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COI] ART. IV. — DES STROPHES

Mais toi, Jéhovah, tu es mon bouclier,

Ma gloire, celui qui relève ma tête.

Ma voix invoque Jéhovah Et il m'exauce de sa montagne sainte. — Sélah.

Moi je me couche et je me réveille sans inquiétude,

Parce que Jéhovah est mon soutien.

Je ne crains pas la multitude du peuple Qui tout autour de moi me tend des pièges.

Lève-toi, Jéhovah I sauve-moi, ô mon Dieu I

Frappe mes ennemis à la joue,

Brise les dents des méchants.

A Jéhovah le salut!

Sur ton peuple ta bénédiction. ~ Sélah (1).

* 601. — Moyens de distinguer les strophes.

V Le développement de la pensée, en quatre groupes distincts, est tellement visible dans le Ps. iii^ ainsi que dans plusieurs autres, qu'on y distingue sans aucune difficulté les strophes les unes des autres. Mais il n'est pas toujours aussi aisé de les discerner. Quoique ce soit une règle de la poésie lyrique de consacrer une stance et une stance seulement à chaque pensée, cette règle souffre des exceptions. Tantôt deux pensées différentes sont condensées dans une seule strophe ; tantôt la même pensée se développe et se poursuit au delà de cette limite. Tous les poètes, dans tous les temps. se sont donné des licences dans ce genre , depuis Pindare et Horace jusqu'à nos jours. De plus, le nombre des vers qui composent la stance peut être irrégulier; ici il est plus long, là il est plus court. La distinction des strophes est donc quelquefois très incertaine. Pour les poètes grecs, latins et français, on indique au lecteur, par quelque artifice d'impression, l'endroit où elles finissent. La tradition ne nous ayant pas conservé ces coupures dans la poésie hébraïque, l'étude seule peut nous les faire découvrir.

2° Quand le sens, qui doit être examiné avant tout, ne

(1) M. Bickell, Carmina Veteris Testamenti\ p. 2, supprime le vers : « Frappe mes ennemis à la joue, » comme une addition inutile, et a ainsi 4 strophes de 4 vers. — La division en quatre strophes de quatre vers est également manifeste dans le Psaume cxx (cxxi).

208 CBAP. I. — DE LA POÉSIE BÉBRAlQUE. [601]

suffit pas, il est possible d'arriver à la détermination des strophes par quelques autres moyens.

3" Le premier de ces- moyens accessoires est le refrain^ qui revient régulièrement dans un certain nombre de psaumes, comme dans les Ps. xli et xlii, qui ne font qu'un, où le refrain : Pourquoi t' affliges- tu ^ mon âmey se lit aux versets XLT, 6, 42 et XLII, 5, et produit un effet saisissant (1).

Af'' Le second signe auquel on peut reconnaître la fin d'une strophe est le mot hébreu sélah. Le sens en est inconnu. Les Septante Font traduit par 8iâ(^aXiJ.a, mot également obscur, mais qui paraît indiquer avec raison une coupure, une division dans le poème (2). Un grand nombre de critiques récents admettent que sélah est une note qui marque la fin d'une strophe, quoique elle ait pu avoir aussi une autre signification (3).

(1) Le refrain marque ordinairement la fin, quelquefois le commencement de la strophe. Dans le Psaume Lxii, chaque strophe commence par le mot ak, versets 2, 6 et 10, et les versets 2 et 6 commencent par le même vers. Le commencement des deux premières strophes du Ps. CXL est aussi à peu près le même, versets 2 et 5. On le rencontre dans

les Ps. XXXIX, XLII, XLIII, XLVI, XLIX, LVI, LVII, LIX, LXlI, LXIV, LSVII,

Lxxviii, Lxxx, xcix, cvii, cxLiv, selon l'hébreu. Il y a aussi quelque» refrains, Jud., v; II Sam i, 19-27; Is,, ix, 11, 16, 20; x, 4; Amos, i, 2. Le refrain est d'un verà, Ps. xxxix, 6, 12; Is., ix, 11, 16, 20; de deux, Ps. XLII, 6, 12 et XLIU. 5: XLVi, 8 et 12 ; xLix, 13 et 21; Lvii, 6 et 12; LXXX, 4, 8 (15), 20; xcix, 5 et 9; de quatre, Ps. cvii, 8 et 9, 15 et 16, 21 et 23, 31 et 32.

(2) Sur les divers sens donnés au mot Stà«t/aX{xa, on peut voir S. Grégoire de Nysse, t. XLiv, in Ps. c. x, col. 534-538 ou t. LXix,col. 703-707.

(3) Nous avons vu plus haut, n° 600, dans le Ps. m, le mot sélah trois fois répété et indiquant en effet la fin des strophes. Outre le Ps. m, on le trouve aussi dans les Ps. iv, vu, ix, xv, xxi, xxiv, xxxii,

XXXIX, XLIV, XLVI, XLVII, XLVIII, XLIX, L, LU, LIV, LV, LVII, LIX, LX, LXI, LXII, LXVI, LXVII, LXVIII, LXXV, LXXVI, LXXVII, LXXXI, LXXXII, LXXXIII, LXXXIV, LXXXV, LXXXVII, LXXXVIII, LXXXIX, CXL, CXLIII, Cn tOUt

trente-neuf psaumes, plus Habacuc, iii^ ce qui fait quarante poèmes où se lit le sélah. — Le sélah marque-t-il toujours et sans exception la tin d'une strophe? Plusieurs le pensent, mais ce fait est douteux. Il est manifestement placé à la fin d'une strophe, Ps. xxxix, 6, 12; Lxvi, 4, 7, 15; LXXVI, 4, 10; lxxxi, 8; Lxxxiii, 9; Lxxxiv, 9; lxxxix, 38, 46, 49; CXL, 6, 4, 9; cxLiii, 6. Il ne paraît pas eu être de même des Ps. IV, 5; xxii, 6; lv, 8; lxvii, 2; lxviii, 8, 33; LXXXV, 3; lxxxvii, 6; LXXXVIII, 8. Dans le Ps. lv, 20, et Habacuc, m, 3, 9, le sélah est au

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