Technique mise au point par Lecroux à l’Institut Pasteur
VIRUS INVISIBLES ET VIRUS FILTRANTS 443 c) Des séro-agglutinations ; d) Une inoculation dans le péritoine de 2 cobayes ;
e) Examiner aussi, tous les deux jours, le liquide céphalorachidien après ponciion lombaire.
a) L’hémoculture décèle les infections typhoïdique et mélitensique.
b) Si l'examen microscopique, à l'état frais, entre lame etlamelle, ne décèle pas le spirille d'Obermeier, ou après étalement et coloration, l’hématozoaire de Laveran, on devra dénombrer et diagnostiquer les leucocytes. D’après les indications de Ch. Nicolle, puis de Jonesco Mihaesti, Vhyperleucocytose oscille entre 13.000 et 20.000 leucocytes par millimètre cube. La polynucléose est abondante, le protoplasme des globules blanc et leur noyau sont altérés ; on compte 5 à 6°}, d'éosinophiles ; vers la fin de la maladie, 10° à 15° jour, apparition des mononucléaires et disparition des éosinophiles.
c) Les séro-agglutinations se recherchent avec les bacilles : typhique, paratyphique À etB pouréliminer le diagnostic de dothiénentérie.
La séro-agglutination, dans les cas suspects de typhus exanthématique, se pratique avecdifférentes bactéries isolées de l'intestin des typhiques. Plusieurs souches ont été proposées ; celle qui, aujourd’hui, est le plus couramment employée, est la culture de B. proteus À 19, de Weil-Félix ; des cultures de ce bacille ont été isolées en Europe centrale, méridionale, en Orient et chacune semble être plus agglutinable parles sérums des malades de sa région d’origine.
La séro-réaction de Weil-Félix n’est pas spécifique. Elle possède néanmoins une valeur indicative lorsqu'elle est bien observée :
Elle doit être recherchée à un taux élevé, à partir du 1/100. Le sérum de malades atteints de fièvre typhoïde peut agglutiner le B. proteus X 19, d’après Weil et Félix eux-mêmes, entre 1/25 et 1/40 dans 10 p. 100 des cas.
Au cours du T. E., les agglutinines pour le B. proteus X 19 apparaissent entre le #° et le 8° jour; elles atteignent leur
maximum vers le 11° jour, puis diminuent très rapidement après le 20° ; leur présence, dans le sérum des convalescents, persiste jusqu’à la fin du 2° mois après la guérison.
Technique. — Observer les agglutinations macroscopiques totales à la température du laboratoire (10 à 15°)en notant les taux positifs pendant les deux premières heures, puis entre la 5° et 8° heure ; une agglutination totale s'opère rarement après ces délais. Faire la réaction dans de petits tubes de verre de 6à 8 millimètres de diamètre. L’agglutination est obtenue en petits grumeaux qu'il ya intérêt à examiner à la loupe pour les taux limites.
Comme pour toute agglutination, la valeur de la réaction dépend :
1° De la densité microbienne de l'émulsion :
L'émulsion bactérienne à la densité voulue s'obtient en délayant, dans 5 centimètres cubes d’eau physiologique, une anse de platine (2 mm. de diamètre) d’une culture de 16 à
18 heures à 379, sur gélose. La culture de B. proteus X 19 datant de plusieurs jours est peu agglutinable, et une émulsion préparée trop à l'avance ne peut plus être agglutinée.
29 De la dilution du sérum dans l’émulsion :
Le taux d’agglutination positive variant suivant les périodes de la maladie, commencer les dilutions par 1/100 et rechercher le taux limite maximum entre le 1/500 et le 1/10.000 vers le 11° jour.
3° Du temps dans lequel la réaction s'opère :
L'agglutination rapide en 15 à 30 minutes à une dilution du sérum au 1/100 ou au 1/200 possède une grande valeur ; l'agglutination presque immédiate d’une dilution très faible, 1/5, 1/10 ne peut servir que d'indication dans la recherche ultérieure d’une réaction plus marquée.
4 Dela température à laquelle l'agglutination se produit.
Le phénomène est accéléré à la température de l'étuve, 37° ;il doit être, dans ce cas, terminé en moins d’une heure.
d) 1° L'inoculation aux cobayes (2 cc. 5 de sang dans le péritoine de chaque animal) du sang d’un malade atteint de typhus exanthématique au début dela période fébrile, donne une maladie expérimentale ; la température de l'animal, prise matin etsoir, marque une élévation de 6 à
10 jours de durée : 7 à 10 joursaprès l’inoculation(température normale 39°, 395); épreuve vraiment spécifique, mais dont la réponse ne peut être donnée avant 12 jours et qui demande parfois le contrôle de passages en série aux animaux.
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Fig. 12. — Courbe de cobaye infecté (Ch. Nicolle).
2° S'il est possible de prélever des poux ayant piqué le malade pendant les premiers jours de sa maladie, on peut conserver les parasites 8 à 10 jours (les nourrir sur des souris nouveau-nées ou mieux un singe), et, à ce moment, inoculer le broyage de ces poux sous la peau d’un cobaye ou d’un singe. Le résultat positif se traduit, comme dans l’inoculation intrapéritonéale, par une élévation thermique du même type. Pour être certain de la température des animaux, enfoncer le thermomètre de 8 centimètres environ.
E. — Ponction lombaire : d’après Devaux, Paulian et Tupa, la réaction cellulaire du liquide céphalo-rachidien serait précoce ; ces auteurs recommandent de pratiquer la ponction tous les 2 jours, afin de suivre le pourcentage et les variations qualitatives des leucocytes.
Prendre 5 centimètres cubes de liquide, centrifuger 5 minutes à 7.000 tours, faire un étalement uniforme sur lame du culot de centrifugation, colorer ; oculaire comp. 6, objectif à imm. 1/12, on voit :
Dans les formes légères de typhus exanthématique, 5 à 6 leucocytes par champ;
Dans les formes moyennes de typhus exanthématique, 15 à 20 leucocytes par champ ;
Dans les formes graves de typhus exanthématique, 60 à 80 leucocytes par champ.
Au début de la période fébrile, prédominance des leucocytes polynucléaires à protoplasme vacuolaire etkaryorhexie ; après quelques jours, apparition des mononucléaires dont la moitié est formée de cellules de Türk avec dégénérescence karyorhexique, puis 2 à 3 jours avant la chute de la température, apparition des lymphocytes.
Dans les cas de typhus exanthématique à éruptions purpuriques avec forte injection des conjonctives, ou dans les formes très délirantes, la ponction lombaire donne issue à un liquide coloré en jaune. Cette xanthochromie peut être légère et, pour bien la voir, il est nécessaire d'examiner le liquide dès qu’il a été retiré, et surtout dans un tube étroit, en regardant en hauteur l'axe du cylindre ; si la xanthochromie est intense, la couleur se voit, même sous faible épaisseur.