I. — DÉLIVRANCE DES POSSÉDÉS
192. — Pourrait-on révoquer en doute la réalité des possessions rapportées dans l'Evangile ?
Il serait contraire à la raison comme à l’autorité de nier, soit la possibilité des possessions diaboliques en général, soit la réalité de celles qui sont décrites dans l'Evangile.
I. Qu'il puisse y avoir des possessions de ce genre et qu'il y en ait eu, dans bien des occasions, c’est ce qu’attestent, indépendamment des Evangiles : — 1° La croyance de tous les peuples, des Gentils aussi bien que des Juifs ?. Jamais Ceise ni Porphyre * n’ont nié la réalité de ces faits ; et Julien accorde que’ le Sauveur a pu délivrer des énergumènes, et faire quelques opérations diaboliques *. — 2° Une multitude de faits historiques de toutes les époques ÿ. — 3° Le pouvoir de chasser les démons, dapov:x, exercé en diverses occasions par les Apôtres $. — 4 L'ordre d’exorciste, toujours conféré aux ministres de l'Eglise et toujours exercé quand il y a lieu. — 5° Les faits les plus constants d’hypnotisme et
1 Non frustra fiechbant miracula, et aliquid nobis pro salute æterna figurabant. S. Aug., Serm. oxx1v, 1. Innuunt aliquid : indicare volunt aliquid; intentos nos faciant. In Joan., xv, 6. Factum audivimus, mysterium requiramus, L, 6. Brev. rom., Domin. Quinquag., lect. vin, et 4 ma, lect. vu et 1x; S. Thom., 18 q. 1, a. 10; et 22, q. 118, a. Ÿ, ad 3. Infra, n. 196, 210. Les miracles du Sauveur, souvent nommés Ouvapetc, vürtules, par les Synoptiques (12 fois) et tepata, prodigia, par S. Luc., dans les Actes, sont toujours appelés par S. Jean epya, xaxhx epya, et surtout onuetæ, signa (11 fois). C'est dans le dernier évangile qu'on voit le mieux dans quelle intention ils sont rapportés et dans quel dessein ils ont été opérés. — 2 Cf. Matth., xur, 24; Luc., x, 11; Act., xix, 13. Euseb., Præp. evang. 1v,22; v, 11. — 3 Cf. Lucien, Philopseudes, 16, 11. Jamblic., Segm., 11, c. xxxrr. — # S, Cyrill. Alex., Cont.Julian., vi. Cf. Origen., Cont. Cels., 1, 6, 38, 60; 11, 49; vu, 9. — 5 Tert., Apolog., 23; Euseb., 11, 1v, 1; vrr, 10; S. Athan., Vita S. Anton.;S. Paulin., Natal. VII S. Felic.; Sulp. Sev., Dialog., in; Collet, Vie de Boudon; Dictionn. apolog. el de mysl. chrét., Annales de la Prop. de la foi, nov. 1861, p. 440, etc. — 6 Act., v, 16; xvi, 18. Aoumovtæ Ct daovec sont souvent employés au pluriel; dtx6ohoc ne l’est jamais qu'au singulier.
de magnétisme humain. Il semble établi par une foule d’ex-
périences qu'un homme peut souvent par sa volonté produire
sur d’autres hommes des effets sensibles, leur enlever l’u-
sage de leurs membres, disposer de leurs facultés, les mou- ‘ voir à son gré, etc. Peut-on admettre qu'un homme ait ce
pouvoir, et qu'un ange, qu'un démon ne puisse lavoir ?
IT. D'un autre côté, que les possessions rapportées dans PEvangile y soient données par les auteurs sacrés pour réelles et non pour imaginaires seulement, c’est ce qui résulte avec évidence de la lecture du texte‘, de la distinction des malades et des possédés, faite expressément par les Evangélistes, par S. Luc qui était médecin, aussi bien que par S. Matthieu et S. Marc ?, des paroles fort différentes que Notre Seigneur adresse aux uns et aux autres ?, de la manière dont il s'exprime sur les possessions *, enfin de l'impossibilité où l’on est d'expliquer autrement certains faits décrits dans l'Evangile, par exemple les connaissances extraordinaires que manifestent les possédés Ÿ, la perte des troupeaux de porcs à Gadare, etc. ‘.
