‹ Manuel BibliqueChapitre 10 sur 126 · S | S. CYPRIEN · texte numérisé non relu

S | S. CYPRIEN

m À FE | & = ORIGÈNE.

a f JE = || S. mpposyre.

Ses ee — # || TERTUUUEX.

2H | 1 F æ || CLÉMENT aux.

lai © | S. MÉLITON.

£ ] BTE TE a |S. APOLINURE.

à | æm || ATIHÉNAGORE.

9 {| = | nécismpe. SRE 8 | Hd TT TT fat | S. IRÉNÉE.

AAMAMEr | || s | THÉOPHIL. = en: | | } 15 | TITI | ll em À S. JUSTIN. CREER EE À © | | | s. rover, | SLR, m !!

| Q sNiCr Le CON IF E NAC | © S. DARNADÉ. | mme r o S. CLÉMENT.

= “ [=] eo [=] SOSSSCSCOSSOCODSOSCOOC0OS00e000e ANNÉES, JSSSRRSRSSRSSSRANRRINRRS I RRReNRRSSESS ARR EI SN EEE

ON oi on enbouiotpaig 1 + mq,panolu y ‘9p94 ‘U2A np 21718 EN ESS Éopryroe9 aed ‘9rz 9 ‘Jr 2x108 or sauêts say Aou a) oded nv J127j0 snunouut -mjqau amod so91dtr 19 sap[qnop ® Sa] UO ‘SEA JUATESUJNS QU poqeudre ep 4 “97e L ‘onoden 9p S1J}2] S2[ QUO) "SIMOSNUEU SOIR S0[ 91797 AU ad auQu 2p IUÊISeP FE ui doc oh ne ep 99prx auuop e mb uupuexa[e] V ded Jeusisop ap 2puNqeul 159,9 pan SAUoul (DIT sep ua oupen *UOTJU[OAPH EI & S91-S0P-ULBULIID-JUIES 0P 2IISEUOU NE PAQ[UI 919 re al ATOS el quorquoo nr à Ro a. a “sud 2p ojeuoreu anbeuJonqiE EI & FUPANOU 9$ 4H rA N aŒ 9 AQISIOI] ne £101} $9]00} JUAJUOUMII SA] -noN np 00eçd Fe . “sute-00@18 Jo sanbrjotwogors jU0S aq 12 Œ sieut ‘sa7doo sUOISIAA 101} 2NSUIJSIP UQ QLE “L ‘0010 À 0p qu T qures -saysasduurped sap ju0s 779 9 cge-£8e ep enr et op L SISUNIOOLOA “quauepso x, NPPANON Of 9918 JURA 01 JUAUUTTUOI D Y N g ua auQMaÇ quies Je <na9x J0} 2 DD]; TE ee EE OT EN TR tee JR D Ne) | ee Le RE EE eo 2 2 D | HSE er ab demo) chu) "T one men esibal ol te, ue ce IHIA | | | — — ES —— DA ae | IIA D RS NT 2 nn | Near Ze ER NIET RENE EME mOn Mme DE ot niv pes a en 2 PT ei a ER ET A ie score Ti CT A ds ae et cle de a a à 2 NC ee lu at LE dr | A || +4 IT I ES en es En um en eualudenl c\oû 0 Nil ame are I CES PE CRUE RE RER ER © —— a A lulu eu a 2 | o e BISlalés)S)ilslslgle 88/8 ls) 816) 88 #18 l2lel l8lel8lelsle 2518/14/88 )8)S)8|8) 4) 8) 83) S SIS ls Sal Sls)slsels|s S|s lé le 2131815 81881888 als és 8 al slals ss SlS S1S Sléléls ls ‘ s | -S S & 5 à Sels ï g2si<|£l lé re lsla ls ls als |S|s|a ls #lalF ire sels)? |<)*) "Ds a =) FR < = È.

