‹ Manuel BibliqueChapitre 102 sur 126 · HT · texte numérisé non relu

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$ IT. — LE SAUVEUR DEVANT LE GRAND-PRÊTRE. Matth., xxvi, 57-78. (Nuit du jeudi au vendredi.)

Attestation du Sauveur. — Soufflet du soldat, — Reniement de S. Pierre, — Sanhédrin.

396. — Comment s'expliquent l'adjuration du grand-prêtre, la réponse du Sauveur et l'effet qu'il produit ?

1° Le grand-prêtre adjure le Sauveur au nom du Dieu vivant, pour le mettre dans l'obligation de répondre, et il pose nettement la question de sa divinité, afin de pouvoir taxer sa réponse de blasphème et de lui infliger le châtiment porté contre les blasphémateurs ‘. Evidemment, le titre de Fils de Dieu n’est pas dans l’esprit de Caïphe un simple synonyme de Christ ou de Messie. Si ces deux titres sont rapprochés dans S. Matthieu. ils sont séparés dans S. Luc, et donnent lieu à deux questions ?.

20 Le Sauveur voit le péril; mais, sans hésiter, il fait au grand-prêtre la réponse la plus nette, la plus énergique et la plus solennelle. On lui demande s’il prétend réellement être le Fils de Dieu, o Yios tou Oecv, comme il l’a dit au peuple *. Il déclare, non seulement qu’il l’est, mais qu’il ne tardera pas à se montrer tel, et que ceux qui l’accusent seront euxmêmes forcés de reconnaître la vérité de ses paroles : Amodo videbitis *.… C’est bien ce qui eut lieu en effet. Dès son Ascension, Notre Seigneur commence à faire éclater sa divinité. [Il se montre supérieur au monde et plus puissant que tous les empires ÿ. En fondant son Eglise, il établit son trône au milieu de ses ennemis ‘. Rien ne résiste à l’esprit qui anime ses Apôtres *. Bientôt, la synagogue et lidolâtrie cédant la place au christianisme, la ruine de Jérusalem et celle de Rome seront pour tout l'univers la figure et le gage

1 Levit., xxiv, 16. Cf. S. Th., 22-2æe; q. 90, a. 1, ad 1. — ? Luc., xx1r, 66, 10. Dans S. Jean, xix, 3, 7, le titre de Fils de Dieu est également distingué de celui de Roi des Juifs; ct la seule raison que donnent les Juifs pour justifier le crucifiement du Sauveur, c'est qu'il se faisait Dieu. Cohen. Les Déicides. — 3 Joan., x, 33. — * Matth., xxvi, 64. Cf. Matth., x, 22: xvi, 27, 28; I Pet., 1, 5-1. — 5 Joan., xvr, 33. — 6 Ps. c1x, 2. — 1 Joan., xvi, 8; Ï Joan., 1v, 4.

de la fin des temps, où éclatera aux regards de toute créature ce règne éternellement glorieux qu’il a promis de partager avec ceux qui croient en lui’.

30 Caïphe, entendant le Sauveur se dire hautement le Fils de Dieu, le Maître du monde et le Juge suprême du genre humain, semble hors d’état de se contenir : il déchire ses vêtements, en signe d'horreur et d’exécration *. Comme la populace, après une déclaration semblable #, tous les membres de l’assemblée s’écrient que le Sauveur à blasphémé, qu’il est digne de mort et qu’on ne doit pas différer de le livrer au supplice *. Mais l'acte que la passion fait faire au grand-prêtre, contrairement à la loi*, présente à son insu, dit S. Léon, une signification prophétique, aussi bien que les paroles qu’il a prononcées quelques jours auparavant$. En déchirant ses vêtements pontificaux, Caïphe proclame son indignité et sa déchéance du souverain sacerdoce 7.

391. — Pourquoi le Sauveur n’a-t-il pas présenté l’autre joue au

soldat qui le souffletait ?