* 193, — Y avait-il en Judée, au temps de Notre Seigneur, plus de possédés qu'ailleurs ?
I. Il semble, au moins, qu’il y avait en Judée plus de possessions qu'on n’en voit parmi les chrétiens. Le démon devait faire les derniers efforts pour soutenir son empire; et il est possible que Dieu lui ait donné à dessein une grande liberté à cette époque, soit pour rendre sensible l’état géné-
1 L'Evanoile n’emploie pas, il est vrai, le mot de possédés, mais il use de termes plus énergiques encore pour exprimer l'assujettissement des possédés aux démons : Gosovtlomevot, daumoviaevrec, eyovtes doupLovtov ou rveuua axalaprov. De même des Actes : xaraûvvacrevomevor UTo tou Sux6o)ov, 38. Commentatoris officium est, non quid ipse velit, sed quid sentiat ille quem interpretatur, exponcre, dit S. Jérôme; alioqui, non tam interpres ecrit quam advyersarius ejus quem nititur explanare. Epist, xzvur, 16. — 2 Matth., 1v, 24; x, 8; Marc., 1, 32: Luc., 1v, 40, &ls etc: — 3 Matth., xvir, 115 Marc, x, 25; Luc., 1v, 51; vi, 17, 18; van, 2 x, 32; x1x, 12; Act., xvi, 18. — # Matth., x1r, 25, 43-45; Luc., x, 17, 485 xr, 17. — 5 Marc., 1, 24; v, 1; Luc., 1v, 34, 41; Act., xvr, 16, 17. — 6 Matth., vin, 32.
ral des âmes et le besoin qu’on avait d’un Sauveur, soit pour confondre le matérialisme des Sadducéens, fort répandu dans les classes élevées de la nation juive, soit pour donner plus d’éclat au triomphe de son Fils sur les puissances de l'enfer ‘. Les prodiges de Moïse et la défaite des magi- . “ . oi ciens de Pharaon, qui marquérent la fin de la captivité d'Egypte, furent aussi pour les Israélites le signal de la délivrance.
IT. Les évangélistes ne signalent que sept possédés, délivrés
par Notre Seigneur dans le cours de ses prédications :
1o Le possédé de Capharnaüm, Marc., 1, 23-28.
20 Le possédé aveugle et muet, Matth., x11, 22-30.
30 Les possédés de Gadare, Matth., vin, 28-34.
4° Le possédé muet, Matth., 1x, 32-34.
59 La fille de la Chananéenne, Matth., xv, 21-28.
6° Le lunatique, Matth., xvu, 14-20.
70° La femme courbée, Luc., ximx, 11-13.
Mais on en voit d’autres dans les Actes ? ; et il est certain que le Sauveur en à délivré un plus grand nombre que ceux qui sont désignés par les évangélistes ?. Pertransiit benefaciendo et sanando omnes oppressos a diabolo, dit S. Pierre *.
Possédé de Capharnaïm. Marc., 1, 23-28.