En ue D. = D << ne OR —— A 31v9 na lanoivait 9340 31X31 SN RE ne TE — RSS ÉR SRES ER à SLIHODOSONVMN SNOISHHA x Se SEE

°AHQOUIUISO I, NUIARON NP ‘SOIUIOUO S9APSO UO SPILDSNUBUX xnvurQuLIÉ 39 SuOISADA S9[edrourx ; out L JE QT UT

Testament, et un grand nombre en reproduisent ou en Commentent une partie considérable ; par exemple, au second siècle, S. Justin, S. Irénée,S. Théophiled’Antioche; au troisième, Clément d'Alexandrie, Tertullien, Origène ; au quatrième, $. Hilaire de Poitiers, $. Grégoire de Nysse, S. Athanase, S. Cyrille de Jérusalem, S. Ambroise, etc. Il est vrai queles Pères s’attachentaux pensées plus qu'aux expressions, qu’ils citent de mémoire, qu’ils fondent souvent ensemble les endroits parallèles, que leurs manuscrits peuvent n'avoir pas été corrects, que leurs textes peuvent être altérés. Au moins donnent-ils, la plupart du temps, le sens des passages qu'ils allèguent; et quand ils sont d'accord ou qu’ils attestent que leur leçon est la bonne, on ne peut guère avoir de doute à cet égard. Aussi ne faut-il pas aller bien loin dans les Pères pour se convaincre de l’intégrité substantielle de nos évangiles, et même de tous les passages importants du Nouveau Testament ‘. |

2° Les Manuscrits. À défaut des minutes tracées par les Apôtres, nous avons des copies manuscrites plus ou moins anciennes. Scholtz (1774-1853) comptait de 1200 à 1300 manuscrits, contenant le Nouveau Testament, en tout ou en partie, sous une forme ou sous une autre : 675 pour les Evangiles, 200 pour les Actes, 250 pour les Epitres de $S. Paul, une cinquantaine pour l’Apocalypse. On en connaît maintenant près de 2,000 ?. De ces manuscrits, une centaine au moins sont en lettres onciales et d’une époque antérieure au onzième siècle. Ge sont ceux qui attirent surtout l’attention et qu'on a le plus étudiés.

Deux remontent au quatrième siècle : B, qui est au Vatican depuis 1475 et qui a été publié par le P. Vercellone (1869-1871), et n, du Sinaï, découvert et publié par Tischendorf (1859-1863).

1 Voir comme spécimen, l'abbé Gainet, La Bible sans la Bible, t. IV,

ch. 9. — ? Scrivener, À Plain Introd. to the textual Crilicism of the N. T.

N° 13] DU TEXTE DU NOUVEAU TESTAMENT, 21 B. — Joan. 1, 1-8 1,

“NA KAANOAGrOCKÀ GAOrOCANn SCTONSN KAIECHNOA roc üyTos HNÉNÂPXANPOCTONEN

N: — Joan., 1, 1-3, 2.

nr ENAPXHÈHNOAOT:

É AN O NOMTOC HAN TIPOCTONGNKAI OCHNOAOTOCOY TOCHNENAPXH TPOCTONON

Deux sont du cinquième, l’Alexandrin du Musée britannique, À, acheté, en 1628, par Charles [* au patriarche d'Alexandrie *, Cyrille Lucar, et publié en 1707-1720 ; et le Codex reqius, de la Bibliothèque Nationale de Paris, C, palimpseste *, publié en 1843, et souvent appelé Codex Ephreæmeticus, parce qu’au douzième siècle, on avait cherché à faire disparaître la première écriture, qui était celle des livres saints, pour écrire dessus les œuvres de $. Ephrem en langue syriaque.

1 Volume de parchemin, in-4°, que la bibliothèque du Vatican possède depuis sa fondation, 1475. Outre le texte du N. T., il comprend les Septante, Chaque page est divisée en trois colonnes. — 2 Tischendorf à trouvé ce manuscrit en 1859 au couvent de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï. J1 a 346 feuillets à 4 colonnes de 48 lignes. Avec le N. T., 1 renferme les Septante. S. Barnabé et Hermas. — 3 Depuis patriarche de Constantinople. — # Wecroc, raclé, poli; raw de nouveau. Cf. Marigny, Palimpseste, 2° édition.

A. — Joan., 1, 1-31 ( -, NA PXMMMOAOTOCIA1OÀO Poën NPOCTON6GN IKANOCHNOXOPTOC

CG. — Luc., xx, 9-10 2.

