Division et contenu de la seconde partie
L'éloge de la sagesse, qui sert d'introduction, est suivi des proverbes proprement dits. Ils commencent au chapitre x, avec le titre de Paraholx Salomonis. Les sentences de ce roi sont divisées en deux recueils particuliers, dont le premier n'a pas d'autre titre que celui que nous venons de rapporter, mais dont le second, comme nous le verrons plus loin, XXV, 1, n» 832, a un titre qui lui est propre et indique que la collection est de date postérieure à celle qui forme la seconde partie du livre. La section x-xxiv se subdivise ellemême de la manière suivante : l»x-xxii, d6. C'est un assemblage de pensées détachées, composées ordinairement d'un seul distique, sans autre lien de rapprochement entre elles que le sujet général, qui est la morale et la prudence. — 2° xxTi, 17-xxiv, 22.. Au 'f. 17 du chapitre xxii, commence une série de préceptes, sur la justice et la prudence, qui ne sont plus exprimés seulem ent en deux vers, mais avec quelques développements. Ils sont nommés verba sapientium, xxii, 17, et peut-être est-ce là les maximes des sages annoncées, i, 6. — 3* XXIV, 23-34. Les douze derniers versets de la seconde partie forment un petit groupe à part, qui porte l'inscription : Hœc quoque sapientibus , xxiv, 23; « ce sont encore les paroles des sages, » ou, d'après quelques-uns, « proverbes pour les sages. » On doit rejeter cette dernière interprétation comme peu vraisemblable, parce que ce ne sont point les sages qui ont besoin de conseils de ce genre. Ces sentences paraissent former un supplément au premier recueil; les premières, 24-29, sont de deux vers, comme x-xxii, 16; la dernière est développée en 5 versets, 30-34. Suivant quelques critiques, elles ne sont pas de Salomon, à cause du titre qu'elles portent; suivant d'autres, elles sont de sa composition. L'opinion la plus vraisemblable est qu'elles ont pour auteurs d'anciens Sages, mais qu'elles ont été adoptées par Salomon lui-même qui les a fait insérer dans le recueil de ses propres maximes.
831. — Style de la seconde partie ou du premier recueil de Proverbes.
La seconde partie du livre, contenant le premier recueil des Proverbes et formant véritablement le corps de Touvrage, offre une régularité de structure frappante, dans toute la première subdivision, x-xxii, 16 (4). Chaque proverbe est généralement exprimé en deux vers ou deux membres paralléliques, indépendants l'un de l'autre, sans liaison nécessaire avec ce qui précède et avec ce qui suit. Le parallélisme dans les premiers chapitres est d'ordinaire antithétique, le second vers exprimant le contraire du premier :
Vita carnium, sanitas cordis, Putredo ossium, invidia. xiv, 30.
Après le milieu du chapitre xv, ce trait caractéristique s'efface peu à peu et disparaît complètement dans les derniers chapitres (2). Partout l'élocution est simple, élégante. La maxime est exprimée avec brièveté, conformément au précepte d'Eccl., XII, 14, qui donne en même temps l'exemple :
Verba sapientium sicut âtimuli Et quasi clavi in altum defixi.
Elle est aussi fréquemment enveloppée comme d'un voile transparent. C'est un des caractères de la poésie gnomique de ne pas appeler toujours les choses par leur nom, afin d'aiguiser l'esprit en l'aiguillonnant et de le rendre pénétrant en le provoquant à la recherche et à la réflexion : Sperne voluptates; nocet empta dolore voluptas,
dit un vers célèbre d'Horace, 1. 1, Ép. xi, 55. Salomon exprime bien plus agréablement cette pensée :
(1) M. Franz Delitzscb y a compté 375 distiques; il n'y a qu'une seule exception, xix, 7^, à cette régularité. Là, au lieu d'un distique, nous n'avons qu'au vers ; encore le vers manquant est-il suppléé dans les Septante.
(2) Ou trouve des vers à parallélisme synonymique, xr, 7,- 25, 30; xii, 14, 28; XIV, 13, 17, 19, etc.; à forme apboristique, xi, 31 ; xiii, 14, spécialement avec le comparatif, xii, 9; xv, 16, 17; xvi, 8, 19, etc., ou avec quanlo mngis, xi, 31 ; xv, 11 ; à forme synthétique^ x, 18; xi, 29; XIV, 17, etc.; deux à forme allégorique, x, 26; xi, 22 (suis^porci).