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le témoignage d'un auteur latin à celui d'un écrivais plus ancien, nous nous bornerons à remarquer que l'historien juif ne parle point de testament, et que ce qu'il avance est confirmé par une tradition très répandue en Oriejit (i). Les récits antiques sur la mort d'Alexandre et la manière dont il régla sa succession sont contradictoires (2); dans cet état de choses, on n'apoinUo droit de déclarer que l'auteur de I Machabées s'est trompé. Du reste, Fauteur sacré ne dit point qu'Alexandre partagea son empire entre ses généraux et les éleva à la dignité royale; il dit, au contraire, un peu plus loin, I, 9-10, qu'ils ne devinrent rois qu'après sa mort. Le sens de sa phrase, c'est qu'Alexandre mit à la tète de chaque province un de ses généraux pour la gouverner en son nom (3).
2*» L'objection faite au sujet de ce qui est dit des Romains, I Mac, VIII, 1-16, ne repose sur rien de sérieux. L'auteur parle de ce grand peuple avec les sentiments qu'en avaient alors ses compatriotes, il ne se préoccupe pas de démêler les motifs qui inspiraient la politique du sénat; son récit ne contient point d'erreurs qui lui soient imputables.
3° Les rapports de parenté entre les Juifs et les Spartiates, mentionnés dans une lettre rapportée, xii, 6-8, peuvent sans doute surprendre, mais rien ne prouve qu'ils n'existaient pas. Le progrès des études historiques constate tous les jours des relations qu'on n'avait pas soupçonnées jusqu'ici entre la
(1) Cf. d'Herbelot, Bibliothèque orientale, 1697, p. 318; Moïse de Khorêne (f 470), Hist. Armen. cum vers. Whiston, t. ii, p. H ; Jean Malalas, Chronograph., viii, éd. Bonn, p. 195.
(2) Voir, outre les auteurs déjà indiqués, Arrien, vu, 26, et Q. Curce X, V, 5, qui prétendent qu'il laissa son royaume au plus digne ; Diodore de Sicile, xvm, 2; Justin, xii, 15; Q. Curce, X, v, 4, qui disent qu'il remit son anneau àPerdiccas. Cf. encore Ammien Marcellin, xxiii, 6; Joruandès, De Get. rébus, x, Migne, Patr. lai., t. Lxix, col. 1260.
(3) Celte interprétation, donnée par le P. Patrizi, s'accorde avec le récit de Justm, disant, xv, 2, 13 : « Hujus [regii] honoris ornamentis, tamdiu omnes abstinuerunt^ quamdiu fîlii régis sui superesse potuerunt. Tanta in illis verecundia fuit, ut cum opes regias haberent, regum tamen noniinibus œquo auimo carueranL, quoad Alexandre justus hœres fuit. »
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Grèce et l'Asie. Des liens de consanguinité pouvaient donc exister entre les Juifs et les Spartiates (l). L'auteur du second livre des Machabées, v, 9, fait allusion à cette tradition (2),
4* On a reproché aussi à l'auteur du premier livre des Machabées des exagérations dans le récit des victoires des Juifs sur les Syriens (3). C'est à tort. Ce livre ayant été écrit en hébreu et par un Hébreu , on ne devrait point être surpris d'y rencontrer quelques hyperboles, dans le goût des Orientaux; mais en réalité, l'historien y parle comme les autres historiens de l'Ancien Testament, ou même avec plus de sobriété.
5° Enfin, quelques critiques ont nié l'authenticité des documents officiels contenus dans ce livre (4). Mais ils ne peuvent donner aucune preuve de leur négation. Les moyecis
(1) Les protestants sont allés jusqu'à nier l'authenticité des lettres reproduites par le premier livre des Machabées. Ils ont été réfutés par H. J. E. Palmer, De epistolarum, quas Spartani atque Judsei invicem sibi misisse dicuntur, ventate, in-4o, Darmstadt, 1828. 1» Palmer a très bien montré qu'il était tout à fait contraire aux idées juives d'inventer une telle parenté avec des païens. Pour qu'un écrivain de la race d'Abraham émît une pareille assertion, il fallait qu'elle fût fondée. — 2° Quelques critiques ont pensé qu'il ne s'agissait pas ici de Sparte Lacédémone, mais d'une autre Sparte dont le nom hébreu est Sépharad Abdias, f. 20 (Bosphore, dans la Vulgate), et où il y aurait eu un petit royaume juif. Bost, L'époque des Machabées, Histoire du peuple juif depuis le retour de C exil jusqu'à la destruction de Jérusalem, iu-l2 1862^ p. 248 250. Cette explication est inconciliable avec H Mac!, v, 9' qui porte Lacédémone, nom qu'on ne peut identifier avec l'hébreu Sépharad. — 3» Haneberg prétend, Histoire de la révélation biblique^ t. H, p. 107, que la parenté des Juifs et des Spartiates est une erreur' imputable du reste non à l'auteur sacré, mais au roi de Sparte. Cette explication ne se concilie que difficilement avec II Mac, v, 9. Voir Les Livres Saints et la critique rationaliste, 2" édit., t. iv, p. 143.