Il en est un du sixième, celui de Bèze ou de Cambridge, D,

1 Ce manuscrit se trouve au British Museum de Londres, et comprend aussi les Septante, — ? Le Codex regius, dit de $. Ephrem, n'est pas moins ancien que l’Alexandrin. Mais il est fort incomplet. On n’a pu recouvrer que 147 feuillets du Nouveau Testament et 62 des livres Sapicntiaux. CPAM Mn: 100.

qu’on a publié en 1793. Il fut enlevé par les protestants au couvent de Saint-Irénée de Lyon, en 1562, et donné par Bèze à l’Université de Cambridge, en 4581. A la différence des quatre manuscrits précédents, qui renferment, à quelques lacunes près, tous les livres du Nouveau Testament et même ceux de l'Ancien, en grec ou selon les Septante, D ne renferme que les Evangiles et les Actes, avec une partie des Epitres. Mais il est bilingue, grec-latin, et écrit stichométriquement.

D. — Matth., v, 31.

Ceres

ES 2:MÂAKATIOIONTTCOXONTNI- "bexrirAureresSsTü

Ce manuscrit a pour complément celui de Clermont, Claromontanus, Dr, qui est à peu près de la même époque et qui contient les Epitres de S. Paul. Enlevé aussi par les protestants au monastère de Clermont, près Beauvais, celuici est revenu des mains de Bèze à la Bibliothèque Nationale de Paris.

On a encore du même siècle quelques palimpsestes qui contiennent une partie des Evangiles P, Q, R, en particulier celui de Dublin Z. L'âge de ces manuscrits, quand il n’est pas indiqué dans le manuscrit même, se détermine par la nature du parchemin ou du papier, par la formedes lettres, les divisions, s’il y en a, les abréviations, la ponctuation, etc. ?.

1 Les pages n’ont qu'une colonne. Le latin est en stiques comme le grec. Fac simile de 1793. — ? Supra, n. 11. Les plus anciens manuscrits auxquels on a pu les comparer, sont : — 10 Ceux d'une bibliothèque découverte à Herculanum dans la villa des Pisons. Sur 341 de ces manuserits qu'on a pu dérouler, 18 sont latins, 323 sont grecs. De ceux-ci, 43 contiennent des écrits de Philodème, philosophe et poëte contemporain de Cicéron. Ils paraissent être de l’époque, sinon de la main de l'auteur, — 20 Des papyrus du premier siècle de notre ère, trouvés en Egypte et contenant quelques chants de l'Iliade avec trois discours de l'orateur Hypéride. — 3° Un papyrus du troisième siècle avant Jésus-Christ qu'on vient de recevoir aussi d'Egypte. Il porte le texte

Quant aux manuscrits en caractères cursifs ou minuscules, ils sont en bien plus grand nombre, dix-huit cents au moins, plus ou moins complets ; mais les plus anciens ne remontent pas au delà du 1x° siècle.

Voilà donc un troisième moyen de connaître quel était le texte des livres saints, au quatrième, au troisième et même au second siècle, car les manuscrits que nous avons ont été copiés sur des exemplaires plus anciens ‘. Joint aux deux précédents, ce moyen nous met à même de constater d’une manière certaine que le Nouveau Testament n’a pas été altéré dans sa substance.

14. — Est-il nécessaire de faire par soi-même un pareil examen?

Une étude sérieuse des manuscrits grecs demanderait à elle seule plus que la vie d’un savant. Mais on peut s’épargner ce travail sans manquer de prudence, et trancher la question par voie d'autorité. C’est ce que font généralement les catholiques ?.

L'Eglise, chargée de faire connaître les livres inspirés, est autorisée par cela même à dire quels sont les véritables textes. Or, on sait qu’au concile de Trente, elle a déclaré irrépréhensible et authentique la version Vulgate ?, et que le concile du Vatican à frappé d’anathème ceux qui n’admettraient pas comme inspirés, avec toutes leurs parties, les livres contenus dans cette version *. La Vulgate étant notoirement conforme aux textes grecs actuels du Nouveau Testament, ou n’en différant que par des détails insignifiants, on doit conclure de ces décrets : 4° Qu’on ne peut rencontrer, ni dans le texte grec, ni dans la version latine en usage dans l'Eglise, aucune altération doctrinale qui porteatteinte à la pureté de la croyance; 2° Qu'il ne s’y trouve aucun fragentier d'un traité d'Aristote dont on n'avait que des fragments : La Constilulion d'Athènes.

