Livre L Ps. i-xl
C73. — Psaume i : Deatus vir qui non abiit.
Sort contraire du juste et du pécheur.
Sans titre (1). — Il sert d'introduction à toute la collection des Psaumes. — Trois str., de 5 vers; 1-2; 3; 4-6. — 1'*^ str., 1-2. Bonheur du juste, 1, qui évite le mal et, 2, observe la loi, c'est-à-dire pratique le bien. — 2° str., 3. 11 est semblable à un arbre abondamment arrosé qui produit des fruits et est toujours couvert de verdure. — 3*" str. 4-6. Malheur du pécheur : au contraire, 4, il ne ressemble pas à UQ arbre verdoyant, mais à la paille que le vent emporte de
(1) Dans cette explication des Psaumes, nous indiquerons d'abord quel est le sujet de chacun d'eux, nous donnerons ensuite le titre, puis, s'il se peut, nous dirons dans quelle circeustance le poème a été composé; enfin quelle est sa division, le nombre de strophes qu'il renferme et, ordinairement, la pensée principale de chaque strophe. Il ne nous sera pas possible d'éclaircir en délail les passages obscurs ni de résoudre les difficultés particulières qu'on rencontre dans un grand nombre de psaumes; cela nous mènerait trop loin. « Non delectabit Psalmus per singulos versiculos anxie excussus, ac velut articulatim incisus, répéterons-nous avec Bossuet, tu mihi Psalmi scopum, tu lenorem universum mente complectere. » Dissert, in Psalm., c. vu, n. 37, p. 67. — Pour étudier cette analyse avec fruit, il faut avoir constamment le texte des Psaumes sous les yeux et faire soigneusement le travail personnel indiqué n» 669, note 2, p. 273.
l'aire, 5. il ne saurait par conséquent soutenir (i) le jugement de Dieu, c'est-à-dire en sortir absous, 6. parce que Dieu connaît très bien en quoi consiste la vie du juste ; la voie de l'impie mène à la perdition. — L'opposition qui est dans les idées est marquée aussi par le contraste des mots : le premier mot est beatus, le dernier peribit. Le Ps. cxi, en imitation sans doute du Ps. i, commence et finit également parôca^Ms ^i peribit ; o,^ quipeutservir à prouver quele Ps.ia toujours formé un petit poème complet, contrairement à l'opinion de ceux qui prétendent qu'il ne faisait qu'un avec le Ps. ii.
674. — Psaume ii : Quare fremuerunt gentes't InaaguratioQ du règne da Messie ; sa pnissaace.
Sans titre. — De David, Act. , iv, 25. — Prophétique. — Sujet, le Messie. — Inauguration du règne du Christ ; tout doit se soumettre à lui. — On a essayé de le rapporter à divers faits historiques, mais aucun ne convient. — Quatre str.,de7,6, 7et8vers;l-3; 4-6'^ (2); G-^-O ; iO-iS.— 1" str., 1-3 ; Les Gentils veulent en vain se révolter contre Dieu, • — 2° str., 4-6 : Dieu se rit de leurs efforts. — 3' str., 7-9 : Discours du Messie : il déclare que Dieu l'a engendré de toute éternité et qu'il lui a donné toutes les nations de la terre. — 4« str., 10-13 : Conclusion du Psalmiste : il faut obéir au Messie. La 1" et la 2« str. se terminent chacune par un discours de 2 vers, mis le 1" dans la bouche des Gentils révoltés, le 2« dans celle de Dieu ; Dieu le Père, dans le texte hébïeu : « Et moi, j'ai établi mon roi (le Messie), sur Sion, ma montagne sainte ; » Dieu le Fils, dans la Vulgate. La 3* str. est remplie tout entière par le discours du Messie, la 4% par la conclusion du Psalmiste. Le y. 12* apprehendite disciplinam, est généralement traduit, d'après l'original , par osculamini
(1) Le mot hébreu que la Vulgate traduit par résurgent serait mieux rendu par stabunt; on ne peut donc pas conclure de ce verset que les pécheurs ne ressusciteront pas au dernier jugement.
(2) Le prmier membre du parallélisme, dans un verset, est indiqué par le chiffre du verset çt la lettre a, 6«; le second par 6, 6^; le troisième par c, 6», etc.
282 cnAP. III. — LES PSAUMES. [674]
Filiumy c'est-à-dire, rendez-lui hommage (Cf. 1 Reg., x, 1(1). Ce Psaume est très souvent cité dans le Nouveau Testament. Les Actes, iv, 2o-28, indiquent l'accomplissement de 1-2 dans la coalition des Juifs et des Gentils contre Jésus- Christ. Hebr., i, 5 et v, 5, cite 7 comme preuve de la génération éternelle du Verbe (2). Cf. Act., xiii, 33 et Rom., 1, 4-. Le nom de Messie ou Christ et celui de Fils de Dieu, Joa., i, 49 et Matth., xxvi, 63, qui étaient les noms par lesquels on désignait ordinairement chez les Juifs, du temps de Noire- Seigneur, le grand roi qu'ils attendaient, viennent de ce Ps. et de Dan., ix, 23. L'Apocalypse, xix, 15 ; xii, 5; ii, 5, nous montre Jésus-Christ gouvernant les nations avec une verge de fer (3).
1. Pourquoi les nations s'agitent-elles en tumulte (4)? Pourquoi les peuples trament-ils de vains complots ?