19%. — D'où vient que le démon proclamait ainsi la sainteté surhumaine du Sauveur, et que le Sauveur lui imposait silence, Marc., 124025);
I. Le démon appelait Notre Seigneur le Saint par excellence, le Saint de Dieu, o Aytos tou Osov *, sans croire peutêtre à ce qu'il disait, comme lorsqu'il l’appelait Fils de Dieu, o Yros tou Oeov S. Pour la divinité du Sauveur au moins, la plupart des Pères pensent qu’il en a douté jusqu’à la résur-
1 Matth., xur, 28; 1 Joan., 11, 8. — 2 Act., v, 16; vu, 1; xvr, 16-18; xIx, 12, etc. — 3 Matth., vin, 16; Marc., 1, 39; Luc., vin, 2, — * Act, x, 38. Atu6ohoc, esprit mauvais, plus rarement employé dans le Nouveau Testament, que Aumpoves et Aatuovt. — 5 Aytoc, opposé à axaaproc, Marc. 1, 24. Cf. Act., vin, 14. — 6 Marc., ur, 12; Luc., 1v, 41. Cf. Matth., v, 29. Supra, n. 464.
rection, et qu’il eut recours à divers artifices pour s'assurer de la vérité *. j
II. Notre Seigneur avait, pour faire taire le démon, les mêmes raisons qui le portaient à recommander sur ce sujet le silence à ses Apôtres ?. De plus, il devait trouver peu convenable de s’entendre louer par le père du mensonge ou de laisser instruire ses disciples par un tel maître *. C’est pour une raison semblable que $S. Paul ferma la bouche à la possédée de Philippes, quando spiritus pythonicus evangelista esse conalus est *.
Possédé aveugle et muet. Matth., xt, 22-30; Marc, 111, 22-30; Luc., xt, 14-26.
195. — Qu'entendait Notre Seigneur, quand il disait : Filii vestri, in quo ejiciunt. Matth., x, 21?
Suivant plusieurs interprètes, Notre Seigneur désignait par ces mots, fil vestri, ceux de ses disciples qui faisaient ces prodiges en son nom *. Suivant les autres, il avait en vue certains ministres de la synagogue qui faisaient profession d’exorciser, en récitant certaines prières sur les possédés f, Dans les deux cas, il mettait les Pharisiens en contradiction aveceux-mêmes; carilsn’avaientdepréventionetn’exercaient d’hostilité que contre lui.
La réflexion du Sauveur : Quomodo potest Satanas Sutanam ejicere 7? suffit pour confondre tous ceux qui, dans les premiers temps, ont attribué ses miracles à l'opération du démon. Il est manifeste que l’enfer n’a jamais eu de plus grand ennemi que Jésus-Christ, et que Satan est forcé de re-
1.Cf, Matth., 1v,3, 6, et S. Thom., p. 1, q. 64, a. 1, ad 4; a. 2, ad 5; p. 3, q. #1, a. 1, ad 1; q. 44, a. 1, ad 2; Bossuct, Lell. à M. Capperonnier. — 2 Marc. 1, 25. CF. Tert., Adv. Murc.,1v, 8. Supra, n. 164, Infra, n. 217. — 3 Eccli., xv. 9. Ideo legem nobis imposuit ne quo pacto dæmoni credamus, licet veri aliquid dixerit, dit 5. Chrysostome. Serm. de Lazar., 11, 2. Notre Seigneur apprend en même temps, dit S. Ambroise, à ne pas nous faire les disciples des hérétiques, alors même qu'ils défendent certaines vérités. — # S. Aug., De div. quæst., II, ur, 30; Act., xvr, 16. Matth Ec Shi MAC re Ne NACt xx, 13. Clos. 24r VII, 11,85 B., VI, vi, 3; S. Iren., Il, vx, 2; $. Thom., p. 3, q. 43, a, 2, ad 3. — 7 Marc., 11, 23.
connaître en lui son vainqueur ‘. En coopérant à ses prodiges, le démon eût travaillé au triomphe de son ennemi et à sa propre ruine, ce qui ramènerait l'intervention de la sagesse et de la puissance divines en faveur du christianisme *?.
Possédés Géraséniens. Matth., vur, 28-34; Marc., v, 1-20; Luc., vit, 26-39,
196. — Faut-il prendre à la lettre tout ce qui est dit de ces possédés ?