1 Supra, n. 12. — ? Auctoritati credere magnum compendium est, et nullus labor. S. Aug., De quant. animæ, 12. — 3 Statuit et declarat ut hæc ipsa vetus et vulgata editio, quæ longo tot sæculorum usu in ipsa Ecclesia probata est, pro authentica habeatur et nemo illam rejicere præsumat. Conc. Trid., Sess. IV. — # Conc. Vatic., de Revel., can. 4.

n° 15] DU TEXTE DU NOUVEAU TESTAMENT. 25

- ment notable ou de quelque étendue qui n’ait pour auteur

un écrivain inspiré. Ces deux principes établis, un fidèle peut être tranquille dans sa croyance, et étudier en paix la parole de Dieu.

Quant aux protestants, qui ne veulent pas reconnaître autorité de l'Eglise, force leur est de s’en rapporter à celle des hommes et de prendre pour base de leur foi le témoignage de la critique. Voilà où les conduit leur prétention de ne croire à nulle autre chose qu’à la pure parole de Dieu.

45. — A quel résultat est-on arrivé par l'étude combinée des manuscrits, des Pères et des Versions?

Depuis deux siècles, un grand nombre de savants d’Angleterre et d'Allemagne se sont voués à cette étude, d’autant plus zélés pour la lettre, qu’ils se désintéressent davantage du sens et de l'inspiration des livres ‘. Les plus connus sont Mill, professeur à Oxford (+ 1707), qui releva dans le Nouveau Testament plus de 30,000 variantes ?; Bengel (+ 1752), auteur d’un Apparatus criticus ad Novum Testamentum * : Griesbach (+ 1812), dont le Nouveau Testament grec fut fait sur plus de 200 manuscrits‘; Scholtz, de Breslau (+ 1853), qui en a donné un autre, sur un bon nombre de manuscrits non encore étudiés, mais qu’on trouva trop favorable aux manuscrits byzantins * ; Lachmann © (+ 1855), Tregelles ? (+ 1875), Tischendorf (+ 1874), dont le Nouveau Testament est précédé d’une savante Introduction et suivi de Notes critiques * ; enfin Wescott et Hort *. Voici les observations et les conclusions les plus importantes auxquelles leurs travaux ont abouti :

4° Des deux cent mille variantes que pourrait fournir

1 Excolantes culicem. Matth., xxim, 24; Infra, n. 87. — ? Novum Testamentum græcum, cum leclionibus variantibus. Oxford, 1645, 1707. — 3 Novum Teslamentum græce, cum apparatu, etc. Tub., 1734. — # Halle, 3 vol., 1774-75-77. — 5 2 vol., Leipsik, 1831-35-38. Scholtz est catholique. — 6 2 in-8, Berol., 1831. Græce et latine, Bcrol., 1842-50. — 1 The greek Test., in-4°, 1857, 1860. — 8 Editio critica major, et Editio minor, 1858; souvent rééditées. — 9 The New Testament in lhe original greek, the text revised, 2 in-12, London, 1881.

l'étude des manuscrits, des versions et des Pères, il n’y en a pas plus d’une centaine qui méritent attention, et sur cette centaine, il en est une douzaine au plus qui ont une certaine gravité, sans qu'aucune mette le moins du monde en péril la pureté de la doctrine. Les autres sont purement orthographiques ou grammaticales *.