Si Notre Seigneur n'a pas suivi à la lettre sa maxime, qu'il faut présenter l’autre joue à celui qui soufflette *, c’est qu'il a voulu en faire comprendre le sens véritable, et nous montrer de quelle manière il convient de l’observer. Sa pensée est qu’il faut tout souffrir, jusqu’à se livrer à la mort, plutôt que dagir par passion, de s’abandonner à la vengeance. Cest bien ce qu'il à fait. Du reste, en se laissant battre de verges, couronner d’épines et attacher à une croix, sans un acte d’emportement, sans une parole de faiblesse, Jésus-Christ n’a-t-il pas montré plus de courage, plus de

1 Cf. Dan., vu, 13,14; Apoc., 1, 1, S. Aug., Epist. axarx, 41. S. Thom., In 1v Sent., dist. 48, a. 4, q. 4. Supra, n. 241. — 728$. Aug., Quæsl. evang., AT, xxxvur. Cf. II Reg., 11, 31; Is., xxx vI, 1: — 3 Joan., x, 33. — # Nonne ita descripsit nefarium illud concilium auctor Sapientiæ, 1, ut plane interfuisse videatur? Atqui a Salomone usque ad id tempus quo res gesta est, mille et decem anni fuerunt. Lactant., de Mort. pers. — 5 Lev., XXI, 10. — 6 Joan., x1, 50. — 7 Nesciens quid hac significaret insania, sacerdotali se privavit honore, S. Leo, Serm. zvir, 2, de Pass. Dom. — 8 Matth., v, 39.

patience, plus de charité pour ses ennemis qu’en offrant simplement sa joue à la main du soldat‘?

* 398. — Comment s’accomplit la prédiction de Notre Seigneur, que saint Pierre le renierait trois fois?

Notre Seigneur avait prédit sa chute à S. Pierre lui-même. [1 la lui avait prédite à trois reprises, deux fois au Cénacle?, et une autre fois en allant au jardin des Olives #. I lui avait dit même qu’il le renierait trois fois, et autant de fois. Pierre avait protesté de son dévouement et de sa fermeté *.

Malgré ses protestations, S. Pierre renie en effet son Maître ; il le renie à trois reprises ou en trois circonstances différentes, cette nuit-là même, avant le dernier chant du coq *, comme Jésus l’avait prédit. — Le premier reniement eut lieu.à l’entrée du palais de Caïphe, à la voix d’une servante, selon le récit des quatre Evangélistes ‘; — le second, devant une autre servante, au témoignage de $. Matthieu ? et de S. Marc #; devant un autre serviteur indéterminé, alius, selon S. Luc°; devant plusieurs autres, selon S. Jean ‘, soit que tous l’aient interrogé simultanément ou successivement ou qu’un seul ait parlé pour tous; — le troisième, à la voix de ceux qui se trouvaient là, selon $. Matthieu !! el S. Marc ?, d’un autre en général, selon S. Luc ‘’, d’un serviteur du pontife, parent de Malchus, selon S. Jean ". — A la seconde fois et surtout à la troisième, où il se voit en face de ce parent de Malchus, Pierre, surpris et déconcerté,

ajoute au mensonge le serment et l’exécration ”.

1 Non solum alteram maxillam iterum percussuro, sed totum corpus figendum præparavit in ligno. S. Aug., In Joan., cxut, 4. Paratus venerat, non solum in faciem percuti, verum etiam pro his quoque crucifixus occidi, pro quibus in cruce pendens : Pater, ignosce illis, quia nesciunt quid faciunt. Epist. axxxvur, 13. Cf Ts, 1, 6; Matth., xxvi, 67, 68; Joan., x1x, 3. — 2 Joan., xin, 98 et Luc., xx11, 34.— 3 Matth., xxvi, 34. — # Joan., x, 31; Luc., xx1, 33; Matth, xxvi, 33. — 5 Cf. Marc., xt, 35. — 6 Matth., xxvi, 69, 70; Marc , xX1v, 66-68 ; Luc., xxu, 56, 51; Joan., xvin, 41, 48. — 7 Matth., xxvi, 11, 12. — 8 Marc., XIV, 69, 70, — 9 Luc., xx11, 58, 59. — 10 Joan., xviit, 25. — 11 Matth., XXVI, 13, 14, — 12 Marc., x1v, 70, 11. — 15 Luc., xxxr, 59, 60. — 1# Joan., XVI, 26, 21. — 15 Matth., xxvi, 12, 14; Marc., xiv, 11.

Ces trois reniements eurent lieu dans la cour de Caïphe, in atrio*, et cependant dehors, foris ?, c’est-à-dire hors de la salle où Notre Seigneur se trouvait avec le grand-prêtre. Le premier arriva, tandis que le Sauveur comparaissait devant Anne, le second, au moment où $. Pierre cherchait à sortir pour se soustraire à l’attention des gens du pontife*, le troisième, une heure après, environ *.

