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FABRE D’OLIVET (Antoine). — Antoine Fabre, qui prit plus tard le nom complémentaire de d’OuvET,nom de famille de sa mère, naquil à Ganges, Hérault, le 8 décembre 1768, et mourut à Paris le 25 Mars 1825. Il était cousin éloigné du célèbre Protestant Jean Fabre, « Y Honnête criminel . » Son père était un riche fabricant de Ganges. Dans sa jeunesse, il •étudia un moment la Médecine, mais
s’adonna surtout aux lettres et au théâtre : il composa, en vers, un « 14 Juillet » pièce qui eut un certain succès. La Révolution ruina à peu près son père, et Fabre d’OuvET collabora quelque temps à des périodiques. Il obtint une place dans les bureaux de la Guerre puis épousa, en 1806, Mlle A.WARiN,née près d'Agen.
Une dizaine d’années plus tard, il eut à subir une sorte de persécution, pour avoir, n’étant pas médecin, guéri un jeune sourd-muet de naissance, Rodolphe Grivel. C'est vers cette époque que notre auteur, tantôt est bonapartiste, en apparence, tout au moins, et tantôt cesse complètement de l’être et le fait voir.
A sa mort il laissa une veuve et trois enfants, deux fdles et un fils, dans une situation de fortune peu prospère.
La famille de sa mère, les d’CXivET de Sauves, avait été presque totalement anéantie par les persécutions religieuses contre les Protestants, à la fin du règne de Louis XIV. Sa mère, Suzanne d’OLivET, restait seule de son nom.
Fabre d'Olivet avait tenté de reconstituer la Religion de Pythagore, et avait voulu, pour ce faire, s’aider de la Voyance de sa femme, excellent Médium, dit-on. Malheureusement Mme Fabre d'OLivET était fervente Catholique, et, blessée dans ses sentimentsjreligieux, abandonna son mari.
Après cette infortune ou vers ce temps, Fabre d’Olivet fit la connaissance de Mme Faure, née Virginie Didier, qui appartenait à une famille de Pamiers. Cette dame qui était son élève de musique alors que Fabre d’Olivet donnait des leçons de cet art pour vivre, se passionna des Théories Pythagoriciennes de son Maître et devint son Disciple.
« Fabre d’Olivet est mort au pied » de son autel, devant les statues de » ses Dieux », nous dit M. Fabre des Essarts, à qui nous empruntons ces
détails peu connus ; « est-ce bien, » comme Pierre Leroux l’a raconté, et » comme d’autres l'ont redit après » lui, une attaque d’apoplexie qui a » mis fin à son existence f7... ce poi- » gnard, ce cœur troué, ce vieillard » étendu au fond d’un ténébreux » sanctuaire, toutes ces lugubres cho- » ses, que nous ayons vues en quel- » que endroit, — nous ne saurions » dire où, — n’est-ce rien qu’une vi- » sion ? ».
(Fabre des Essarts, Les Hiérophantes , 1-2 5 2 et 253).
Fabre d’Olivet a laissé d’admirables ouvrages — bien que peu appréciés par Larousse. — Les quelques mots d'un préface de Louis Ménard, que nous citons en décrivant scs « Poèmes et Rêveries d’un Païen Mistiqe »
élucideront cette attitude près des lecteurs avertis. Pour les autres, il n'y a nul inconvénient à ce q"'ils adoptent le jugement de Larousse :
c’est, sans aucun doute, celui de la Majorité.
3774 FABRE d'OLIVET. — Caïn, mystère dramatique en trois actes de Lord Byron, trad. en vers français, et réfuté dans une suite de remarques philosophiques et critiques ; précédé d’une lettre adressée à Lord Byron sur les motifs et le but de cet ouvrage.
Paris , Servie/', 1823, in-8° de 230
[Yk. 2 1 89
Autre édition :
Paris , 1892, in-40. [Extrait du Voile d’isisj.
L’un des ouvrages les plus rares de Fabre d’Olivet et, à coup sûr, le moins connu de tous. — On y trouve l'éclaircissement de quelques points demeurés obscurs dans la langue hébraïque restituée, touchant la Cosmogonie de Moïse, et nommément le problème terrible de l’origine du mal. (St.de G.)
La lettre à Lord Byron et la préface sont deux pièces du plus haut intérêt au point de vue cabalistique et au point de
vue poétique : Fabre d'Olivet y montre l’avantage qu’aurait la poésie française à secouer le joug de la rime.
3775 FABRE D’OLIVET. — Constitution intellectuelle, métaphysique,- del'homme.
Paris , 13 p. in-40 autographiées.
(Fxtr. de l'Hist. phil. du genre humain).
Un éditeur le sieur Brière pour donner en 1824 à cet ouvrage un faux air de nouveauté lui fit une nouvelle couverture avec un nouveau tit-.e « Histoire philosophique du genre humain ou l'homme considéré sous ses rapports religieux et politiques dans l’Etat Social à toutes tes époques et cheg les différons peuples de la terre. •», et y ajouta une planche.