2 Ce petit nombre de variantes auxquelles nous reconnaissons quelque gravité sont de deux sortes : 1° Les premières ont pour objet les fragments deutérocanoniques que nous avons signalés ?, les douze derniers versets deS. Marc, deux versets de $. Luc sur l’agonie du Sauveur, et l’histoire de la femme adultère. On n’a fait là-dessus aucune découverte. Nul n’ignorait, en effet, qu'il y avait eu, dans les premiers siècles, une certaine diversité dans les manuscrits et quelque divergence dans les sentiments. Loin de rendre l'authenticité de ces fragments plus suspecte, Les recherches des critiques modernes la confirment au contraire par de nouvelles raisons, de sorte qu'à cet égard, la croyance de l'Eglise se trouve aujourd’hui suffisamment justifiée *. — 2° Les autres variantes de quelque importance se réduisent à deux versets de l'Evangile de S. Jean, sur l’ange qui descendait dans la piscine *, et à un verset de sa première Epitre, sur les trois témoins *. On peut admettre avec beaucoup d’auteurs catholiques que sur ce verset, la critique n’a pas encore éclairei tous les doutes; mais en attendant qu’elle achève son œuvre, la raison ne demande-t-elle pas qu’en défère au sentiment de l'Eglise et qu’on la laisse en possession de textes dont elle fait paisiblement usage depuis douze à quinze siècles? Lors même qu'on rejetterait son infaillibilité ou qu’on croirait son enseignement désintéressé dans la question, on devrait se souvenir du soin extrême qu’elle a toujours eu d’écarter des Ecritures toute altération et toute nouveauté 5. Comme elle a pu montrer aux incrédules qu’elle a conservé dans leur pureté les autres parties des’

1 Wescott et Hort, Introd., p. 2, 1818. — ? Supra, n. 7. —3 Discours X, sur l'accord des sciences, etc. — # Joan., v, 3, 4. — 5 I Joan., v, 7. — 6 Cf. Matth, v, 18; Luc., xvr, 17. S. Aug., Epist. 1xxt, 5. Infra, n. 24.

livres saints, n'est-il pas à croire qu’elle aura également préservé cet endroit de toute falsification ?

3° En dehors de ces passages, on a peine à citer un terme ou deux pouvant servir à confirmer un dogme, et dont les recherches critiques infirmeraient la valeur. Indiquons cependant un verset des Actes, xx, 28 Au lieu de l'Eglise de Dieu, comme dans la Vulgate, on devrait lire, suivant certains critiques, l'Eglise du Seigneur : Kÿ (xvotou) en grec au lieu de 65 (Occv) ‘. Par contre, dans la première Epiître à Timothée, n1, 16, au lieu de 5, quod, admis par l’auteur de la Vulgate, un grand nombre soutiennent qu'il faut lire 0, (®zcc), et par conséquent traduire : Deus manifestatus est in carne, au lieu de Quod manifestatum est ?.

4° Au jugement d’un bon nombre de savants, de Tischendorf en particulier, les manuscrits se partagent en deux classes ou forment deux familles, qui ont leur centre ou leur origine en deux villes célèbres par le nombre et lhabileté de leurs copistes, celle d'Alexandrie et celle de Byzance. La dernière de ces villes a commencé plus tard à se livrer à cette industrie, mais elle a supplanté l’autre. Les manuscrits sortis de cette source sont moins anciens, en caractères cursifs, minuscules, ou du moins en petites majuscules, du huitième siècle, du septième au plus. [ls se répandirent surtout en Asie et dans la Grèce. À Pautre famille, celle d'Alexandrie, appartiennent les,manuscrits en lettres onciales, plus répandus en Afrique et en Italie, celui du Vatican, le Codex regius, comme aussi, malgré certaines variantes dans l’écriture, celui du Sinaï, celui de Cambridge, l'Alexandrin, etc. *. Griesbach admettait trois familles qu'il appelait recensions, bien que ce mot convint mieux pour indiquer le travail critique d’où il les faisait sortir : la recension alexandrine, la recension byzantine, et une troisième, intermédiaire

1 Adde Marc., 1, 1. — 2 Infra, n. 716. — 3 On a fait remarquer qu'Eusèbe se trouvait à Alexandrie, quand Constantin le chargea de faire confectionner, aux frais du trésor, 50 Bibles qu'il destinait aux principales églises de l'empire. Euseb., Vila Constanlini, 1v, 34-37; Theodoret, A. E., r, 16; Supra, n. 11.

quant à la date, qu’il appelait occidentale. MM. Wescott et Hot reconnaissent pareillement trois recensions, qu’ils appellent alexandrine, occidentale et neutre. Dans la pensée de ces critiques, il doit y avoir ressemblance aussi bien que parenté entre les manuscrits de chaque famille. Mais ce principe est loin d’être un critérium, et d'ordinaire il est bien difficile de discerner d’où vient tel manuscrit ou quelle est sa généalogie.

