’ours et l’élé-

phant.

G. — Pied de Madura.

Il en existe plusieurs variétés. L’isolement est assez difficile. Il faut puiser, avec une pipette stérile, à l’intérieur d’un nodule ulcéré, préalablement lavé à l’éther, puis à l'alcool iodé, et ensemencer dans un bouillon légèrement alcalin. Les cultures apparaissent lentement, après deux semaines environ, sous forme de nodules arrondis, grisàtres, qu’on réensemence ensuite sur pomme de terre, sur carotte et mieux dans un milieu constitué par 100 centimètres cubes d’infusion de foin additionnée de 4 grammes de gélatine et 4 grammes de glucose. On obtient ainsi un bon développement sur gélose glycérinée glucosée. Les colonies, d’abord grisâtres, deviennent confluentes, volumineuses, rouges à la périphérie, grises ou noirâtres au centre, ratatinées et plissées. Elles croissent lentement mais sont résistantes à la dessiccation et restent vivantes pendant des mois. A l’examen microscopique on les trouve constituées par de fins filaments transversalement divisés en segments d'inégale longueur, très petits dans les vieilles cultures. On les colore aisément par les couleurs basiques. Ils prennent le Gram.

La maladie appelée Pied de Madura est constituée par un mycétome assez commun dans l'Inde, dans le Levant, dans l'Afrique du Nord et au Sénégal.

H. — Teignes.

On donne le nom de {eignes aux mycoses de l'épiderme du cheveu et du poil.

Le milieu de culture le plus favorable est la gélose neutre et sucrée de Sabouraud, dite milieu d’épreuve, parce qu'il permet la différenciation des espèces. Sur ce milieu, les espèces dégénèrent. On les conserve mieux sur les milieux de Sabouraud sans hydrate de carbone.

L'examen microscopique des squames et des poils s'opère suivant la technique indiquée.

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