Ni la réalité du fait ni son caractère surnaturel ne peuvent être mis en doute. L’étrangeté des circonstances en confirme l'authenticité. Au témoignage des Synoptiques, qui les rapportent, on pourrait ajouter celui d'Eusèbe, évêque de Césarée, qui a visité ces lieux en 295. Cet historien atteste avoir trouvé le souvenir de ce miracle si bien conservé parmi les habitants du lieu, qu'ils lui ont montré les sommets du haut desquels les troupeaux de pores s’étaient précipités dans la mer *. Peut-être ces animaux appartenaient-ils à des Gentils, Gadare (car il paraît qu’on doit lire Gadara, et non Gerasa), étant une ville grecque de la Pérée, récemment annexée à la Galilée *; peut-être étaient-ils à des Juifs qui les élevaient dans le dessein de les vendre *. Aux environs de la ville croissaient des forêts de chênes.
En donnant au démon la faculté qu’il demande 5, le Sau-
4 Luc., x, 18; Joan., xur, 31 ; Col, 1, 12 ;11, A8; Heb.,1r ,14 ; Apoc., x1r, 9: — ? Le mot du divin Maître : Qui non est mecum contra me est, 30, n'est-il pas contraire à cet autre : Qui non est adversum vos pro vobis est? Luc., 1x, 50. On a répondu que ces deux propositions, loin d'être opposées, sont corrélatives et résultent logiquement l'une de l’autre; mais cette réponse a le tort d'attribuer à ces propositions un sens abstrait et absolu qui ne semble pas être le leur. Pour résoudre la difficulté et satisfaire l'esprit, il suffit de préciser les circonstances dans lesquelles elles ont été proférées. Quand la première a été dite, l'intérêt du Sauveur exigeait qu'on se déclarât pour lui. Au moment de la seconde, il suffisait, pour le succès des Apôtres, qu'on leur laissât le champ libre. « Qui n’a pas appris dans le cours d'une longue vie que, selon les circonstances et les personnes, celui qui s'abstient de concourir et se tient à l'écart, tantôt donne appui et force, tantôt au contraire, nuit et entrave? » — 3 Apud S. Hieron., de silu el nom. heb., Gergesa. — #* Cf. Joseph., Vilu, 9-12. — 5 Cf. Luc., xv, 15. — 6 $. Augustin fait là-dessus cette remarque : Non habeatis pro magno exaudiri ad voluntatem; habete
yeur se propose : 1° De rendre plus certaine et plus éclatante la réalité du miracle qu’il vient d’opérer . — 2% De faire voir quelle est la puissance des démons, et ce qu’ils feraient de leurs esclaves, si Dieu n’enchaïînait leur fureur. — 3° De faire entendre que ceux qui vivent comme ces animaux méritent d’être livrés à Satan et précipités avec eux dans l’enfer ?.
Possédé lunatique, Matth., xvir, 14-20; Marc., 1x, 14-28; Luc., 1x, 37-43.
197. — L'état de cet enfant dépendait-il réellement des révolutions lunaires ?
Son père le regarde comme possédé du démon, puisqu'il demande à Notre Seigneur de le délivrer. Lorsqu'il l'appelle lunatique, il est probable qu’il ne veut dire qu’une chose : c’est que ses convulsions reviennent d’une manière périodique, aux pleines lunes ou aux nouvelles lunes. S'il attribuait ses accès aux phases mêmes de la lune, à leur influence, rien n’obligerait d'adopter son sentiment, le Sauveur n’ayant rien dit ni rien fait qui le confirme; et si on l’adopte, on n’en est pas moins forcé de reconnaitre un miracle dans la guérison de l’enfant.
198. — Si Notre Seigneur a pu laisser ce père dans cette fausse persuasion, n’a-t-il pas pu également laisser les Juifs attribuer au démon de prétendues possessions dont il n’était pas la cause?
