III. [l
a = INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [no 4
l’autre, à tous ceux qui voudraient s'attacher à lui et le servir dignement !. Cette promesse fut nommée Testament chez les chrétiens, comme la première lavait été chez les Juifs; et l’on appela ce Testament Nouveau, parce qu’it était : substitué au premier, comme l'Eglise l’était à la synagogue.
Néanmoins, la signification de ce terme ne tarda pas à s’élargir, et l’usage s'établit de donner aussi le nom de Testament aux livres inspirés, où ces promesses ont été consignées et qui en sont comme les titres authentiques. Ce dernier sens est depuis longtemps le plus usité *.
C’est à tort que certains auteurs affectent de remplacer le mot Testament par celui d’Alliance, le seul, à leur avis, qui réponde au terme hébreu Bérith, que ce mot doit traduire *. Bérith, il est vrai, signifie proprement alliance *, et Arxômen, par lequel les Septante l’ont traduit, pourrait désigner un pacte, un contrat aussi bien qu’un testament ; mais il ne faut pas oublier que les auteurs sacrés ont modifié et précisé la signification de ce mot. En l’employant, ils n'ont pas laissé ignorer qu'ils avaient en vue une disposition d’un genre particulier, analogue au testament, que cette disposition était toute en faveur d’une partie, que le bénéfice en devait échoir, par voie de succession, comme un héritage ou un legs *, et que la mort seule devait la rendre irrévocable et exécutoire. Telle est, sans aucun doute, l’idée de Notre- Seigneur, lorsqu'il dit à ses apôtres, la veille de sa mort, dans la première oblation de son sacrifice : Voici le sang du Nouveau Testament : Touto eatt +d aux tac xatvns Atalmurc
1 Heb., 1x, 15. Cf. Känpovounoste Tnv nrouacpevnv vutv Bactherov. Matth., xxv, 34. — ? Of, II Cor., 11, 11; Melito (Euseb.. H., rv, 26) ; Sulren. Lex, 125 9 Fertal Ad. Marc., 1v, 1.— 3 Poe xXx1V, 8. — #5. Hicrons In Ma, 5. — 5 Cf. Exod., > Te cxxx1v, 12. Profectus Jesus in Galitæam at Scripturas FA quæ, antequam pateretur, perspici nullo modo poterant. Idcirco Moyses et prophetæ Legem Testamentum vocant, quia, nisi testator mortuus fucrit, testamentum clausum ct obsignatum est, Lact., Divin. Inst., 1v, 20.— 6 Heb., 1x, 16. Remarquer que Bérith, venant de Barah, immoler, sacrifier, donnait par lui-même l'idée de victime et de mort. Infra, n. 821. — 7 Matth., xxvi, 28. Cf: Marc., xtv, 24; Luc., xxn, 20; I Cor., x 20 Ua uv, 4e Heb re HAE ec:
Or, c’est précisément ce qu'avait dit Moïse dans l’acte qui a figuré le sacrifice du Sauveur au pied du Sinaï, Iècv ro aux rs AtxÜmxns; et puisque les Septante ont rendu en cet endroit le mot Bérith, dont s’est servi Moïse, par Ata0mxn, le terme même employé par Notre-Seigneur au cénacle, comment pourrions-nous voir en ce mot une autre signification et le traduire d’une autre manière?
40 Des diverses parties du Nouveau Testament.
Livres. — Date. — Valeur. — Division.
2. — Livres du Nouveau Testament : comment se divisent-ils et dans quel espace de temps ont-ils été écrits?
I. Le Nouveau Testament se compose de vingt-sept livres, suivant les catalogues du concile de Trente (1546), du concile de Florence (1441), du troisième Concile de Carthage (397), et même du concile d’Hippone (393), que S. Augustin appelle un concile de toute l’Afrique et auquel il assista !. Ces vingt-sept livres, 260 chapitres, 7,959 versets, ont pour auteurs huit écrivains inspirés, dont six étaient apôtres, S. Matthieu, S. Jean, S. Jacques, S. Pierre, S. Jude, S. Paul, et les deux derniers, S. Marc et $. Luc, disciples des apôtres. Celui qui a le plus écrit est S. Paul. Après lui viennent par ordre, S. Jean, S. Luc, $. Matthieu, $S. Marc, $S. Pierre, S. Jacques, S. Jude. Leurs écrits furent dès l’origine placés par les chrétiens au même rang que les livres de l'Ancien Testament et cités de la même manière : wg xat Tag hotmas Yoxpas ?.
IL. Si l’on se borne à considérer la nature de ces ouvrages, on les rapportera logiquement à trois chefs : — 4° Histoire : Evangiles et Actes. — 2° Doctrine : Epîtres apostoliques. — 3° Prophéties : Apocalypse. — Mais si l’on tient compte en même temps de la dignité du sujet et de la chronologie, il semblera plus naturel de placer sur un premier plan ce
1S. Aug., Retract., 1, 17. Cf. Epist., xrv, 8, et aoxum, 15 de Doct. christ, 11, 43; 4. T., n. 85-42, — 3 I Tim., v, 18; II Pet., 11, 15, 16; S. Theoph., Ad Autolyc., 1, 12. Cf. S. Justin., 4pol., 1, 67.
nd
n INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [N°3
qu'Eusèbe appelle la divine quaternité des évangiles, contenant la vie, la doctrine et la passion du Sauveur ‘, puis, en seconde ligne, les Actes, les Épitres et les prophéties apostoliques. On aura ainsi deux parties bien distinctes : — 1° Jésus-Christ. — 2° Les Apôtres. — C’est la division que nous avons adoptée ?.