(2) Josèphe a reproduit ces documents, Ant.jud., XIll, v, 8; XII, iv 10. — M. Clermont-Ganneau a signalé de curieux rapprochements entre les usages juifs et ceux d'Élis dans le Péloponèse, Le Dieu Satrape et les Phéniciens dans le Péloponèse, Journal asiatiqne, 1877 t 11 p. 157-236. ' ' '
(3)1 Mac, IV, 14; v, 34; vi, 47; vu, 46; xi, 43-51. (4) IMac, VIII, 23-32; x, 18-20, 25-45; xi, 30-37; xii, 6-23; xiii, 36-40; XIV, 20-23; 27-49; xv, 2-9, 16-21.
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de contrôler l'exactitude de quelques-unes de ces pièces nous font défaut ; pour celles qui émanent des rois de Syrie, elles portent des marques incontestables d'authenticité.
564. — Enseignements contenus dans le premier livre des Machabées.
Q" Le premier livre des Machabées contient des passages importants sur Tattente du Messie, appelé le « prophète (1) ; o sur la confiance que nous devons avoir en Dieu et l'obéissance à sa volonté (2), sur Tamour des Saintes Écritures, XII, 9, etc.
2° On a remarqué que le nom de Dieu manque presque complètement dans le premier livre des Machabées, quoique il soit très souvent parlé de lui, et l'on a tenté, sans motif, d'en faire une objection contre l'inspiration de son auteur. Le mot Dieuy correspondant à El ou Élohim^ ne se lit qu'une fois dans le texte grec, m, 10, et encore manque-t-il, à cet endroit, dans le Codex Alexandrinus et dans tous les bons manuscrits. Le mot Seigneur, par lequel les Septante ont rendu dans leur version le tétragramme divin, Jéhovah, se lit trois fois, iv, 24, et VII, 37, 41, dans les éditions ordinaires, mais n'estjamais non plus dans les meilleurs manuscrits. Cependant, si le mot est absent, l'idée ne Test pas, et par conséquent il n'y a pas lieu à tirer de ce fait la moindre objection contre l'inspiration du livre. C'est là une singularité philologique, ce n'est pas une difficulté doctrinale. Ou bien Dieu est désigné sous le nom de Ciel^ ou bien il est parlé de lui simplement soit à la troisième personne, soit à la seconde (3). Des critiques ont pensé que cette omission du nom sacré provenait de ce que déjà, à cette époque, les Juifs regardaient le nom de Dieu comme ineffable, et ne le prononçaient jamais. Cette explication peut être admise pour le nom de Jéhovah, qu'au-
(1) I Mac, IV, 46; XIV, 41. Il est appelé dans le second passage le prophète fidèle. Tous les exégétes ne voient pas cependant le Messie dans ces deux versets.
(2) I Mac, II, 20-22, m, 18-22, 60; iv, 8-11; xii, 15; xvi, 3.
(3) I Mac, III, 18, 19, 22, 50-53, 60; iv, 10, 24, 30, 40, 55; v, 33; VII, 37, 41; XII, 15; xvi, 3.
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cune bouche juive ne faisait, en effet, jamais entendre, mais on ne voit nulle part qu'on ait eu quelque scrupule, à aucune époque, de nommer Dieu El ou Élohim. La raison de cette particularité nous échappe donc ; il est possible d'ailleurs que le texte original portât un nom divin, au lieu du mot ciel, et que ce dernier mot ait été inkoduit parle traducteur, peut-être à la place de Jéhovah (1).
* 565. — Langue originale du premier livre des Machabées.