C’est à tort qu’on voudrait conclure de la réserve du Sauveur en cette circonstance, qu’il a pu agir comme il a fait à égard des possédés, sans croire aux possessions. Les cas sont bien différents. Il n’est parlé de lunatiques qu’en deux endroits de l'Evangile *, et ni dans l’une ni dans l’autre de ces occasions, Notre Seigneur ne s’est expliqué sur la valeur de ce terme. On ne saurait citer de lui une parole ni
pro magno exaudiri ad utilitatem; ad voluntatem enim etiam dæmones exauditi sunt. Serm. acc11v, 1. In Joan., vu, 1, 8. Infra, n. 342.
1 Marc., v, 19. Infra, n. 230. — 2 Cf. Jud., 10 ; Apoc., xix, 20; S. Thom., p. 3, q. 44, a. À, ad 4. Sur les caveaux, ou grottes sépulcrales chez les Juifs, voir { Mac., x, 27, Matth., xx, 27; xxvir, 60; Joan., xx, 6. — 3 Matth., 1v, 24; xvur, 14.
334 © JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [n° 199
un acte qui suppose la réalité de cette influence lunaire. C’est le contraire lorsqu'il s’agit de possédés. Toujours et partout, ici comme ailleurs, il suppose que là cause de leur état réside dans un esprit personnel et méchant auquel ils sont assujettis. Il adresse la parole à cet esprit ; il lui donne des ordres, il le menace; il affirme qu’il fait partie du royaume de Satan; il donne à ses Apôtres le pouvoir de le chasser ; il assure qu’il l’a vu précipité du ciel ‘. Loin de faire entendre que leur Maître parle en figure, les Evangélistes confirment encore le sens littéral de ses paroles, en affirmant avec précision que le démon demanda grâce, qu’il rendit hommage au Christ, au Fils de Dieu, qu’il proclama sa sainteté, qu’il sollicita un délai, enfin qu'il s’empara, en sortant, d’un troupeau et qu’il le précipita dans la mer. Ajoutons que l’Eglise de tous les temps a vu dans ces récits des possessions véritables, et qu’il serait contraire aux règles de l’herméneutique comme aux décrets du concile de Trente d'interpréter l’Ecriture autrement qu’on l’a toujours comprise et expliquée ?.
199. — Comment faut-il entendre cette parole de Notre Seigneur aux Apôtres : Si habuerilis fidem sicul granum sinapis, etc., Matth., xvI, 197?
Les Apôtres avaient certainement la foi, et même une vivacité de foi peu commune. Néanmoins ils auraient dû en avoir davantage, vu les prodiges dont ils avaient été témoins et les grâces qu’ils recevaient dans la société du Sauveur. Voilà pourquoi Dieu ne donnait pas encore à leur pa-
1 Luc., x, 11, 18. — ? Conc. Trid., sess. 1v, de usu sac. lib. Les protestants ont longtemps torturé l'Evangile pour soutenir qu'il n’y est pas du tout question de possession ni de démons. Aujourd'hui, on en voit qui sont d'un avis tout opposé. « IL est évident, disent-ils, que Jésus croyait aux démons et aux possédés; cela prouve qu'il était sujet comme nous aux préjugés et à l'erreur. » Au fond, ni les uns ni les autres n’admettent l'existence des démons. On n’est pas encore tout à fait sadducéen ou matérialiste; mais le surnaturel cffraie, et l'on a horreur de tout ce qui tient à l'enfer. C’est en vain que le démon rend son action palpable dans une foule d'opérations qui ne sauraient avoir pour auteur ni l'homme ni Dieu. ï
role l’efficacité qu'il lui donna plus tard, et pourquoi ils mexerçaient pas sur les démons tout l'empire qu’on leur attribuait et qu'ils croyaient avoir. C’est cette vérité salutaire que le divin Maitre leur fait sentir en leur reprochant leur incrédulité, c’est-à-dire leur peu de foi ! : « Si vous aviez la foi que vous devriez avoir, leur dit-il, si vous en aviez seulement un grain, un atome, rien ne vous résisterait. » Il y à évidemment dans ces paroles une figure, une hyperbole inspirée par le zèle. Pour exciter l’ardeur de ses Apôtres, ce divin Maître fait ressortir le plus possible le besoin qu'ils ont d’une vive foi et les avantages qu’elle leur procurerait. C’est ainsi que, pour porter une âme à la perfection, nous lui disons : « Si vous aviez un peu de vertu, si vous aviez un peu de ferveur! » tout en sachant qu’elle n’en est pas dépourvue ?. Le Sauveur donne au mot fides un sens analogue, quand il dit du centenier : Non inveni tantam fidem in Israël”. « La foi du peuple d'Israël, c’est-à-dire du plus grand nombre en Israël, est moins vive que cellelà ; » ou bien : « Personne en Israël ne m’a donné un témoignage de foi si touchant. »
On sait que les théologiens distinguent la vertu de foi, nécessaire à tous pour le salut, du don de foi qui fait des prodiges, lequel n’est le partage que d’un petit nombre *.