* 399. — Saint Pierre n'a-t-il pas commis une grande faute en cette occasion ?

La faute de S. Pierre a été d'autant plus grave qu’il avait été comblé de plus de grâces et que le Sauveur Pavait expressément averti du péril qu’il allait courir. Peccavit mortaliter, et sine dubio, dit S. Thomas‘. Cependant :l ne faut pas exagérer sa culpabilité, comme font les hérétiques, qui voient là un péché de malice, une hérésie, une apostasie, et qui comptent sept reniements au lieu de trois’. C’est un péché de faiblesse, qui aurait pu devenir un grand scandale, mais dont $. Pierre eut le bonheur de se repentir presque sans délai. Cæpit flere, dit l'Evangile $. Nunquam destitit, ajoute un saint Docteur. Cette chute lui apprit et elle doit nous apprendre à nous-mêmes à quel point nous sommes faibles et quel besoin nous avons de la divine grâce*. Le pardon qu’il obtint nous fait voir aussi quelle est la miséricorde de Dieu, avec quelle promptitude il oublie les écarts de ses disciples, de ses ministres même, lorsqu'ils ne

1 Marc., x1v, 66. — 2? Matth., xxvi, 69. — 3 Joan., xvirr, 13, 17. —# Matth., xxvi, T1. — 5 Luc., xx, 59. — 6 S. Thom., 18%, q. 24, a. 12, ad 2. Scio quosdam dixisse Petrum non Deum negasse, sed hominem ; et esse sensum : Nescio hominem quia scio Deum. Hoc quam frivolum sit prudens lector intelligit. Si enim iste non negavit, ergo mentitus est Dominus qui dixerat : ter me negabis. S. Hier., ]n Matlh., XXVI, 15. — 7 Non sit delectatio minorum lapsus majorum, sed sit casus majorum tremor minorum. S. Aug., In Psalm. 1, 3. —8 Marc., x1v, 72. — 9 Ps. xxix, 1-9; Phil., 11, 10 ; Heb., v, 2, 3. Ob hoc hæsitare permissus ut in Ecclesiæ principe remedium pœnitentiæ conderetur, et nemo auderet de sua virtute confidere, quando mutabilitatis periculum neque Petrus potuisset evadere. S. Leo., Serm. 1x, 4. Cf. S. Aug., In Joan., LxvI, 2.

N0 401] SA vViE SOUFFRANTE. — SES TOURMENTS. 561

pèchent que par faiblesse et qu’ils reviennent à lui avec promptitude et humilité *.

* 400. — Comment le Sauveur, retenu dans la salle du conseil, put-il jeter un regard sur saint Pierre, tandis que cet apôtre était dans la cour du grand-prètre, près de la porte 2?

S. Augustin dit que le Sauveur regarda l’âme de son apôtre d'un regard de miséricorde *. Rien n’est plus certain. Quos Jesus respicit, plorant delicta, observe S. Ambroise*, en se plaçant au même point de vue. Mais quand l'Evangéliste dit que Jésus, se retournant, jeta les yeux sur Pierre, otpagets eveSkes, il paraît entendre autre chose et parler sans métaphore ÿ. On conçoit aisément que, sans sortir de la salle où était le Pontife, le Sauveur ait jeté sur son apôtre un regard propre à le faire réfléchir. Il suffit que l'entrée n’en fût pas fermée ou qu’il y eût une autre ouverture sur la cour. Il a aussi pu passer près de lui, en se rendant des appartements d’Anne dans ceux de Caïphe ‘.

401. — N'y eut-il pas le vendredi matin, une seconde-réunion des princes des prêtres et des sénateurs ?