IT. Tous ces livres ont paru à l’origine du christianisme, dans l’espace d’une cinquantaine d'années, 45-98, et l’on pourrait dire de vingt-cinq ans, 45-70, si l’on exceptait les écrits de S. Jean qui sont de la fin du siècle. Ils se répandirent très rapidement dans toute l'Eglise. Néanmoins il faut reconnaître qu'il y eut au moins deux générations de chré-. tiens qui ne purent avoir le Nouveau Testament en entier, et qu'un certain nombre d’églises étaient fondées et déjà florissantes avant d’en posséder la moindre partie.
8. — Est-ce de concert et d’un commun accord que ces livres ont été composés ?
Rien n'indique que les auteurs du Nouveau Testament aient écrit de concert, d'après un plan commun; au contraire, tout démontre qu’un pareil dessein n’a jamais existé.
D’après les prophètes, ce n’était pas avec des lettres mortes ni sur un objet matériel que la loi chrétienne devait être écrite ; Dieu avait prédit qu'il la graverait dans le cœur des fidèles en caractères vivants *. Aussi le divin Maître n’a-t-il enseigné que de vive voix *, et ce qu'il a recommandé à ses Apôtres, ce n’est pas de mettre sa doctrine par écrit, mais de continuer sa prédication f. $es instructions furent fidèlement suivies. Jamais le collège apostolique, jamais aucun Apôtre n’entreprit d'écrire une histoire complète du christianisme ou un exposé général du dogme et de la morale révélés. Quand quelqu'un d’entre eux prit la plume, ce fut
1 Euseb., IL, 1, 25. To setpagopooy evayyehov. S. Iren., IT, 8. — ? Elle paraît avoir 6té en usage parmi les premiers chrétiens. Cf. S. Ignat., Ad Philadelph., 5.8. Iren., I, 3; Tert., De Præsc., 36. —3 $. Iren., II, iv, 2. CF. Matth., xxvur, 8; xxvin, 15. — # Cf. Jer., xxx1, 88; Joan., vr, 45 ; IT Cor., 11, 3; Heb., vu, 8-11. — 5 Euseb., H., 1, 24. S. Thom p. 3, q. 42, a. 4. — 6 Matth., xxvin, 9; Marc., xvi, 15.
Le
presque toujours par un motif accidentel, imprévu, pour un certain nombre de fidèles seulement, afin de pourvoir à certains besoins ou de répondre à quelque demande. Ainsi les auteurs sacrés firent leurs livres comme le Sauveur faisait ses discours, au gré des circonstances. $. Jean est le seul qui semble tenir compte des écrits de ses devanciers et s’appliquer à combler leurs lacunes. Encore dit-il en finissant qu’il a dû laisser dans l'ombre la plus grande partie de son sujet ‘.
On ne serait donc pas fondé à prétendre que nous avons dans le Nouveau Testament un sommaire complet de ce que le Fils de Dieu a fait et dit, ou de ce qu'ont enseigné les Apôtres. Il y a lieu de croire que, si d’autres occasions s’étaient présentées, les auteurs sacrés nous auraient enseigné d’autres vérités et que nous serions fixés sur un plus grand nombre de questions historiques, dogmatiques et morales.
4. — Avant d'avoir le Nouveau Testament, l'Eglise avait-elle déjà une possession pleine et assurée des vérités chrétiennes ?
Dès son origine, l'Eglise fut en possession de toutes les
vérités qui forment le fond de sa croyance. Elles lui avaient été prêchées et démontrées ; elle en avait l'intelligence et la conviction ?. On ne les lisait pas comme aujourd’hui dans les textes sacrés ; mais les pasteurs les enseignaient et les fidèles y croyaient comme aujourd’hui. On en voyait partout des mémoriaux et des emblèmes, dans les fêtes et les cérémonies du culte, dans les pratiques de la piété, dans les prières “qu'on récitait en public et en particulier, dans les rites sacramentels, dans le symbole de la foi, dans les lois et les usages de la société chrétienne. Les Apôtres n’ont donc fait que consigner par écrit, en faveur de la postérité, ce qui était notoire pour les chrétiens de leur temps; et sitôt qu’ils furent composés, leurs livres trouvèrent, dans la prédication des pasteurs, dans la croyance des fidèles et dans la pratique commune, leur complément et leur commentaire.