5° L'édition grecque du Nouveau Testament, connue sous le nom de Textus receptus, n’est autre que la troisième édition de Robert Etienne, réimprimée à Leyde par les Elzévirs, en 162%, avec les corrections de Bèze, jointes à celles d’Erasme ‘. Or, les manuscrits assez peu nombreux sur lesquels elle a été faite étaient presque tous minuscules ou d’origine byzantine, par conséquent d’une date moins ancienne que nos manuscrits alexandrins. De là deux appréciations tout opposées dont cette édition est l’objet. Les uns, et c’est encore le grand nombre, persuadés que les manuscrits les plus anciens doivent être les plus purs, pensent qu'en fait de variantes, elle n’a pas grande valeur. [ls préféreraient de beaucoup une édition faite sur les seuls manuscrits onciaux du quatrième et du cinquième siècle, et pour cette raison, ils la mettent au-dessous de Pédition de Complute ?, donnée en 1514 par le cardinal Ximénès. Mais d’autre critiques, aussi érudits et non moins judicieux, s'appuyant

1 Erasme avait donné son Nouveau Testament grec à Bâle, 1516-19-22- 21-35, d'après trois ou quatre manuscrits seulement. Robert Etienne reproduisit en 1550, la troisième édition, en y ajoutant les variantes qu'il avait recueillies dans une quinzaine de manuscrits de la bibliothèque de Paris. L'année suivante, il réimprima cette édition ct en distingua les versets. En 1551 et 1555, Bèze y inséra de nouvelles corrections prises de dix manuscrits nouveaux, en particulier de D et A. La première édition donnée par les Elzévirs parut à Leyde en 1624 : H xouvn Atäünun. Lugd. Bat., Ex officina Elzeviriana. Elle ne différait de la troisième d'Erasme que par l'adjonction d'une centaine de corrections, empruntées à Bèze pour la plupart. Le succès de cette édition fat tel, que dans la préface de la seconde, on la qualifiait de textus ab omnibus receptus, titre que continuent à lui donner ceux même qui se plaignent le plus de l’imperfection de l'ouvrage. — 2? Ou Alcala.

n° 45] DU TEXTE DU NOUVEAU TESTAMENT. 29

d’une part sur le fait avéré que le texte reçu ne s’écarte presque pas de celui des églises grecques actuelles, et d’autre part sur l’aveu fait par leurs adversaires que le texte de ces églises ne diffère pas de celui de $. Chrysostome et des autres Pères grecs de la fin du quatrième siècle, soutiennent que cet attachement constant d’une grande église à son texte officiel et sa fidélité à le conserver dans sa pureté depuis quatorze siècles donnent à ce texte une autorité supérieure à celle d’un petit nombre de manuscrits qui n’ont pour eux qu'une antiquité relative, qui ne paraissent pas avoir été faits avec un grand soin, et qui, dépourvus de toute garantie officielle, pourraient être des copies d'exemplaires peu exacts, comme il s’en trouvait un assez grand nombre dans les premiers siècles !. 6° Le fruit de ces recherches et le résultat de ces débats ne peuvent qu'être avantageux à l’Église. À ceux qui mettent leur confiance dans les documents les plus anciens, elle peut montrer sa version officielle, faite dès le commencement du second siècle sur des manuscrits du premier, etrevue à la fin du quatrième par le plus savant des docteurs ?. À ceux qui reconnaissent que le texte le plus sûr est le texte traditionnel, elle a droit de dire qu’il n’est ni tradition ni autorité comparables à celles qui attestent la fidélité et l'intégrité de cette version. Si donc l'énorme travail que tant de critiques protestants et rationalistes ont exécuté depuis deux siècles sur le Nouveau Testament n’a pas produit pour eux tout ce qu'ils attendaient, il a eu du moins pour nous un avantage Inappréciable : celui de justifier et de mettre à l'abri de toute atteinte nos Écritures et nos livres liturgiques. Ainsi les protestants, comme les Juifs, rendent hommage au catholicisme. Ceux-ci nous viennent en aide, en attestant l’authenticité de l'Ancien Testament et en indiquant l’objet des prophéties, ceux-là en démontrant l'intégrité du Nouveau et sa divinité. Les uns et les autres témoignent que nous avons conservé dans toute sa pureté le dépôt de la parole de Dieu *.