S. Matthieu, xxvu, 4, et S. Marc, xv, 1, font mention, aussi bien que S. Luc, xxu1, 66, d’une sconde réunion du grand conseil, le vendredi, de bonne heure : Mane facto, ut factus est dies. La première n’avait sans doute pas été légale, soit parce que tous ceux qui faisaient partie de l'assemblée n’avaient pas été convoqués, soit parce qu’elle s’était tenue d’une manière irrégulière, pendant la nuit, ou hors du lieu désigné pour les séances. Cette seconde assemblée, faite suivant les formes requises et à laquelle tous se rendirent, paraît avoir peu duré. On se borna à poser de nouveau au Sauveur la question qui lui avait été faite durant la nuit :

1 Ut is qui futurus crat Pastor Ecclesiæ, in sua culpa disceret qualiter aliis misereri deberet. S. Greg. Magn., [Hom. xx1, 4, in Evang., Cf. S. Theophil., À. S., 4 fév. — ? Luc., xxir, 61. — 3 S. Aug. De grat. Christ, 49. — #S. Amb., In Luc., n. 89. Item In hymno Domin. ad Laudes. Cf. Ps. xx1v, 16. — 5 Cf. Luc., xxir, 16; Num., xx, 9. — 6 Joan., xvIuI, 24.

562 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [N° 402 s’il prétendait être le Messie et le Fils de Dieu‘. Comme il ne changea rien à sa réponse, on conclut qu’il se convainquait lui-même du crime dont on l’accusait; puis on se concerta sur la marche à suivre pour faire ratifier la sentence de mort par le gouverneur romain ?. C'était le point essentiel et la difficulté : ils ne reculèrent pas devant l’entreprise.

$ IV. — Mort De Jupas. Matth., xxvir, 3-10.

(Vendredi matin.)

* 402. — Quelle est la passion qui a perdu Judas, et dans quel abîme s'est-il précipité ?

4° La passion qui a perdu Judas, c’est l’avarice, la cupidité : Loculos habens, ea quæ mittebantur portabat *. On était loin de prévoir, sans doute, une pareille chute. En le chargeant de garder les dons faits pour l'entretien des Apôtres, et de pourvoir aux besoins de ses frères, Notre Seigneur lui avait donné un témoignage d'affection et de confiance. Judas en abusa pour faire des épargnes à son profit : Fur erat, xhkërrns *. Bien des fois le Sauveur le reprit de son infidélité : il l’avertit même expressément du crime qu’il méditait contre sa personne. Rien ne put l'empêcher de consommer sa perte’. Voyant les Pharisiens près de prévaloir, il finit par perdre la foi, et prit le parti de livrer son Maitre aux Princes des prêtres pour quelques pièces d'argent, trente sicles, une centaine de francs environ *.

2° Son châtiment ne se fit pas attendre. Fiant dies ejus pauci, el episcopatum ejus accipiat alter”, avait dit le Psal-

PLUG, xvIr, 66, AO NRA, xXVIr, Le NJOSeph., AMEN SUITE 1,2. — 3 Eéaoratev, Joan., xx, 6. Auferebal furlo, plutôt que portabat. Cf. Matth., vi, 16; Joan., xx, 15. — # Joan., x, 6. — 5 Joan., vi, 65, 12; xur, 14; xux, 11, 21; xvur, 25. — 6 Matth., xxvi, 25. — 7 Plerique incuriosi evangelii extimant tunc periisse Judam, Non tune periit : jam fur crat et Dominum perditus sequebatur, quia non corde sed corpore sequebatur. S. Aug., In Joun., 1, 10. — 8 Matth., xxvi, 14, 16. Cf. Ex., xx, 32. Phil., n, 7. Ut quod ex unguenti effusione damnum se fecisse credebat, magistri pretio compensaret. S. Hier., In hunc loc.; A. T., 186, — 9 Ps. avi, 8.

No 403] SA VIE SOUFFRANTE. — $ES TOURMENTS. | 563 miste. Avant même que le Sauveur fût attaché à la croix, le traître, désespéré comme Caïn!, s'était précipité dans l’enfer par la mort la plus ignominieuse ?, et sa mémoire devenait un objet d'horreur pour le monde entier *. Aïnsi la cupidité, dit S. Ambroise, lui ravit à la fois la vie du corps el celle de l’âme*. Exemple effrayant, qui apprend aux ministres de l'Eglise avec quelle délicatesse ils doivent user des biens dont ils ont la dispensation, et à quel péril on s’expose en cherchant à s'enrichir au service du divin Maitre.

* 403. — Comment doit-on entendre cette parole de Notre Seigneur sur Judas : Bonum erat illi, si nalus non fuissel, xxvI, 24?

