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Enseignements contenus dans les Psaumes

« C'est par les Psaumes que commencent les développements instructifs sur les qualités de Dieu, sur la nature humaine, sur les vices et les vertus privés, sur le bonheur et le malheur des méchants, qui ne pouvaient trouver de place ni dans les majestueux livres de Moïse, ni dans les énergiques productions de l'époque des Juges (2). » — a Nullum aliud canticum nos docet Deus, nisi fîdei, spei et charitatis (3). » Ces chants sacrés nous apprennent à connaître Dieu, à l'aimer et à le servir, en nous révélant sa nature, ses attributs, les raisons et les moyens que nous avons de lui plaire et de nous assurer sa protection. « Le livre des Psaumes, dit S. Basile, contient une théologie complète (iviauôx evt OsoXoYÎa Tc).£(a) ; la prophétie de la venue de Notre-Seigneur dans la chair, les menaces du jugement, l'espérance de la résurrection, la crainte du châtiment, les promesses de la gloire, la révélation des mystères : toutes ces choses sont recueillies dans ce livre comme dans un vaste trésor, ouvert à tous (4). »

(1) On peut y joindre les Ps. m; iv; v; î; xiv, xvi; xvii; xxii; XXIII ; XXVI ; xxvii; xxviii; xxix; xlvi; xlviïi; lui; liv; lv; lvi; Lviii; Lxiii; Lxvr, lxix; lxx; lxxii; lxxv; lxxvi; lxxxiv; lxxxv; Lxxxvii; xciii; xcv; xcyii; xcviii; cvi; ex; cxiu; cxix; cxxxvin; cxL; cxLi; cxLii. Les Ps. xLv; xlvii; lxxviii; lxxix; lxxxvi; cxxi; cxxvi; cxLvii, s'appliquent particulièrement à l'Église, et les Ps. Lxxxiii et xciv à la céleste Sion. — A cause du sens prophétique du Psautier, c'est de tous les livres de l'Ancien Testament celui qui est le plus cité dans le Nouveau ; sur 283 citations de l'Ancieii Testament, faites dans le Nouveau, 116 sont tirées des Psaumes.

(2) Herder, Histoire de la poésie des Hébreux^ 2« partie, chap. ix, trad. Carlowitz, p. 474. — « Liber Psalmorum, dit S. Hippolyte, In Psalm., t. X, col.G07,novam doctriuam (ôiôaaxaXiavjcontinetpostlegemMoysis. »

(3) S. Aug., E narrât, in Ps. xci, n° 1, t. xxxvii, pars 2^, col. 1171.

(4) S. Basile, Hom. I in Ps., n° 2, t. xxix, col. 214. Suicer a réuni les plus beaux éloges que les Pères grecs ont fait des Psaumes dans son Thésaurus ecclesiasticus, au mot iJ/aÀtioç, 1682, t. 11, col. 1365-1568. — '< A la vérité dire, je n'estime livre soubs le ciel qui puisse être com-

s. Basile dit encore : « Psalmus tranquillitas animarum est, signifer pacis, perturbationes vel fluctus cogitatioiium cohibens, iracundiam reprimens, luxum repellens, sobrietatem snggerens, amicitiam congregans, adducens in concordiam discrepantes, reconcilians inimicos (1). »

659. — Objections contre la doctrine contenue dans les Psaumes.

l** On a reproché aux Psaumes les imprécations qu'ils renferment contre les ennemis du peuple de Dieu (2). — Il est vrai que les chantres sacrés s'expriment en termes très forts, quand ils parlent des pécheurs qu'ils abhorrent, ou des oppresseurs de leur peuple contre lesquels ils invoquent la puissance de Dieu; mais il est facile de le comprendre, quand on fait attention que leurs ennemis sont les ennemis de Dieu même (3) : les méchants outragent le Seigneur par leurs crimes; ceux qui attaquent Israël s'attaquent à son Maître ; l'asservissement de la race élue n'est pas seulement une iniquité, c'est un sacrilège ; le Psalmiste, plein d'une sainte haine pour le mal, ne peut le voir de ses yeux sans souhaiter fortement sa punition; il prend en main les intérêts de Dieu offensé (4).

paré au Psautier. Parquoy s'il nous fallait impétrer de Dieu par grandes prières et souhaits un long livre contenant sommairement la moelle de l'Escriture et les choses d'eslites d'icelies, il ne pourrait estre autre que le Psaullier, ou du tout semblable à iceluy. » Préface d'un vieux Psautier, 1552; delaJugie, Les Psaumes d'après l'hébreu, épigraphe.

(1) Prolog., in Ps., dans les OEuvres de S. Augustin, à qui ce prologue avait été attribué, t. xxxvii, pars I^ col. 64, ou S. Basile, loc. cit., col. 211. — On peut voir dans Bellenger, Liber Psalmorum, Prœfatio, g 11, Psalmorum ad redam vitœ institutionem utilitas, 1853, p. v.

(2) Ps. XVII, 38-39, 43; LViii; lxviii; lxxviii; cviii; cxxxvi; 8-9, etc.

(3) Ps. cxxxviii, 21-23; cxviii, 139, 158. Le Ps. v, 7-10, en particulier, montre très bien comment, dans l'âme du Psalmiste, la haine du péché se confond avec l'amour de Dieu et ne forme qu'un seul et même sentiment.

(4) « In peccatoribus duo possunt considerari, dit S. Thomas, 2> 2» , q. 25, a. 6, scilicet natura et culpa... Secundum naturam suam, sunt ex charitate diligendi... Secundum culpam, quaDeo adversantur, sunt odiendi... Debemus enim in peccatoribus odire, quod peccatores sunt, » Voir Bossuet, Dissertatio de Psalmis, c. I, n» xiv, p. 26-29; Bellenger, Liber Psalmorum, Prolegomem, c. Vi, éd. de 1853, p. xxxvi-xLii.

[GCtO] ART. r. — INTRODUCTION AU LIVRE DES PSAUMES. 255

2° On a reproché aussi aux Psaumes d'ignorer la vie future et de réduire les espérances de Thoinme à celles de la vie présente. Nonmortui laudabunt te, Domine^ lisons-nous dans le Ps. cxiii, 17, et celte pensée revient plusieurs fois ailleurs en termes analogues (I ) .

Nous reviendrons plus loin sur cette question, à propos de l'Ecclésiaste, contre lequel on fait la même objection que pour les Psaumes, n° 856. Bornons-nous à remarquer ici : V que Dieu n'avait pas révélé dans l'Ancien Testament, avec la même clarté que dans le Nouveau, quel serait l'état des âmes après la mort ; 2° qu'il se servait surtout des promesses et des menaces temporelles pour porter les Juifs à Tobservation de sa loi ; 3° que les paroles du Psalmiste ne supposent en aucune façon la mort de l'âme et ne sont pas une négation de l'autre vie, mais la constatation de l'impuissance où étaient les saints de l'Ancien Testament de louer Dieu dans les limbes ; il est certain qu'avant que Jésus-Christ eût ouvert les portes du ciel aux âmes justes, celles-ci ne pouvaient jouir de la vision intuitive, et que par conséquent la mort avait pour elles une horreur particulière (2). 4*^ Plusieurs passages des Psaumes attestent la croyance à une autre vie (3).

§ II. — De la traduction des Psaumes daiNS les Septante

ET DANS LA VuLGATE.

Traduction des Septante, — de la Vulgate. — Utilité du texte original pour l'intelligence de la Vulgate. — Explication des mots difficiles qu'elle contient. — Particularités de construction et de syntaxe.

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