‹ Manual technique de microbiologie et sérologieChapitre 156 sur 241 · A. — RAGE · texte numérisé non relu

A. — RAGE

I. — Extraction de la moelle pour le diagnostic de ta rage chez le chien.

Placer le cadavre en position sterno-abdominale.

Fléchir très fortement la tête vers lesternum pour mettre bien en relief la base du crâne.

En arrière de la protubérance occipitale externe et à 2ou 5 centimètres de cette éminence, suivant la taille de l'animal, inciser profondément et largement la peau et les muscles pour arriver au ligament capsulaire de l'articulation occipito-atloïdienne.

Sectionner ce ligament qui recouvre la moelle placée dans le canal rachidien.

Prélever, de cette moelle mise à nu, un fragment le plus important possible, et, pour cela, sectionner cet organe très en avant ettrès en arrière dans l’intérieur du canal rachidien.

Introduire aussitôt ce fragment dans un flacon contenant de la glycérine à 30° B® stérile.

II. — Méthode d’Oshida pour l'extraction des moelles rabiques de lapin.

Le lapin est étendu et fixé par sa face abdominale sur un plateau à autopsie.

Avec les ciseaux courbes, on coupe les poils de la région dorso-lombaire sur 5 ou 6 centimètres delargeur. On flambe ensuite toute cette région avec un bec Bunsen.

On coupeensuite transversalement,au moyen d’un bistouri stérile, la peau du cou et les muscles sous-jacents au niveau de la 3° ou 4° vertèbre cervicale ; puis la peau et les muscles de la région lombaire au niveau de la 3° ou 4 vertèbre lombaire.

Avec une forte paire de ciseaux stériles on sectionne d'un seul coup la colonne vertébraleaux mêmes endroits (vertèbres cervicales et vertèbres lombaires). On reprend le bistouri

Fig. 11. — Extraction de la moelle rabique de lapin suivant la méthode d'Oshida.

pour dégager le cou et attirer la tête en avant afin de faire de la place pour l'enlèvement des moelles.

On reprend ensuite le bec Bunsen et on flambe rapidement les deux sections de la colonne vertébrale.

On a préparé et stérilisé d'avance des mandrins de 0 m. 40 de longueur et 2 millimètres de diamètre, terminés à une extrémité par une section nette, et portant à l’autre une courbure en anse formant poignée.

L’extrémité droite porte un petit tampon d’ouate stérile, enroulé très serré et dont l’épaisseur est calculée pour pénétrer dans le canal rachidien.

Pour extraire la moelle, il suffit d'introduire ce mandrin dans le canal médullaire, bien horizontalement d’arrière en avant, par les lombes. La moelle est refoulée (sans ses membranes) et sort en tortillon par l’ouverture cervicale sous laquelle on a pris soin d'étendre un carré de papier buvard stérilisé pour la recevoir.

Il est recommandable de l’extraire en deux temps. Lorsque la première moitié de la moelle est étalée sur le carré de papier, on la coupe avec une pince et une paire de ciseaux

flambés, et après avoir fixé un fil en boucle à l’une de ses extrémités, on introduit chaque tronçon dans un flacon à large ouverture garni de quelques fragments de potasse anhydre. (Fig. 11).

Les moelles rabiques atténuées par dessiccation lente dans de tels flacons, pendant 1 à 6 jours, servent à préparer les émulsions vaccinales.

Il est commode de les conserver par immersion dans des pots-bans à moitié remplis de glycérine pure à 30° Baumé stérile (Méthode de Calmette). On peut ainsi disposer de réserves de moelles atténuées, de 1 à 6 jours, et immergées en glycérine, liquide dans lequel la virulence de ces moelles reste fixe pendant environ deux semaines. On en prélève chaque jour, suivant les besoins, des fragments qui, après avoir été essorés sur papier buvard stérile, sont broyés, émulsionnés dans l’eau physiologique stérile, à raison de 2 millimètres de moelle par centimètre cube, et utilisés pour la vaccination des sujets mordus.

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