Cette parole est vraie littéralement, à deux points de vue, au point de vue de la morale et au point de vue de la sensibilité : — 4° Pour un être moral, il voudrait mieux m’avoir pas reçu la vie que d’en abuser à ce point : le néant serait préférable à une existence souillée d’un pareil crime. — 2 Pour un être sensible, il vaudrait mieux être anéanti ou wavoir jamais joui de la vie que d’avoir à subir les châtiments éternels, mérités par cette prévarication. {bi erit fletus et stridor dentium ÿ. Ce n’est pas ici le lieu d’objecter ce principe métaphysique : Que l'être est en soi préférable au néant, ou que rien de ce qui est n’est absolument mauvais. On sait que Dieu peut faire servir au bien les méchants et jusqu'au mal même; mais on sait aussi, et il est incontestable, qu’il a plus de puissance qu’il n’en faut pour faire de la vie un supplice à celui qui l’a reçue Ÿ. Et si sa justice lui interdit d'exercer ce pouvoir pour affliger les justes et les

1 Gen., 1v, 13. — ? Matth., xxvi, 24; xxvIr, 5. Act., 1, 25. — 3 Matth., xxvu, 4: Act., 1, 18, 19. — # Adverte laqueum diaboli esse divitias. Hic laqueus Judam apostolum strangulavit. S. Amb., In Ps. cxvirr; Serm. xiv, 36. Si quis furtum faciens statim oculum perdidisset, omnes dicerent Deum præsentem yvindicasse. Oculum cordis amisit et ei pepercisse putatur Deus! S. Aug., In Ps. Lvir, 18..— 5 Matth., vi, 12: Melius est omnino non esse quam æternos cruciatus perpeti; S. Hier., In Eccles., 1v, 1; quam male esse vel vivere. In Matth., xxvi, 24. CF. Some 2r 8. a 1 ad 3.00 CEMICb., ut, 9, ll; x 18e xx, L43 II Cor., 1, 8.

564 | JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [N° 404 vrais pénitents, ne le sollicite-t-elle pas d’en faire usage pour

châtier les criminels endurcis qui s’obstinent dans le mal et qui meurent dans l'impénitence !?

40%. — Comment se fait-il que S. Matthieu, xxvir, 9, attribue à Jérémie un passage qui ne se lit que dans Zacharie, xr, 42?

On explique de diverses manières comment Jérémie est cité en cet endroit : — 1° Plusieurs pensent qu’il y a ici une faute de copiste; que l’'Evangéliste avait cité simplement le prophète, comme il fait d'ordinaire, et que le nom de Jérémie, placé le premier dans le recueil &es prophètes, aura été ajouté, en transcrivant, ou qu’il sera passé de la marge dans le texte; ou bien encore que le nom de Zacharie, écrit d’abord en abrégé, Z:v ou Zaov, se sera changé en celui de Jérémie, par la simple altération d’une lettre, Izù ou Isccv puis Iproù. Mais cette dernière hypothèse a contre elle ce fait, qu’on ne trouve guère d’abréviations de ce genre que dans les manuscrits en minuscules, c’est-à-dire assez récents. — 2° D’autres font observer que Jérémie a pu écrire un livre que nous n’avons pas, ou que Zacharie a pu reproduire une prophétie faite de vive voix par Jérémie, ou bien encore que les derniers chapitres du livre de Zacharie pourraient avoir Jérémie pour auteur. — 3° D’autres enfin disent que la citation se trouve en partie dans Jérémie, et que S. Matthieu, citant à la fois deux prophètes, a pu ne nommer que le plus célèbre des deux. C’est ce qui a lieu en plusieurs autres endroits ?. Il est vrai pourtant que les paroles de Jérémie et celle de Zacharie, qui seraient

citées ici à la fois, ne paraissent pas se rapporter au même objet 5.

18. Aug., de Calech. rud., xvn, 30; Bossuet, Médit., Cène, xxe jour, etc. — ? Matth., xxr, 4, 13; Marc., 1, 2; Act., 1, 20; Rom., 11, 40-18. — 3 Cf. S. Hicron., Epist. zvur, 1; Ad Pamm.; Maldonat, etc.

$ V.— LE SAUVEUR DEVANT LE GOUVERNEUR; SA CONDAMNATION, Matth., xxvir, 11-31; Joan., xvit, 28-xix, 16.

(Vendredi, de T à 10 heures du matin.)

Hérode et Pilate, — Royauté du Sauveur. — Sa flagellation, — Malice et châtiment de ses ennemis.

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