1 Joan., xxr, 25, Infra, n° 518. — ? Marc., xvi, 15-20; II Cor., 11, 2-3; CAMES NO ICONE S- ren, Lx, N2.
On voit par là quel a toujours été le rôle de la tradition dans le christianisme et combien les protestants ont tort de rejeter comme étranger à la foi et à la révélation tout ce qui ne se lit pas dans les livres inspirés !. Puisque, à l’origine, l'Eglise avait autorité pour discerner, entre les croyances et les pratiques des fidèles, celles dont PEsprit-Saint était l'auteur, pourquoi les Apôtres, en consignant dans leurs écrits une partie de ces pratiques et de ces croyances, l’auraient-ils dépouillée de cette prérogative ??
5. — Les livres du Nouveau Testament sont-ils liés ensemble et se soutiennent-ils les uns les autres ?
En attendant que nous établissions l’authenticité, la véracité historique et l'intégrité du Nouveau Testament, 1l importe de remarquer que, sous ces trois rapports, les livres dont il se compose, sans avoir été écrits en même temps ni dans un même dessein, sont liés entre eux et se soutiennent mutuellement.
Si les Epitres de $. Paul sont authentiques et substantiellement intègres, on ne saurait contester l'authenticité des Actes, dans lesquels elles s’encadrent avec une précision si parfaite. Si l’on reconnaît dans les Actes l’œuvre de $. Luc, il faut lui attribuer également le troisième Evangile, dont ils sont la continuation *; et si l’on attribue à $. Luc le troisième Evangile, on ne peut pas contester à S. Matthieu et à S. Marc le premier et le second, qui sont certainement antérieurs. Dès lors histoire évangélique, attestée par ces trois auteurs, est authentique et indubitable. Que gagnerait-on à nier l’authenticité du quatrième Evangile, constatée du reste par la première Epitre de S. Jean et reconnue, jusqu’à ces derniers temps, par la plupart des rationalistes ?
On peut faire une observation semblable par rapport à la véracité historique. Ou tous les livres sont vrais, ou tous
1 « L'Eglise les a précédés, les a reçus, les a transmis à la postérité avec leur véritable sens. Là donc est la source de la foi. » Bossuet, tre Inst. sur les promesses, Uf. Conf. avec Claude. — ?S. Iren., HE, 1v,1. — 3 Act., 1, 1; Infra, n. 416.
sont faux; car on trouve partout au fond la même histoire. Les Actes supposent et confirment la plupart des faits évangéliques ‘. Les Epitres de $. Paul ont pour base les récits des Actes comme ceux de l'Evangile ?. Les Epîtres de $. Pierre, de $. Jacques et de S. Jean ont une liaison intime avec celles de Paul. Il n’est pas jusqu'à celle de S. Jude qui dans ses vingt-cinq versets ne rappelle l'essentiel de la religion. Ce ne sont donc pas les quatre évangélistes seulement, mais avec eux S. Paul (+67) et tous les écrivains du Nouveau Testament, qui attestent la vérité de l’histoire du Sauveur. Ainsi il faut tout rejeter ou tout admettre. Le peu qu’on garderait ramènerait tout le reste.
6. — Quels sont les livres ou les fragments deutérocanoniques du Nouveau Testament ?
On donne le nom de deutérocanoniques aux livres ou aux fragments dont l’autorité a d’abord été l’objet de quelques contestations, et sur l'inspiration desquels l'Eglise ne s’est prononcée absolument qu'après un certain temps.
Cette dénomination, dont l’usage s’est répandu à Porigine du protestantisme *, suggère l’idée qu'il y aurait eu un premier canon d’où ces livres auraient été exclus, puis un second où ils auraient été compris, ce qui n’est pas conforme à la vérité. La qualification d’antilégomènes ou contestés que les protestants empruntent à Eusèbe *, a un autre inconvénient qui n’est pas moindre : celui d’insinuer que les contestations auxquelles ils ont donné lieu à une certaine époque ont toujours existé et persistent toujours.
Les livres deutérocanoniques du Nouveau Testament sont au nombre de sept. Ce sont les derniers, en commençant par l’Epitre aux Hébreux, et en retranchant la première de S. Pierre et la première de $S. Jean. Pour les fragments, il n’y en à que trois auxquels on donne ce nom : — 1° Ja fin de S. Marc, xvi, 9-20; — 2° la sueur de sang de Notre Seigneur
1 Infra, n. 561, 568, 569. — 2 Infra, n. 832. — 3 Sixt. Sen., Bibl, sancta, 1, 11— # À. T.,n. 24, 46. — 5 Euseb., H., m1, 3 et 25. Ils les appellent aussi fréquemment apocryphes, dans la:même intention.
8 INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [no 7
et l'apparition de l’Ange durant son agonie, Luc., xxnr, 43, &k; — 30 l’histoire de la femme adultère, Joan., vu, 1-11.
#7, — Comment se fait-il qu'un certain nombre d'Eglises aient douté d'abord légitimement de l'inspiration de ces livres et de ces fragments, et que ces mêmes Eglises l’aient admise depuis comme un point de foi?