Le texte original du premier livre des Machabées est aujourd'hui perdu, mais nous savons qu'il avait été écrit en hébreu. Machabœorum prîmum librum hebraicum reperiy dit S. Jérôme dans le Prologus Galeatus ; secundus grœcus est, quodex ipsa quoque phrasi probari potest (2). Ce que dit le saint docteur du second livre, que le style suffit pour en faire connaître la langue originale, s'applique aussi au premier. A travers la traduction, en grec alexandrin semblable à celui des Septante, n°' 81-83, perce la phrase sémitique ; les expressions sont helléniques, la construction et la manière de parler sont hébraïques ; des idiotismes sémitiques ont été traduits mot à mot (3) ; bien plus, quelquefois, le sens n'est pas parfaitement rendu, et l'original hébreu, qu'il est facile
(1) La Vulgate a assez souvent Deus et Dominus : Deus cœli, m, 18; Deus, m, 53, etc.; Dominus, m, 22; iv, 10, etc., quoique ces noms ne soient pas dans le grec. Le livre d'Esther, comme nous l'avons vu, n» 550, ne contient pas non plus le nom de Dieu dans sa partie protocanonique.
(2) Origène'dit, dans Eusèbe, H. E., \i, 25, t. xx, col. 581 : Ta Maxxaêaïxà, â;:sp èTttYeYpauxat 2ap6ri9 Sapêavi^ êX. On entend ce passage du premier livre des Machabées, et l'on pense que les mots Sarbetfi Sorbane e/ indiquent son nom hébreu, en même temps qu'ils nous apprennent en quelle langue il a été écrit. Ils signifient, selon l'explication la plus vraisemblable, sceptre, c'est-à-dire commandement, ou histoire du gouvernement des princes des enfants de Dieu ou du
peuple de Dieu, Sn >33 'VD 0»31tt7.
(3) I Mac, I, 16, xal ^^Totfxâcjeyj #, pa<TiXeia, Vulgate, i, 17, et paratum estregnum, mDlD pDIT), vatthikôn malkouth, et le royaume fut fortifié, le verbe konn ayant le double sens de préparer et de rendre solide. Voir aussi i, 36 (Vulg., 38); ii, 57; m, 32; i, 28 iVulg., 29); u, 8, etc.
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de reconstitaer dans ces passages, explique aisément l'inexactitude du grec (1).
566. — Date de la composition du premier livre des Machabéea.
Les derniers mots de ce livre, xvi, 23-24, qui renvoient aux annales du pontificat de Jean Hyrcan, mort en l'an 107 av. J.-C, indiquent que l'auteur écrivait quelques années après la mort de Simon, qui eut lieu en 135 av. J.-C, peutêtre pendant que le grand-prêtre Jean Hyrcan vivait encore. L'ensemble du récit montre que l'historien était peu éloigné des événements qu'il raconte. Nous ne savons du reste absolument rien sur sa personne. La traduction grecque est fort ancienne, car Josèphe s'en est servi dans la rédaction de ses Antiquités hébraïques, 1. XII et XIII, et l'a souvent copiée mot pour mot.
* 567. — Du texte grec et des autres versions du premier livre des Machabées.
V Le texte grec'du premier livre des Machabées se trouve dans le Codex A lexandrinus et dans le Codex sinaiticus^ qui sont généralement d'accord ensemble. Il manque dans le Codex Vaticanus, qui servit à faire l'édition romaine ou Sixtine de la Bible grecque, n** 109; on ignore de quel manuscrit fut tiré le texte qu'on lit dans cette édition.
2" La version latine de notre Vulgate n'a pas été faite par S. Jérôme ; c'est celle de l'ancienne Italique. Elle traduit en général très fidèlement le texte grec, mais non sans un certain nombre de changements, d'additions ou d'omissions, presque tous d'ailleurs sans importance.
S** Il existe une traduction syriaque ancienne de ce livre; elle est reproduite dans le tome IX de la Polyglotte de Le Jay et dans le tome IV de celle de Walton. Elle dérive du grec, et le rend assez exactement; elle emploie fréquemment deux mois araméens pour traduire un seul mot grec.
(1) I Mac. IV. 24. ôxi y.a)iv au lieu de de Srt àyaQo;, quoniam bonus^ hébreu : Dlî3 O, td iôb, Voir aussi iv, 19.
2î. K. — ANTIOCHUS V EUPATOR, ROI DL SYRIE.