La crainte de Dieu
Le moyen d'acquérir la sagesse, c'est d'avoir la crainte de Dieu. L'Introduction générale nous apprend quel est le motif qui a poussé Salomon à recueillir ses Proverbes : c'est de démontrer que la crainte de Dieu est le premier de tous les biens, i, 7 : Timor Domini, principïum sapientix^ parce que c'est elle qui nous mène à la sagesse. Cette parole est le véritable commencement du livre, après la préface, i, i-6; elle est répétée aussi à la fin, presque en dernier lieu, comme conclusion, ix, 10, parce que c'est la vérité que l'auteur se propose principalement d'inculquer, le résumé de toute sa doctrine. Cf. i, 22; viii, 5; ix, 6; Job, xxviii, 28; Ps. ex, 10; Eccli., I, 16.
(1) Sur l'identification de la Sagesse et du Verbe, voir FranzeliO, De Deo trino, sect. 1. iLeois 7«, p. 106-108.
392 CHAP. IV. — LES PROVEP.EES. [837]
La crainte de Dieu à laquelle Salomon ou plutôt l'Esprit Saint attache tant d'importance, c'est la pratique de la religion, ou, en d'autres termes, le respect et le culte dus à Dieu, Tobservation de ses commandements, ce que nous devons appeler maintenant une conduite chrétienne. Avoir la crainte de Dieu ou être fidèle à tous ses devoirs, c'est donc le moyen d'arriver à la sagesse. Le sage pose ainsi la religion comme base de la morale et de la sainteté; en dehors de Dieu, il nV a point de vraie morale ni de science complète, xvi, 20^; xxix^ 25; ni, 14-12, et surtout m, 5-6 :
Aie confiance en Dieu de tout ton cœur; Ne t'appuie pas sur ta prudence; Dans toute ta conduite, pense à lui, Et il rendra droits tes sentiers (1).