C. — Anesthésie
Toutes les fois qu'une inoculation ou une opération peut entrainer de la douleur, on doit recourir à l’anesthésie.
L'emploi du chloroforme est souvent dangereux chez les animaux, particulièrement chez le lapin et chez le chien. Il faut donc éviter de s’en servir, sauf pour le cobaye et le chat qui le supportent assez bien.
On l’utilisera sous forme d’eau chloroformée pour l'insensibilisation des petits animaux à sang froid (vers, mollusques, grenouilles, etc.).
Les vapeurs dégagées par une petite quantité de chloroforme ou d’éther sous une cloche conviennent très bien pour insensibiliser les souris, les rats, les tortues, les lézards et les reptiles.
On peut aussi insensibiliser les reptiles, particulièrement les serpents venimeux, en leur pulvérisant de l'éther sur le crâne au niveau des hémisphères cérébraux.
On endort le cobaye (préalablement fixé sur l’appareil à contention) en lui faisant inhaler des vapeurs de chloroforme ou d’éther dégagées d’un petit tampon d ouate placé au fond d'un cornet de papier dont on coiffe la tête de l’animal. L’extrémité du cornet doit être ouverte, de telle sorte
que l’air extérieur vienne aisément se mêler aux vapeurs de chloroforme.
Si l’on doit opérer sur le chat, il est plus commode de le placer d’abord sous une cloche à tubulure dans laquelle on introduit un tampon d’ouate hydrophile imprégné de chloroforme. Mais pour cet animal, comme pour le lapin, il est plus recommandable de se servir de chloralose qu'on administre par ingeslion mélangé à un peu de lait par exemple, à la dose de 0 gr. 10 à 0 gr. 15, une demi-heure avant l’opé-
ration.
Chez le cobaye, le lapin et le singe de petite taillé, on peut faire ingérer le chloralose à la sonde œsophagienne, — toujours une demi-heure d'avance, — à la dose de 0 gr. 15 pour le premier, de 0 gr. 50 à 0 gr. 40 pour les autres.
Le chloralose peut encore être injecté par voie intraveineuse chez le lapin dans la veine marginale de l'oreille, chez le singe et chez le chien dans la saphène externe, à la dose de 0 gr. 15 par kilogramme d'animal. Cette substance doit alors être dissoute dans de l’eau salée physiologique (à 7 gr. 5 de NaCI par litre). Sa solubilité est faible, — de 7 gr. 5 seulement par litre, — de sorte que la quantité à injecter est toujours assez considérable : 20 centimètres cubes de solution par kilogramme d'animal. C’est le seul inconvénient de cette méthode.
Lorsqu'il s'agit d'effectuer une laparotomie chezle cobaye, le lapin ou le singe, il vaut mieux recourir à l'injection intrapérilonéale d’un mélange d’hydrate de chloral et de morphine
Hydrate de chloral. . . RS D de 10 gr. 0 Chlorhydrate de morphine. RTE 0 gr. 05 Eau distiliée/ SVP R RS en LI00 cc:
(Stérilisation inutile à cause du pouvoir antiseptique du chloral.)
On en injecte 2 centimètres cubes au plus par kilogramme d'animal chez le cobaye ou chez le lapin, — généralement 1 centimètre cube est une dose suffisante ; — 3 à 4 centimètres cubes (suivant la taille) par kilogramme chez le chien.
La même solution, injectée dans le muscle pectoral chez les oiseaux, peut parfaitement être employée.
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L'anesthésie obtenue par ce procédé est tout à fait inoffensive et complète. Elle est seulement un peu lente à s’établir :-10 à 20 minutes. Mais elle persiste assez longtemps et permet de pratiquer très commodément les opérations les plus délicates sur les organes de l’abdomen. On évite les accidents d’asphyxie, qui viendraient à se produire, au moyen de la respiration artificielle et des inhalations d’oxygène.
Chez le cheval, on emploie les inhalations de chloroforme (l'animal couché par terre, sur le côté et solidement entravé), mais on doit, 3 ou 4 heures avant l’anesthésie, administrer à l'animal 0 gr. 50 de chlorhydrate de morphine en injection sous-cutanée.
Nota. — Les animaux à sang chaud qui ont été anesthésiés par l’éther ou par le chloralose doivent toujours être maintenus dans un endroit chaud et sec, — au voisinage d’une étuve par exemple, — pendant quelques heures après l'opération, car leur température est constamment abaïissée et il faut en favoriser le relèvement progressif. Sans cette précaution il arrive souvent qu'ils succombent à des accidents pneumoniques.
D. — Différents modes d'infection expérimentale.
Lorsqu'on étudie expérimentalement la virulence d’une culture microbienne, il est souvent nécessaire de préciser le poids de nor des employés.
Pour peser des microbes on prélève, avec une anse ou une spatule stérilisée, une petite quantité de culture qu’on porte à la balance de précision, sur un petit carré de papier à filtrer stérile, préalablement taré dans un verre de montre. On en prend ainsi 10 milligrammes par exemple.
Ces microbes, essorés surle papier-filtre, sont alors déposés dans un verre conique stérile où on les émulsionne soigneusement avec de l’eau physiologique stérile ajoutée d’abord goutte à goutte à la pipette effilée. On évite avec soin de faire des grumeaux.
On doit tabler, pour les calculs de dilution, sur le nombre moyen de microbes contenus dans 1 milligramme de cul-
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ture. Avec le bacille tuberculeux (sur bouillon glycériné ou pomme de terre glycérinée) ce nombre moyen est de 40 millions par milligramme. Donc 0 mgr. 000.000.1 de culture — 4 bacilles et chaque bacille pèse environ 25 centmillionièmes de milligramme.
L'infection expérimentale des petits animaux généralement utilisés dans les laboratoires, en particulier le cobaye et le lapin, est le plus souvent réalisée par simple inoculation sous-cutanée en plongeant l'aiguille à injection, sur la moitié de sa longueur environ, dans le tissu cellulaire, à la base d’un pli fait à la peau entre deux doigts, ou entre les mors d’une pince.
Il est toujours nécessaire de couper les poils aussi ras que possible et d’aseptiser la peau, soit par lavage à l'alcool, soit par badigeonnage à la teinture d’iode (effectué quelques minutes avant Finjection).
Les autres voies d’rnfection le plus commodément utilisées sont
a) Vote intrapéritonéale.
Ne doit être employée que pour les émulsions d'organes frais ou pour les cultures pures. Il ne faut jamais en faire usage pour éprouver la virulence de crachats, de matières fécales, d’urines, de pus ou de produits de broyage d'organes provenant de cadavres putréfiés, car il en résulterait une péritonite mortelle, due aux microbes de putréfaction.
b) Voie intravasculaire.
Très facile dans la veine marginale de l'oreille chez le lapin. Chez le cobaye, il faut pratiquer l'injection dans Ja veine jugulaire qu'on doit mettre à nu par une incision et une dissection préalables. Aussitôt après, on pratique l'hémostase, soit au moyen d’une ligature, soit à l’aide d'une petite pince qu'on laisse en place pendant quelques minutes avant de refermer la plaie avec 2 ou 3 agrafes de Michel (Fig. 3 et 4).
L'infection du rat et celle de la souris par voie sanguine peuvent être aisément réalisées grâce à l'existence, chez ces petits rongeurs, de deux veines superficielles et facilement accessibles, qui sont visibles latéralement à la base de la queue. Il faut faire usage de très fines aiguilles analogues
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