I. On a pu et dû douter de la valeur de ces livres, tant qu’on n’a pas eu de preuves péremptoires de leur parfaite authenticité. Or, est-il étonnant que ces preuves se soient fait attendre quelque temps en certains endroits? Qu'on veuille bien considérer : — 1° Que ces écrits ont été composés dans des temps et dans des lieux assez éloignés les uns des autres, et que la plupart d’entre eux n’ayant pas de destination particulière, aucune Eglise n’en pouvait rendre témoignage comme en ayant reçu et conservé le dépôt; — 20 Que les pasteurseurentlongtemps à se tenir en garde contre les fraudes des hérétiques et durent exiger des preuves bien certaines, avant d'admettre un livre au rang des Ecritures!; — 3° Que ces livres réunis ne forment pas la sixième partie du Nouveau Testament, et qu'ils ne sont pas, en comparaison des autres, d’une bien grande importance; — 4° Que les hésitations auxquelles les livres deutérocanoniques donnèrent lieu ne s’étendirent jamais à toute l'Eglise et ne furent pas de longue durée. « Le gros de PEglise, comme dit Bossuet, c’est-à-dire les Eglises les mieux informées, les plus anciennes et les plus graves, l'Eglise romaine, en particulier, leur a toujours été favorable ?. » En effet, la version [talique les comprenait tous, dès l’origine, et pour le Nouveau Testament, la Vulgate de $S. Jérôme n’est que l’Italique revisée *.
IL. Bien des faits s’éclaircissent et se constatent. après un certain temps de recherches et d'examen. On n’a jamais douté nulle part que tous les écrits des Apôtres ne fussent inspirés ; on doutait seulement en certains endroits si tout
1 Cf. IT Thess., 11, 1, 2; I Joan., 1v, 1; Apoc., xx, 18, 19. — 2 Bossuet, Lelt, à Leibnitz. Cf. A. T., n. 38, 39. — 3 S. Hicron., In1v Evang., Præf., et Epist, xxvn, 1; À. T.,n. 40-45; Subatier, Velus Ilalica, t. II, Præf.
n° 8] .DES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT. 9
ce qui leur était attribué venait d'eux. C’est ce fait qu’il fallait éclaircir. Le jour se fit peu à peu, dès que la paix fut rendue aux chrétiens et que les relations entre les pasteurs devinrent faciles. Les Eglises qui doutaient consultèrent celles qui croyaient, et déférèrent à leur témoignage. Puis, quand tous les préjugés furent dissipés et que l’accord fut établi, les Conciles et les Souverains Pontifes dressérent officiellement et firent recevoir partout le canon ou catalogue complet des livres inspirés. Ainsi, pour être constante et perpétuelle, la foi catholique ne laisse pas d’avoir ses progrès.
8. — Quel est à cet égard le sentiment des Grecs schismatiques et des protestants ?
I. L'Eglise grecque à le même canon que nous. Il en faut dire autant de l'Eglise russe et de toutes les sectes qui subsistent encore en Orient.
[I. Il n’en est pas de même des protestants. Luther à nié l'inspiration de tous les livres deutérocanoniques des Ecritures. Calvin maintint celle du Nouveau Testament tout entier. Mais les sentiments de Luther et de Calvin ne sont que des sentiments particuliers. Les protestants, rejetant l'autorité, et ne voyant dans la tradition qu’un moyen d’information tout humain, ne sauraient avoir de symbole fixe, ni de canon ? commun. Leurs professions de foi sont purement individuelles. Elles doivent changer et elles changent avec le temps et avec les lieux. Les sociétés bibliques d’Angleterre, qui depuis 1826 rejettent les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament, retiennent encore ceux du Nouveau, et un grand nombre de ministres continuent de les citer comme divins. Cependant, on ne peut pas dire que ces livres conservent parmi eux la même autorité que les protocanoniques *. Quant aux protestants d'Allemagne, de
1 Bossuet, Lell. à Leibn. — ? Koavwy, regula. Cf. IT Cor., x, 13; Gal., vi, 16. — 3 Le protestantisme, négatif de sa nature, ne sait guère progresser que dans la négation. Dans la dernière édition officielle de sa version du Nouveau Testament, en 1881, l'Eglise anglicane a fait de nouvelles concessions à la critique rationaliste et opéré divers retranchements. L'histoire de la femme adultère est mise entre parenthèses;
10 INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [n° 9
Suisse, d'Amérique et même de France, il n’est pas facile de dire quels sont les livres qu’ils admettent. Pour les docteurs rationalistes, les plus nombreux aujourd’hui, il n°y a plus, à proprement parler, de livre divin, puisque toute inspiration manque ou est limitée, et qu'il n’y a pas de promesse qui les garantisse contre toute erreur. Les plus avancés ne voient presque pas d’écrit, même dans le Nouveau Testament, dont l’origine, l’intégrité et l’exactitude ne donnent lieu aux plus graves difficultés.
29 Du texte du Nouveau Testament.
Etudes critiques. — Procédés. — Résultats 1.
9.— En quelle langue leslivres du Nouveau Testament ont-ils été composés ?