L’œuvre admit able de Fabre d'OuvKT <H)e l’état social de l'homme ou vues philosophiques sur l'histoire du genre humain, etc... » reprise et continuée jusqu’à nosjours par Saint-Yves, se dresse comme un monument impérissable au milieu des productions de l’esprit humain. Dans une dissertation introductive de 64 pp. l’auteur expose la constitution métaphysique de l’homme, basée entièrement sur la grande loi du Ternaire, qui se retrouve partout dans l’Univers ; puis il définit les 3 grandes puissances qui régissent cet Univers « La Volonté humaine, le Destin et la Providence », c’est sur ces grands principes qu’il va baser toute son œuvre. Voici d’ailleurs un extrait de la. table des matières qui en fera mieux ressortir l’intérêt qu’une analyse forcément restreinte : Les quatre races apparues tour à tour sur le globe. — Les quinze révolutions successives dans l’état actuel. — Apparition chez les Celtes, de Ram, Envoyé divin ; il établit sur la terre l’empire universel appelé Synarchie. — Origine des Celtes. — Origines du Zodia-
3770 FABRE D'OLIVET. — Do l’état social do l'hpmmc ou vues philosophiques sur l'histoire du genre humain précédées d’une dissertation introductive sur les motifs et l'objet de cet ouvrage.
Paris , Brière , 1822, 2 vol. in-8°
(30 fr.).
que. — Influence de la musique comme science universelle. — Schisme d’Irshou.
— Origine des Phéniciens. — Etablissement cfes Mystères. — Apparition du Conquérant politique : Ninus. — Krishnen. — Origine de la Magie chez les Chaldéens et de la Théurgié en Egypte.
— Mission d’Orphée, de Moïse et de Fo- Hi. — Fondation de Troie. — Pythagore. — La doctrine secrète. — Lutte contre l’Asie et l’Europe. — Mission d’Odin, d’Apollonius de Tyane et de Jésus. — Mission de Mahomet. — La Féodalité. — La Chevalerie. — Histoire des principales nations de l’Europe. — Les Jésuites, leur but, etc...
(G- i 362 et 1 363
3777 FABRE D’OLIVET. — Etudes littéraires et philosophiques universelles. Littérature grecque.
Paris , Hachette, 1835, in-8°, (2 fr.
[Yb. 3081
3778 FABRE D’OLIVET. — Un héritage royal, ou le prince Francisque Rakotzi.
Paris, Passard, 1852, 7 vol. in-8°.
(20 fr.).
Rare roman historique, magistralement «écrit.
Autre édition :
Ibid. id.. 1847, 7 vol. in-8°.
3779 FABRE D'OLIVET. — Histoire Philosophique du Genre Humain, ou l’Homme considéré sous ses rapports religieux et politiques dans l'Etat social à toutes les Epoques et chez les différents Peuples de la Terre.
Paris, Prière , (40 fr.).
1824, 2 vol. in-8°.
Réimpression :
Paris, Chacornac , 1910, 2 vol.
in-8° portr. pi.
3780 FABRE D’OLIVET. — La langue hébraïque restituée et le véritable sens des mots hébreux rétabli et prouvé par leur analyse radicale :
Ouvrage dans lequel on trouve réunis : i° une Dissertation introductive sur l’origine de la Parole, l’étude des langues qui peuvent y conduire et le but que l’auteur s’est proposé ; 20 une Grammaire Hébraïque, fondée sur de nouveaux principes et rendue utile à l’usage des langues en général ; 30 Une série de Racines Hébraïques... 40 un Discours préliminaire ; 50 une trad. en français des dix premiers chap. du Sépher, contenant la Cosmogonie de Moyse. — Cette traduction... est précédée d’une version littérale en français et en anglais, faite sur le texte hébreu présenté en original avec une transcription en caractères modernes et accompagnée de notes grammaticales et critiques, ou l’interprétation donnée à chaque mot est prouvée par son analyse radicale et sa confrontation avec le mot analogue Samaritain, Chaldaïque, Syriaque, Arabe ou Grec, par Fabre d’Olivet.
Paris, Barrais , Eberhart, l'auteur , 1815-10. (Edit. originale), 2 vol.in-40 de XLVI11- 1 98-1 38 p. et 350 p. (Oo fr.).
Réimpression :
Paris, Chacornac , 1903, 2 vol.
in-8°.
(G-298, 616 et 1 364
Avec une Planche hors texte : « Constitution Métaphysique de l'Homme ».
C’est le même livre que « L’Etat Social de l'Homme » (voir plus haut), avec un titre cartonné et une planche ajoutée, sans doute pour mieux déguiser son identité.
De jour en jour plus rare et plus recherché, cet ouvrage est pour ainsi dire le livre classique par excellence de tous ceux s’occupant de sciences occultes.