$ II. — MIiRACLES PROPREMENT DITS.
200. — Quels sont les principaux miracles du Sauveur dans l'Evangile ?
L'Evangile signale, entre un grand nombre d’autres Ÿ, vingt-huit miracles du Sauveur.
1 Cf. xx1, 21. I Cor., xx, 2, semble faire allusion à l'Evangile. — ? Cf. Brev. rom., 11 nov., lect. vis, S. Thom., 2a 28, q. 5, a. 4. — 3 Matth, var, 40. Cf. Luc., xvu, 8. In oliva non inveni quod inveni in olcastro, Ergo oliva superbiens præcidatur; oleaster humilis inseratur. S. Aug, In hunc loc. — * Donum fidei electum. Sap., ur, 14. — 5 Les évangélistes affirment expressément que Notre Seigneur en a fait une multitude d’autres : Matth., 1v, 23; x1, 5; xxr, 14; Marc., 111, 10; Luc., v, 45-47; vi, 18-19; Joan., 1, 235 vi, 2; vu, 31; x1, #1; xx, 30; xx1, 25. CF. Act., 11, 22; x, 38.
JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [n° 200
I, Dix sur la nature :
10 Celui de Cana, Joan., 11, 1-11.
20 La première pêche miraculeuse, Luc., v, 1-11.
30 La seconde, Joan., xat, 1-13.
40 La tempête apaisée, Matth., vi, 23-21.
50 La monnaie dans la bouche du poisson, Matth., xvur, 23-26.
6° Notre Seigneur et S. Pierre marchant sur les flots, Matth., x1v, 33-36.
To La première multiplication des pains, Matth., x1v, 15-21.
80 La seconde, Matth., xv, 32-38.
99 Le figuier desséché, Matth., xx1, 11-22.
109 La transfiguration, Matth., xvir, 1-9.
II, Quinze sur les maladies :
4o Un lépreux guéri, Matth., var, 1-4.
20 Les dix lépreux, Luc., xvir, 12-19.
30 Le paralytique des Synoptiques, Matth., 1x, 1-1. 40 Celui de S. Jean , v, 1-15.
50 L'homme à la main desséchée, Matth., x11, 9-13. 60 L'hémorrhoïsse, Matth., 1x, 20-22.
10 La belle-mère de S. Pierre t, Matth., vur, 14-15. 8° L'aveugle-né, Joan., 1x,
90 L’aveugle de Bethsaide, Marc., virr, 22-26.
109 Les deux aveugles, Matth., 1x, 27-31.
419 Les deux aveugles, près de Jéricho, Matth., xx, 29-34 2. 420 Le sourd-muet, Marc., vir, 32-37.
430 L'hydropique, Luc., x1v, 2-6.
140 Le fils du prince de Capharnaüm, Joan., 1v, 46-54. 159 Le serviteur du Centenier, Matth., vor, 5-13.