‹ Manuel bibliqueChapitre 109 sur 476 · Ô. — Caraclère historique du livre de Tobie · texte numérisé non relu

Ô. — Caraclère historique du livre de Tobie

1° La question la plus importante à étudier au sujet du livre de ïobie est celle de sou caractère historique. Tous les protestants le regardent aujourd'hui comme un roman pieux, et ils ont entraîné quelques catholiques, comme Jahn , JMovers et, eu partie, Dtreser (3).

(1) Gutberlet, Dos Buch Tobias, p. 19.

(2) Voir II Reg., III, la, coaipuré avec I Reg., xxv, 44. Dans le premier pasèage, uous lisons : Paltiel ou Dieu est mon libérateur, et dans le second simplement PalLi, en sous-enLendant El, Dieu.

(3) « Leà difficuUés qui naisseut de cette deàcriplion [d'Asmodée] sont graves, dit Movers, pour celui qui preud le récit du livre de Tubie caus sa teneur historique; mais ce livre de l'Ancien Testament, d'ailleurs si remarquable et d'une exécution incomparable dans sa tendance didactique, renferme beaucoup d'autres éltments traditionnels qui démontreiit que l'auteur n'a voulu que transmettre fidèlement, comme il l'avait trouvée, la matière de son récit, et n'en faire qu'un ouvrage de morale. » hictioiinaire encyclopédique de la théologie catholique^ trad. Goschler, 186i, t. II, p. 61, art. Asmodée. Ce langage embarrassé est la négation du caractère historique du livre de Tobie. Nous répondrons, n» 531, aux objections tirées du rôle d'Asmodée. Il faut

i ai CnAP. VI. — TOBIE. [526]

s** La réalité de Thistoire de Tobie est attestée par les détails minnlieux du récit, la généalogie du principal personnage, qui est longuement donnée dans le texte grec le plus complet {Codex Sinaiticus), i, 1, 8, d3, 21, etc. ; les renseignements précis sur la géographie, l'histoire, la chronologie, etc.

3° Les difficultés qu*on allègue contre le caractère historique du livre de Tobie sont tirées : 4* des faits merveilleux qui y sont racontés. — Les miracles contenus dans un récit ne prouvent point par eux-mêmes qu'il est historique, mais ils ne prouvent pas non plus qu'il soit fictif, puisque Dieu peut, quand il lui plaît, intervenir surnaturellement dans les affaires de ce monde. — 2° Des inexactitudes, qu'on prétend rencontrer dans la narration. Rages, la ville de Médie que notre auteur fait exister au vin« siècle av. J.-C, ne fut bâtie, dit-on, que plusieurs siècles plus tard, par Séleucus Nicator, d'après le témoignage de Strabon {\). — Gela est faux : Strabon dit seulement que Séleucus changea le nom de Rages, lui donnant celui d'Eurôpos. Le Zend-Avesta la mentionne comme une ville déjà ancienne. — 3° C'est Téglatphalasar, IV Reg., XV, 29, et non Salmanasar, Tob., i, 2, objecte-t-on, qui avait déporté la tribu de Nephtali. — C'est peut-être Sargon qu'il faut lire au ^. 2, comme il faut le lire au y, 18, au lieu de l'Enemessaros, nom altéré, que porte le texte grec. Mais, quoi qu'il en soit, Téglatphalasar n'avait pas emmené en Assyrie la tribu de Nephtali tout entière, et Salmanasar ou Sargon purent encore trouver des hommes de cette tribu en Palestine. — 4° Quelques autres difficultés géographiques s'expliquent par la perte de l'original ou les altérations des copistes des versions.

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