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I. La traduction grecque des Psaumes

* 660. — Origiue de la version grecque des Psaumes. La plus ancienne traduction des Psaumes qui existe est celle qui porte le nom des Septante. Elle était faite au moins avant

(l)Ps.vi,6. Cf. cxiii,17; cxiv, 9; cxlv, 4; xxix, 10; lxxxvii,6, 1M3.

(2) Bossuet, Dissertatio de Psalmis, c. i, no x, p. 19-20. Cf. La Bible et les découvertes modernes, De la croyance des Hébreux à Cùnmortalité de l'âme, ch. vi, 5^ édit., 1889, t. m, p. l5o sq.

(3) Ps. XV, 9-10; LXi, 8-9; Lxxxiii, 5; Lxxii, 23-28; xvi, 15; XLVii, lo; XXXVI, 18.

256 CHAP. m. — LES PSAUMES. [661]

Tan 430 avant J.-C, quand le petit-fils de l'auteur de l'Ecclésiastique alla en Egypte, n° 107. Le texte qui servit à rendre en langue grecque une des parties les plus difficiles de l'Ancien Testament, n'ayant point de voyelles, n° 408/ offrait par suite dans plusieurs passages un sens un peu vague; aussi la version est-elle plus d'une fois obscure (4).

* 661. — Caractères de la version grecque des Psaumes.

« La traduction des cinq livres de Moïse, dans les Septan!e, dit M. Tlialhofer, est faite d'une manière supérieure ; mais on ne peut pas en dire autant de celle des Psaumes, et quoique les jugements que les savants ont portés sur elle soient souvent trop sévères et exagérés, on est cependant forcé d'avouer qu'elle laisse fréquemment beaucoup à désirer dans les détails. Ainsi, dans un trop grand nombre de cas, le traducteur grec rend servilement et mot à mot le texte hébreu et donne à sa version une couleur hébraïque très forte ; quand, par exemple, on trouve le futur en hébreu, il rend aussi, généralement, le verbe original par le futur, quoique le sens demande le présent ou l'aoriste, etc.; de même, quand le verbe hébreu est au prétérit, quoique il ait la valeur du présent, du futur, de l'imparfait ou du plusque-parfait, le traducteur grec emploie néanmoins le parfait ou l'aoriste. Il n'est pas moins esclave de l'original par rapport aux prépositions, aux conjonctions, etc.; les membres de phrase du texte original, surtout dans les titres, qui sont si obscurs, ne paraissent pas avoir été bien compris par lui ; dans certains endroits, il a mal lu les mots hébreux, changé

(i) Le texte des Psaumes, tel qu'on le lit dans l'édition reçue dtjs Septante, s'écarte peu des divers manuscrits grecs publiés depuis le siècle dernier, à la différence des autres livres de l'Ancien Testament. Les principales publications de ce genre sont : \oPsaltevium Veronense, du ye au vi® siècle, édité par Bianchini, en 1740; le texte grec est en lettres latines avec l'italique à côté ; 2» Psalterium Turicense purpureum^ du ve ou VI® siècle, édité par Breitinger, en 1748; 3o Psalmoi^um fragmenta papyracea Londinensia, du iv^ siècle, dans les Monumenta sacra inedita, nova collectio, t. i, de TischendorI; 4*» Fragmenta Psalmorum Tischendorfiana, du v« ou iv« siècle^ dans la même coilectioû, t. ii.

les consonnes, mis d'autres voyelles ou d'autres accenis que les Massorètes ; de là les divergences entre l'hébreu et la version (1). Il serait néanmoins injuste de prétendre que le traducteur s'est trompé par ignorance de la langue ou par suite d'une fausse lecture, toutes les fois qu'il s'écarte du texte massorétique. Assez souvent, il doit avoir eu sous les eux un texte réellement différent de celui dont se servirent plus tard les Massorètes, et ce texte reproduisait, dans plus d'un cas, la véritable leçon primitive, de sorte que, autant qu'on peut en juger aujourd'hui, ses variantes sont quelque-: fois préférables à celles de la Massore (2). »

* 662. — Importance de la version grecque des Psaumes.

La traduction des Septante, malgré ses imperfections, a la plus grande importance : 1° parce quelle est la plus ancienne de toutes celles que nous possédons, et par là même un monument de contrôle inappréciable pour la critique du tes^te hébreu; 2° parce que la plupart des citations des Psaumes dans le Nouveau Testament lui sont empruntées (3) ; 3* parce qu'enfin notre Vulgate, qui a conservé pour les Psaumes l'ancienne version italique, n*" 124 et 130, n'est qu'une traduction latine de cette traduction grecque,

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