C. — Etude du développement des champignons
Trois procédés peuvent être employés :
1° Méthode des gouttes pendantes de Van Tieghem.
Sur des lames de verre, on fixe, avec lelut de Krônig, des petits anneaux de verre ayant environ un centimètre de hauteur. Une fois que le lut est sec, on stérilise le fond et les parois de ces cellules en les passant dans la flamme d'un bec Bunsen. Quand elles sont refroidies, on enduit la partie supérieure de ces anneaux de verre d'une légère couche de vaseline au sublimé à 1 %. Flamber ensuite une lamelle tenue avec une pince, déposer sur une de ses faces 1 goutte de jus de carotte et la placer sur la tranche vaselinée de l’anneau, la goutte vers l'intérieur de la cellule.
Pour ensemencer une spore, faire une dilution des spores dans une petite quantité d'eau physiologique stérile contenue dans un verre de montre flambé. Porter sur une lame flambée 1 goutte du liquide que l’on étale suivant 2 ou 3 stries, chercher au microscope un point où il n'ya qu'une spore, la reporter avec une pipette dans la goutte de jus de carotte en soulevant et retournant la lamelle que l'on place sur la cellule après ensemencement. Pour empécher l’évaporation de la goutte, on place les cellules dans la cloche de Malassez garnie à l’intérieur de papier buvard trempé dans une solution de sublimé au millième qui em-
pêche les contaminations secondaires de la goutte.
2° Procédé de la boîte de Pétri.
Placer 2 ou 3 lames flambées dans une boîte de Pétri stérile, en les isolant du fond par de fines baguettes de verre. Verser un peu d’eau stérile au fond de la boîte. On dépose ensuite, sur chaque lame, une goutte de jus de carotte dans laquelle on ensemence une spore, puis on replace le couvercle de la boîte.
3° Procédé des lames sèches.
On dispose verticalement dans un cylindre de Borrel 3 lames maintenues séparées par un triangle en baguettes de verre. Verser dans le cylindre, sur une hauteur de 1 centimètre environ, le liquide suivant :
Eau. 0 + OCR de COR RS UTC:
Glucose: CHENE RENTE ONE 2 gr.
Peptone: cit ARE IL ee 1 gr.
Gliycécine RS 2 gr.
Boucher avec un tampon de ouate, coiffer d’un cornet de papier et stériliser à l’autoclave.
On mouille une partie des lames avec le liquide, en inclinant légèrement le cylindre et on ensemence les spores dans la partie du liquide qui reste sur la lame.
Pour examiner au microscope, remplacer le liquide de culture par une goutte de lactophénol qu’on recouvre d'une lamelle. En lutant la lamelle avec le lut de Krônig, on peut conserver des préparations montrant tous les stades de développement du champignon.
D. — Inoculation des champignons.
Inoculer la culture du champignon à des animaux sensibles (lapin, rat, souris, pigeon) en variant les modes d’inoculation : sous-cutanée, intraveineuse, intratesticulaire (sporotrichose), dans les bourses plantaires du métatarse du DISEOn lc
E. — Sporotrichose.
a) Coloration. — Toutes les couleurs basiques. Prend le Gram. Formes ovales ou en fuseau, intra ou extracellulaires, ordinairement contenues dans les macrophages mononucléaires ; toujours rares dans le pus. Formes allongées, disposées en faisceaux ou étoiles avec conidies portant un bouquet de 2 à 30 spores ovoïdes dans les cultures. Chlamydospores sur la longueur des filaments.
b) Culture. — Sur tous les milieux glucosés. Ne liquéfie pas la gélatine non glucosée, liquéfie la gélatine glucosée et forme des colonies brunes.
Le milieu de choix est celui de Sabouraud :
MYCOSES 423
Gélose. . ts OT UNS OR 10 gr.
Peptone Chapoteaut SRRRORE A One Ar 10 gr.
Glucose. . . 6 CR nd AT ne. 40 gr.
Date PPT EME Lite gere AR OOUECC:
Cultiver à la température du laboratoire, sur plaque de Pétri. Optimum de température, 22 à 30°.
Pour le diagnostic, de Beurmann et Gougerot recommandent le simple coulage du pus sur verre sec (à l’intérieur d’un couvercle de boîte de Pétri). Maintenir à 22°. Les formes mycéliennes caractéristiques, en étoiles, se développent en quelques jours.
c) Sporo-agoalutination. — On broie à sec, dans un petit mortier d’agate, un grumeau de culture âgée de 4 à 6 semaines et on délaie avec quelques gouttes d’eau physiologique. On filtre sur papier mouillé pour retenir le mycélium. Les spores traversent le papier. On recueille le liquide et on le répartit dans une série de verres de montre à la dose unique de 1 centimètre cube. On ajoute ensuite, à chaque verre de montre, des quantités progressivement croissantes de sérum du malade suspect (sérum dilué à 1 p. 10 avec une eau salée physiologique), 1 goutte, 2 gouttes, etc... Après quelques minutes on prélève une goutte de chaque mélange et on examine entre lame et lamelle. On peut déterminer ainsi le taux de l’agglutination qui varie
de 1 p. 100 à 1 p. 500.
d) On peut utiliser la technique de Bordet-Gengou pour la fixation du complément en employant 1 centimètre cube du sérum à éprouver, 0 cc. 5 d’émulsion de Sporotrichum (non filtrée), O0 cc. 2 de sérum frais de cobaye et 0 cc. 7 d’eau salée physiologique pour chaque tube. On laisse 4 heures à l’étuve à 37°. puis on ajoute O0 cc. 3 de sérum de lapin anti-chèvre inactivé et 0 cc. 5 d’hématies lavées de chèvre (diluées à 5 p. 100 daus l’eau salée physiologique).
Les macérations de cultures de Sporotrichum, tuées par chauffage à 1200, peuvent aussi servir au diagnostic par sporo-Cutiréaction, comme la tuberculine dans la tuberculose, mais ces réactions ne sont pas absolument spécifiques.