.4 EF. H. Scrivener, Loc. cit. — ? S. Hicron., Præf. IV in Evang. — 3 Num., xxuu, 11, 12. MM. Wescott et Hort confirment cette conclusion

ae

30 INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [n° 16

16. — Si les variantes du Nouveau Testament ne sont pas d'une grande importance, chacune en particulier, la somme n'en est-elle pas considérable?

Naturellement, le nombre des variantes s'accroît avec celui des copies. On en a trouvé plus de trente mille, dit un auteur, dans les comédies de Térence, quoique ce poète nait que six pièces et qu’on les ait copiées mille fois moins que le Nouveau Testament. Si donc on n'avait pas apporté à la transcription du livre sacré des soins particuliers, le nombre des fautes que nous retrouverions dans ses 7,959 versets serait incalculable. Qu’on n’oublie pas que, pour produire une variante, il suffit de la moindre inexactitude, par exemple de l’omission, de l'addition, du changement, non pas d’un mot ou d’une syllabe, mais d’une lettre ou d'un accent; ces sortes de faute n’échappent-elles pas à tout instant aux copistes même les plus vigilants? Qu'on se souvienne aussi que les anciens manuscrits, ne faisant aucune distinction, ni de phrases, ni de mots, étaient difficiles à déchiffrer et donnaient lieu, dans la lecture, à des méprises inévitables. Ajoutons qu’on pouvait souvent altérer le texte en croyant le rétablir, en insérant dans un évangile ce qu’on avait lu au même endroit d’un autre évangile, en changeant l’ordre des mots, en remplaçant un terme par un autre, en insérant dans les lignes une glose placée à la marge pour léclaireir, ete. .

Quoi qu’il en soit des causes et du nombre des variantes,

dans l'édition critique du Nonveau Testament qu'ils ont récemment publiée, 1881. Suivant eux, nous avons entre les mains, à quelques versets près, le même texte que les fidèles des premiers siècles. Aucune altération n’a été faite de maüvaise foi, dans l'intention de porter atteinte à la doctrine. Néanmoins, comme la plupart des protestants, ils tiennent pour interpolés les passages suivants qu'ils croient provenir de documents extracanoniques, Joan., v, 4; vit, 53-vrr, 11; Joan., v, 7; Marc., xvi, 9-20; Luc., xx1r, 43, 44; Matth., xxvur, 49. Les versets : Matth., xvi, 23, et Luc., xx11, 19, 20,31 ; xx, 34; xx1v, 8, 6, 12, 36, 40, 51,52, seraient des transpositions ou des intercalations des autres Evangiles, ayant pour cause l'usage habituel des anciennes concordances. IVOirE 4e an ele,

nous avons aujourd’hui un moyen facile d’en prendre con-

naissance et même d’en apprécier la nature et l’importance. On est convenu de désigner chaque manuscrit par une lettre ou une combinaison de lettres et de chiffres. Les manuscrits majuscules sont indiqués par une lettre romaine, grecque ou hébraïque, celui du Vatican par B, celui du Sinaï par K, PAlexandrin par A, le Codex de $. Ephrem par C, celui de Cambridge par D, celui de Dublin par Z, ete. Grâce à ce procédé, rien n’était plus aisé que d'indiquer en marge ou en notes les principales variantes du texte, avec les manuscrits qui les contiennent. C’est ainsi que Tischendorf à pu, sans trop grossir son Nouveau Testament grec *, en indiquer plus de quarante mille dans son édition critique et faire connaitre en même temps les leçons qu'il préfère ?.

1 Editio crilica major, 1858. — ? Remarquez toutefois que la plupart des manuscrits du Nouveau Testament étant incomplets, on en fait quatre classes, ceux des Evangiles, des Actes, des Epiîtres et de l'Apocalypse; et que le manuscrit désigné par une lettre pour les Evangiles ou les Actes, peut être très différent de celui qui est désigné par la même lettre pour les Epitres et pour l'Apocalypse. — 3 Scribe antique, d'après une pierre gravée du Cabinet des Antiques; à droite une écritoire et un roseau, à gauche un cahier.

32 INTRODUCTION AU NOUVEAU TESTAMENT. [n° 17

Page 1