I. Si l’on excepte l’évangile de S. Matthieu et, suivant quelques auteurs, l’épitre aux Hébreux, il est certain que tous les livres du Nouveau Testament furent écrits en grec. A l’époque des Apôtres, cette langue était le principal lien qui unissait entre eux les peuples connus. Elle était en usage, non seulement dans les colonies juives et toutes les grandes villes dont le littoral de la Méditerranée était semé, mais dans toute l’étendue de l’empire romain, sauf l'Afrique, l'Espagne, le nord de l'Italie et une partie des Gaules. On parlait grec, même en Palestine; et à Rome les classes les moins lettrées entendaient cette langue ?. Aucune n'était plus riche ni plus polie. Aucune ne convenait mieux pour prêcher un évangile qui s’adressait à tous les peuples. Dieu voulut qu’elle servit à formuler nos mystères et à consigner par écrit la doctrine du salut. Elle resta la langue officielle de l'Eglise romaine jusqu’à la fin du troisième siècle. Le pape Corneille (+ 252) est le premier dont on lise l’épitaphe en latin
les douze derniers versets de $. Marc sont séparés du corps de l'Evangile, et au chapitre v de l'Evangile de S. Jean, comme de sa première Epiître, le verset 7 est totalement supprimé.
1 Crilique : l'art de vérifier l'authenticité d’un texte et d'en apprécier la crédibilité. — ? Græca leguntur in omnibus ferme gentibus: latina
suis finibus, exiguis sance, continentur. Cicero, Pro Archia, 10. Cf. Joseph, A et B., Præf.
N°9] DU TEXTE DU NOUVEAU TESTAMENT. ll dans les catacombes. Minutius Félix (166-190) et Tertullien (490-230), africains d’origine, sont les premiers auteurs que l'Italie fournisse à la Patrologie latine ‘.
II. Nous sommes loin de prétendre, comme quelques protestants du dix-septième siècle, que le grec de nos Saints Livres soit celui de Platon et des auteurs classiques. Il est au contraire très corrompu *. Avec un mélange confus de tous les dialectes, il offre des termes et des locutions barbares, empruntés aux diverses populations qui se trouvaient confondues dans l’empire; mais ce qu’on remarque surtout, et ce qui en fait comme un idiome à part, ce sont les hébraïsmes, les formes sémitiques et les locutions orientales. On voit tout d’abord que si les auteurs ont écrit en grec, ils ont pensé en hébreu. Un hébraïsant prendrait leur texte grec pour une traduction. Aussi est-il appelé par Richard Simon un grec de synagogue ou judaïsant. Communément, on le . désigne sous le nom de langue hellénistique, ou propre aux Juifs hellénistes *, répandus dans l'empire. C'était le résultat naturel du mélange des Gentils avec les Hébreux, et de Vétablissement de nombreuses colonies juives au milieu de populations habituées à la langue grecque. Le plus ancien monument que nous ayons de cet idiome est la traduction des Septante, faite en Egypte sous Ptolémée Philadelphe, près de trois siècles avant Jésus-Christ. Au temps des apôtres, cette version était répandue partout où il y'avait des Juifs hellénistes, et même elle suppléait aux textes hébreux pour les lectures officielles dans les synagogues *. Ce grec altéré et plein d’hébraïsmes était donc, après le syrochaldéen, la langue la plus familière aux apôtres et celle que la plupart de leurs auditeurs et de leurs lecteurs entendaient le mieux.
1 Si d’autres Pères ont écrit en latin avant ceux, leurs ouvrages ont péri. S. Hieron., De vùr. illust., Lu. — 2 $. Isid. Pelus. Episl. 1V, 28. — 3 Hellénisles,surnom donné par les Grecs aux étrangers qui adoptaient leur langue et leurs mœurs, et par les Juifs aux Israélites qui parlaient la langue grecque, de quelque pays qu'ils fussent. Act., vi, 1; 1x, 29; x1, 20, — # La plupart des citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau sont d'après les Septante. Il n'y en a pas une sur sept qui soit faite sur l’hébreu directement.
12 INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [n° 10
* 40, — Quelles sont les autres langues dont les termes apparaissent dans le Nouveau Testament ?
1° Outre beaucoup de noms propres, soit de lieux, soit de personnes, comme Abaddon, Aceldama, Armageddon, Gabbata, Golgotha, Nazareth, Rama, Béelzébub, Bélial, Cephas, Elizabeth, Herodes, Iscariotes, Joannes, Lazarus, Malchus, Magdalena, Maria, Martha, Mattheus, Matthias, Saphra, Satan, Simon, Tabitha, Thomas, Zacharias, etc, on trouve cités littéralement ou avec une terminaison grecque un bon nombre de mots venant de l’ancien hébreu, ou appartenant à l’idiome syrochaldéen qu’on parlait alors :
a66a, Marc., x1v, 36; povwvo, Joan., vi, 31 ; œlmoutx, Apoc., xIx, |; uapay «ûa, Î Cor., xvi, 22; aunv, Luc., 1v, 24, etc; Mecotac, Joan., 1, 41;
Baroc, Marc., xur, 26; racyx, Joan., 11, 13, etc. ; Bouvepyes, Marc., 1, 11; caG6r, pa6Gouvr, Joan.,1, 30 ; xx, 16; yeevve, Matth., v, 22; oaxa, Matth, v, 22;
E)wt, Elu, etc., Marc., xv, 34; cabaw0, Matth., xxvir, 46; epoa0a, Marc., vi, 34; ca66arwv, Matth., xxviri, À; nu, Matth., xxvir, 46; cubéariouoc, Heb., 1v, 9; x0p6av, Marc., vir, 11; caddouxatoc, Matth., 111, 7; x0p6avas, Matth., xxvir, 6; cixepa, Luc.,1, 15;
xopos, Luc., xvi, 7; Tatôa xvut, Marc., v, A; Jévernc, Luc., x, 32; œapioatoc, Matth., 111, 7; pappwvac, Matth., vi, 24; woavva, Matth., xxr, 9, etc.
