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Division du chapitre

Les livres des Machabées occupent la dernière place dans l'Ancien Testament, à cause de leur date relativement récente, mais nous allons nous en occuper ici, afin de ne pas les séparer des autres livres historiques, auxquels ils se ratachent par leur sujet. Nous traiterons en trois articles: 1" de l'époque et du nom des Machabées ; 2» du !«', et 3*» du II* livre des Machabées.

ARTICLE I

Époque et nom des Machabées

Coup d'œil sur l'état du peuple juif au temps des Machabées. — Table chronologi que — Origine du nom des Machabées.

559. — État du peuple juif au commencement de l'époque des Machabées.

1** Les quatre siècles qui s'écoulèrent depuis Néhémiejusqu'à la naissance de Notre-Seigneur ne nous sont pas connus par une histoire suivie. Nous ne possédons, sur toute cette période, que les deux livres des Machabées, qui nous ont conservé la mémoire des luttes soutenues par les Juifs fidèles contre l'impiété.

2» Si cette époque n'est point la plus prospère de l'histoire

162 CHAP. IX. — LES LIVEES DES MACnABÊES. [5K9]

des enfants de Jacob, elle est du moins une des plus glorieuses, car la meilleure partie des Juifs, convertie par la captivité de Babylone, est maintenant irrévocablement attachée au service de Dieu.

3" Les animosités de leurs voisins les avaient longtemps empêchés de rebâtir Jérusalem (1) ; quand ils eurent reconstruit les murs de la ville, avec beaucoup de peine (2), leurs ennemis ne furent pas désarmés, mais ils continuèrent à leur susciter toute sorte de contradictions, II Esd., vi. De plus, le joug des Perses et les charges qu'ils leur imposaient étaient lourds à porter (3). Tant de maux affaiblirent la foi et attiédirent la piété d'un certain nombre (4) ; cependant ce qu'il y avait de plus sain dans la nation resta inébranlable et s'adonna à l'étude et à la pratique de la loi avec un zèle infatigable. Les prêtres et les scribes furent^ à cette époque, les défenseurs du mosaïsme. Avec Malachie finit le prophétismede l'Ancien Testament, cf. IMac, xi, 27; les scribes succèdent aux prophètes, non pour recevoir la révélation de l'avenir, mais pour conserver les écrits inspirés, les commenter et les prêcher. La plupart des scribes, surtout dans les commencements, furent sans doute des prêtres et des lévites, comme l'était Esdras, le premier et le plus illustre de tous (5). Cette circonstance ne contribua pas peu à augmenter l'influence du sacerdoce ; il devint le champion de la religion et de la vérité, en attendant qu'il devînt, en la personne des Machabées, la souveraine puissance ; il défendit sa patrie et sa foi contre l'invasion des princes grecs et des idées grecques, comme les prophètes les avaient défendues contre l'invasion des monarques assyriens, chaldéenset égyptiens, et contre le polythéisme sémitique ou chananéen.

4° Après la mort d'Alexandre, la Palestine, se trouvantplacée entre les royaumes rivaux de Syrie et d'Egypte, formés des

(1) I Esd., IV, 6-23; II Esd., i, 3; ii, 3.

(2) II Esd., II, 10-20 ; iii-iv.

(3) I Esd., VIT, 24; II Esd., v, 2-4, 15; ix, 36-37.

(4) Agg., I, 4; Il Esd., XIII, 10, 15; Mal., i, 6-n,8.

(5) 1 Esd., VII, 11; cf. Mal., ii, 7; Agg., ii, 12.

[ooO] ART. I. — ÉPOQUE ET NOM DES MACTATÎÉES. 1C3

débris de l'empire de ce grand conquérant, appartint tantôt aux Séleucides, tantôt aux Ptolémées, mais elle eut à souffrir également des uns et des autres. Elle se trouva alors pour la première fois en contact direct avec l'hellénisme, et ce contact, dans les villes et en particulier à Jérusalem, fut pernicieux à plusieurs. Parmi les classes élevées surtout, il s'en trouva qui se laissèrent séduire, non par ce qu'il y avait de grand et d'élevé dans la civilisation grecque, mais par ce qu'elle avait de mauvais et de favorable aux passions. L'influence nouvelle se fit sentir jusque parmi les scribes ; l'un d'eux, le premier qui ait porté un nom grec, Antigène de Socho, étudia la sagesse païenne, et deux de ses disciples furent les fondateurs de la secte sadducéenne, quoique il restât lui même orthodoxe {\). Les Juifs de la dispersion, à Alexandrie, à Antioche, en Asie-Mineure et dans les villes des bords de la Méditerranée, ressentirent bien plus encore les atteintes de l'esprit hellénique et, par contre-coup, nuisirent ainsi à leurs frères de Palestine, avec qui ils entretenaient toujours quelques rapports.

5° C'est à Alexandrie, où les descendants d'Abraham étaient en grand nombre, que se forma, sous les premiers Ptolémées, celte forme particulière du judaïsme que Ton a appelée l'hellénisme et qui consiste dans une sorte de syncrétisme, dont le but est de mettre d'accord la révélation divine avec la philosophie grecque. En se rendant en grand nombre à Jérusalem, pour la célébration des fêtes religieuses, les enfants de Jacob, qui habitaient la capitale de l'Egypte, apportaient avec eux en Judée les idées nouvelles, cette commixtio dont parle l'auteur du second livre des Machabées, xiv, 3.

6*' Il devait résulter de là nécessairement des divisions et des partis au sein de la communauté mosaïque. C'est ce qui ne tarda pas à arriver. Les uns restèrent strictement fidèles aux vieilles traditions; on les appela Assidéens, an^Dîl, khasîdiniy 'AaiSaioi, Assidœi, les pieux (2) ; les autres, les heilénisants, penchèrent fortement vers les innovations étrangères

(1) Ewald, Geschichte des Volkes Israël, 3e édit., t. iv, p. 357.

(2) 1 Mac, II, 42 (Vulg.) ; vu, 13 : II Mac, xiv, 6.

16 i CIIAP. IX. — LES LIVRES DES MACHIBÉE.'?. [560]

et ils reçurent le nom flétrissant d'impies et de pécheurs, iniqui,peccatores (1). Les deux partis ne devaient pas être moins divisés en politique qu'en religion. Les Assidéens étaient les patriotes ; les hellénisants étaient les soutiens des Séleucides ou des Ptolémées. A un moment donné, le parti étranger menaça d'étoufler le parti national et de faire triompher le paganisme sur les ruines de la vraie religion. C'est alors que Dieu suscita les Machabées, qui sauvèrent la religion avec la patrie. Les livres des Machabées nous racontent leur histoire.

* 560. -- Table chronologique do Zorobabel à Simon Machabée.

At. j.-c.

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