2° On remarque aussi un certain nombre de termes d’origine latine, ayant rapport, pour la plupart, à l’administration, aux impôts, à l’art militaire :
Accaptov, Matth., x, 29; ueu6pava, II Tim., 1v, 13; ônvoptov, Marc., vi, 31; paliov, Matth., v, 31; Jovotoc, Act., 1, 33; woûtov, Matth., v, 15; xevruptwy, Marc., xv, 39; éeotos, Marc., vit, 4; xnvooc, Matth., xvir, 24; Tpattoptoy, Matth., xxvi1, 27; xoôpavrns, Matth., v, 20; peèn, Apoc., xvinr, 13; xohwvio, Act., XVI, 12; omnutxtvôtov, Act., xIx, 12; xovorwôx, Matth., xxvir, 65; ouxaptoc, ACt., xx1, 38; xpa6aroc, Marc., 11, 9; covdaptov, Luc., xIx, 2; Jeyewv, Matth., xxvi, 53; onsxovhatwp, Marc., vi, 29; Xevriov, Joan., x111, 4; tubepva, ACt., XXVIIT, 15; Mubeprivoc, Act., vi, 9; rurdoc, Joan., xix, 19;
Aitpo, XII, 3; @hayeXov, Joan., 17, 15, etc.
paxeNov, I Cor., x, 25;
LR 1 DU TEXTE DU NOUVEAU TESTAMENT. 13 3° De plus, on signale comme égyptiens :
Tata, Act., vis, 27; o0ovtov, Luc., xxiv, 12; Bauov, Joan., xur, 13; otvôwv, Matth., xxvir, 59; Buocov, Luc., 19; G£aviov, Matth., x1t1, 25;
Et comme persans :
Ayyapevetv, Matth., xxvir, 32; uapyapitnc, Matth., vir, 6; yeevva, Matth,, v, 22; mapadetcoc, Luc., xxIN, 43; wayot, Matth., 1, 1;
Ce mélange de mots de provenances diverses, surtout de mots hébreux et latins, semés dans le grec, indique lorigine de ces écrits et en fixe la date !.
* 11. — Comment écrivait-on au temps des Apôtres ?
S. Jean écrivait per chartam, atramentum et calamum ?, c’est-à-dire au roseau, au moyen d'encre, sur du papyrus, sorte de papier préparé avec les pellicules du papyrus égyptien *. S. Paul parle aussi de parchemins et de livres *. Mais le parchemin (peaux d'animaux qu’on préparait à Pergame) était plus coûteux et moins usité que le papyrus. Il est à croire que les premiers exemplaires du Nouveau Testament furent écrits sur papier commun *. On tarda peu néanmoins à en faire des copies sur parchemin pour l'usage des Eglises. Dès le quatrième siècle, l’usage des Bibles en parchemin était assez général. Eusèbe nous apprend que Constantin en fit confectionner cinquante exemplaires avec un soin et une richesse extraordinaires pour les principales Eglises °. C’est à cette date que remontent nos plus anciens manuscrits ?. — Quant aux caractères. on n’écrivait les ouvrages de prix et les documents publics qu’en lettres majuscules, dites onciales $, et cet usage se conserva jusqu’au neuvième siècle.
1 Infra, n. 56, 183, 414. — ? II Joan., 12; III Joan., 143. — 3 Plin., H-N., xt, 44-17. — # II Tim., 1v, 13. — 5 Il ne nous cst parvenu en papyrus qu'un fragment de la {re Epître aux Corinthiens. Nos manuscrits anciens sont sur parchemin, et à partir du xrre siècle, sur papier de vieux linge. — 6 Euseb., Vita Constant., 1, 1v, 36. — 7 Le P. Vercellone pense que le manuscrit du Vatican peut nous venir de là. — 8 Ab uncia, id est pedis duodecima parte constantes. Ducange, Diction.
A cette époque, on commença à se servir d’une écriture Cursive, minuscule, plus prompte à tracer, mais plus difficile à lire, semée d’abréviations de diverses sortes. Le plus ancien manuscrit où l’on trouve ces caractères est daté de 890. Un certain nombre oscillent entre les deux formes d’écritures, l’onciale et la cursive. — Enfin, ce qu’on appelait livres, volumes, n’était d’abord que des rouleaux ‘, dans lesquels les feuilles s’ajoutaient les unes aux autres, et où l'écriture se succédait sans interruption, ni division, ni accents d’aucune sorte. On comprend quelle difficulté en résultait pour la lecture et pour l'interprétation des textes *. Mais, dès le quatrième siècle, les Bibles se composèrènt de feuilles reliées en cahiers, comme nos in-folio.
Pour la division des livres et la ponctuation des phrases, on s’y essaya de bonne heure; mais la difficulié fut d’arriver à une ponctuation et à des divisions uniformes. On fit d’abord, pour les lectures publiques dans les offices, des péricopes, où sections qu’on nomma leçons, anagnoses. Les recueils de ces leçons formèrent plus tard les Lectionnaires, les Evangéliaires, les Epistoliers. En même temps, il se fit pour l’usage des particuliers une division suivie par chapitres, xepahkxa, Où par titres, tithot, c’est-à-dire par sections précédées de sommaires. Dès le commencement du troisième siècle, Ammonius d'Alexandrie (+ 250) divisa ainsi les évangiles en un grand nombre de chapitres, afin de pouvoir indiquer sur la marge de $. Matthieu les endroits parallèles des autres évangélistes et à former une sorte de Concorde. Eusèbe (+ 340) profita de cette division pour dresser ses Canons, qui devinrent célèbres et qu’on retrouve dans presque tous les manuscrits grecs *. Ce sont dix colonnes ou tableaux, dans chacun desquels il indiqua
1 Apoc., vi, 14. 2 Ainsi les uns lisaient ouv emtoxomoic, les autres, GUYETIOKXOTOLC, Phil. , 1, les uns o w,1les autres ovt, Joan. vurr, 5; les uns Ôto ravtoc, les pe PARTS Phils 1, 1: ceux-ci exaotot GCXOTOUTVEC, ceux-là exaotous xomouvrec; Phil., 1, 4. Cf.S. Iren., III, var, 4, sur Il Cor... 1V, 4; S. Aug., In Joan., I, 6, sur Joan. , 1,3. —53 Étseb. , Epist. ad Carpianum; $S. Hieron., De vir. TE Præf. in Ev. : Martigny, 2e édition, Canons 59,
les passages propres à chaque évangéliste, ou ceux qui sont communs à tous, ou seulement à trois ou à deux d’entre eux uniformément combinés ‘. Vers 460, Euthalius, diacre d'Alexandrie, qui devint évêque en Sardaigne (+ 495), mit des sommaires aux chapitres des Actes et des Epitres, et publia, pour l'usage liturgique, des Evangiles et des Actes divisés en stiques, ct:70c, c’est-à-dire de courtes phrases ou membres de phrases, dont chacun formait une ligne et devait être lu sans aucun repos. Cette méthode, nommée stichométrie, s étendit et se généralisa. On y joignit bientôt la supputation des stiques, à l’imitation de la massore hébraïque, qui est de la même époque *. Dès le cinquième siècle, on sépara les phrases par un point en haut. Au sixième, on essaya de remplacer les stiques par un système de ponctuation régulier. Toutes ces particularités doivent être remarquées comme autant d'indices propres à déterminer Pâge des manuscrits ?.
1 Cf. S. Hieron., t. x, In 1v Evang., Præf. Les sections d'’Ammonius et les canons d'Eusèbe sont marqués dans À et N à la marge par une main qu'on croit contemporaine. C a les rot aussi bien qu'A, mais B n'a ni trhot ni xegahaux, ni canons d'Eusèbe, ni sections d'Ammonius, bien qu'il ait, pour les Evangiles et les Actes, une division très ancienne. — ? A.T.,n. 87-90. — 3 À. T., n. 92. Notre division actuelle par chapitre remonte au treizième siècle. Elle est l'œuvre d'Hugucs de Saint- Cher (+ 1262), qui en sentit la nécessité pour la rédaction de sa Concordance. Elle a le défaut de séparer quelquefois des textes qui devraient être unis ; par exemple Matth., 1x, 35-38 ct x, 1 ; x1x, 30 et xx, 1; Marc., 11, 23-28 et a, 1-5; var, 39 et 1x, 1; Luc., xx, 45-47 ct xx1, 1-4; Joan., vx, 08 et-vr, 1; ACt., 1v, 32-31 et v, l; vu, 60 et vi, 1-2; I Cor., x, sorétexr, dx, 43 et x1v, ll; I Cor.,1v,18 et v, 1; Gal.,v, 26'et-vr, d'; vi, 18 et vu, 1 ; Col., x, 25 ct 1v, 1. La division des chapitres en versets faite en 1551 par Robert Etienne pour le Nouveau Testament, permet d'indiquer les renvois avec plus de précision encore; mais on convient qu'elle n'a pas plus d'autorité et qu’elle pourrait également induire en erreur dans l'explication des textes. Elle sépare assez souvent des versets qui devraient être unis : Joan., x, 14, 15; x11, 23, 24; Rom ,1x, 22, 23; Pc und 2H Cor. enr, Tee: vir, 19,44 Gal, 1v, 19,14 %Hep:,-r, D OI JUS 0 VIT MO ALU AVI 45 LS 2128; x, 15,14; plus souvent encore elle en unit qui devraient être séparés. On peut faire la même remarque sur la ponctuation, Elle est douteuse en bien des endroits : Joan., 1, 3,4; x1v, 31; Rom., 1v, 1; Gal., 1v, 12, etc. Ajoutons que les divisions de la Vulgate ne coïncident pas toujours avec
16 INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [n° 12
+ 12, — Les premiers exemplaires. des livres saints étaient-ils de la mains des auteurs sacrés, et se conservèrent-ils dans l'Eglise ?
1° Il était rare qu’on écrivit soi-même ce qu’on voulait publier. Au moins l’écrit était-il mis au net par un calligraphe avant d’être livré au public. S. Paul témoigne luimême aux destinataires de ses Epiîtres qu’elles sont d’une autre main que la sienne. Dans l’Epître aux Romains, le secrétaire est nommé!. Ordinairement l’Apôtre se bornait à écrire à la fin, comme garantie d'authenticité, une formule de salutation avec sa signature ?. L’Epître à Philémon et celle aux Galates semblent pourtant avoir été écrites tout entières de sa main *.
2 On ne voit pas qu'on ait attaché grande importance à conserver les manuscrits originaux, ni qu’on y ait jamais recouru pour convaincre de falsification aucun hérétique. Comme ils étaient sur un papier commun, probablement, ceux même que les auteurs avaient écrits de leur main durent être bientôt détériorés et remplacés par des copies, faites avec plus de soin. Plusieurs savants sont, il est vrai, d’un autre avis. Reitmayer cite Tertullien, disant à la fin du second siècle : Percurre eccles'as apud quas ipsæ authenticæ Apostolorum litteræ recitantur *, et soutient que par authenticæ htteræ il faut entendre la minute même des Epiîtres apostoliques. Mais ce sens est contesté. On entend par là communément /e texte original dans son intégrité, par opposition aux exemplaires suspects ou moins autorisés.
celles du texte grec. Voir Matth., xvir, 15; etc.; Marc., vin, 39; 1x, etc. ; Joan., 1, 31, etc.; vi, 52, etc.
1 Rom., xvi, 22. — ? I Cor., xvr, 21; Col., 1v, 18; IT Thess., m1, 1%. — 8 Gal., vi, 11; Philom., 19, — # I Joan., 12. Les écrits sur papyrus, sans cesse menacés par l'humidité et par les vers, duraient peu, généralement. Pline cite comme une rareté un livre qui avait duré deux siècles. Cf. S. Hicron., Epist. xxxvi. II Tim., 1v, 13, ne prouve pas que nos Epîtres aient été écrites sur parchemin. Le parchemin servait surtout pour les ouvrages de prix. — © Tert., de Præscrip., xxxvi. Cf. de Monog., x1. S. Hieron., In Isai., Lx1v, 4.
13. — Comment constater que le texte de nos saints livres est encore aujourd'hui tel qu’il était aux premiers siècles.
Il y a trois moyens principaux pour s’assurer directement de la pureté du texte ou pour la démontrer scientifiquement : les Versions, les Pères et les Manuscrits.
4° Les Versions. Elles donnent, aux nuances près, le sens du texte tel qu’il existait à l’époque où elles ont été composées. Or, nous en avons toute une série qui commence à la fin du premier siècle ou dans la première partie du second. Les versions latines en usage avant S. Jérôme touchent aux temps apostoliques ‘. L’Italique en particulier ne saurait être retardée au delà de 150 ?. Si elle n’a pas été faite sur les manuscrits des Apôtres, elle a dû l'être sur leurs premières copies. La Version syriaque Péchito, à laquelle il ne manque que les cinq derniers livres deutérocanoniques, l’Apocalypse, lEpitre de $. Jude, la Ie et la ITT° de $. Jean et la [T° de $. Pierre, est à peu près de la même époque *. Il en est d’autres du troisième siècle : les trois versions cophtes ou égyptiennes. Il en est du quatrième : la version éthiopienne qui remonte à l’époque de la propagation de la foi dans l’Abyssinie, et la version gothique (360), dont l’auteur, Ulfilas, assista au [° Concile de Constantinople en 381. [l en est du cinquième : la version arménienne, etc. *. On peut consulter ces versions, les confronter avec le texte grec, et voir si elles s'accordent au moins pour le sens.
2 Les citations des Pères et des auteurs ecclésiastiques. Quoique la plupart des travaux des Pères soient perdus, on compte encore, de la fin du premier siècle à la fin du quatrième, de S. Clément à S. Jérôme, plus de deux cents auteurs ecclésiastiques, grecs, latins, syriaques, de l'Asie Mineure, de l'Italie, de l'Afrique, de la Palestine, dont il nous est parvenu quelque écrit. Or presque tous citent le Nouveau
1 Primis fidei temporibus. S. Aug., de Doct. Christ, 11, 16. — 2? Cf. À. T., n. 126 et Infra, n. 33. —3 À. T., n. 122. La traduction actuelle de ces livres est d'un auteur moins ancien. Infra, n. 23, note. — + 4. T., n. 140-152.
INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [n° 43
ANNÉES. BZRRS F ed ä S Às.cvmie aux. | | ‘2 © CTI E S. AUGUSTIN. | 8 LS. cunxsostous.
1 L e F | : S. JÉROME.
a | | © S. AMBROISE.
> Q S. DASILE.
w : S. CRÉGOIRE NZ.
El - S. HILAIRE. ill © À|S.CYRILLE ER.
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