Récompenses de celui qui pratique la crainte de Dieu
Celui qui garde la loi en est récompensé, 1° par la protection divine :
Le Seigneur sera à ton côté
Et gardera ton pied du piège, m, 26.
2° Par la paix de la conscience. La langue hébraïque n'a pas de mot spécial pour désigner la conscience, mais le passage suivant la décrit d'une manière évidente :
Mon fils, que [la sagesse] ne s'éloigne pas de tes yeux :
Observe la loi et les conseils [de la prudence.]
Ils seront la vie de ton âme
Et l'ornement de ton cou.
Alors tu marcheras avec assurance dans ta voie.
Et ton pied ne se heurtera point (voilà la paix de la bonne
Quand tu t'endormiras, tu seras sans crainte; [conscience).
Quand tu reposeras, doux sera ton sommeil (sans soutlVir du
Tu ne redouteras pas de terreur soudaine, [remords).
Ni la puissance des méchants quand elle fondra sur toi.
Car le Seigneur sera à ton côté, m, 21-26 (1).
3® Par des bénédictions temporelles :
La crainte du Seigneur [conduit] à la vie, Elle repose dans l'abondance, sans être visitée par le mal. xix,
usent, pour leur santé, des fruits de son labeur. Or, elle est glorieuse et désirée de tous, et si chétive qu'elle soit, on l'honore, parco qu'elle apprécie la sagesse. » Voir sur ce passage, S. Basile, Hexaem., Hom. VIII, 4, t. XXIX, col. 172; Mélanges bibliques, 2« édit., p. 433-460.
(1) Cf. aussi m, 17, et pour la peinture du remords, v, 12-13.
(2) Voir aussi ii, 7-8, 22; m, 7-10, 16, 18. Cf. Ps. xxiv, 13; xxxvi, 9;lxvui, 37. — Le juste n'est pas exempt de maux terrestres, mais il
396 cnAP. IV. — LES proverbes. [8U]
4° La sanction de la loi morale dans une autre vie n'est pas présentée dans les Proverbes avec la même clarté et la même force que dans le Nouveau Testament, mais il y en a des traces manifestes :
N'éloigne pas de l'enfant le châtiment...
Car tu le délivreras de l'enfer (scheôl). xxni, 13», 14'» .
Que ton cœur n'envie pas les pécheurs,
Mais qu'il craigne toujours Dieu,
Parce que tu auras l'espérance au dernier jour
Et ton attente ne sera point trompée. Ib., 17-18 (l).
841. — La sagesse des Proverbes est-elle une sagesse profane?
Depuis Julien l'Apostat (2), on a souvent répété que la sagesse des Proverbes n'était qu'une sagesse humaine. Il est \rai que, grâce à la révélation contenue dans l'Ancien Testament, et surtout dans le Nouveau, les idées exprimées dans les livres sapientiaux nous sont devenues familières et appartiennent en quelque sorte aujourd'hui au patrimoine commun du genre humain, mais elles n'en sont pas moins élevées et dignes de celui qui les a inspirées. Pour en comprendre le prix, il faut les comparer aux maximes des sages païens. Or, depuis Phocylide jusqu'à Marc Aurèle, quoique celui-ci et ses contemporains aient déjà vécu dans une atmosphère imprégnée de Christianisme, on ne trouve aucun phi-
86 relève, xxiv, 16. Ce f. est «cuvent paraphrasé ainsi : le Juste pèche sept fois par jour. Ce n'est pas le seûs de l'Écriture. On n'y lit pas les mots par jour, et le verhe cadit {ndphal en hébreu) ne veut jamais dire pécher : il signifie ici e7re affligé.
(1) Voir aussi xxiv, 49-20; xv, 24; xiv, 32; II, 18, et dans le texte hébreu, xii, 28. — Jean Besogne (1686-1763) a disposé dans un ordre logique et en français tous les préceptes moraux contenus dans les Proverbes, l'Ecclésiastique et la Sagesse; son travail porte le titre de Concorde des livres sa pie7itiaux ; il à été réimprimé dans Migne, Cursus completus Scripturx Sacrée, t. xvii, col. 1049-1208.
(2) S. Cyrille, Contra Julianum, 1. VII, t. Lxxvi, col. 841-843, reproduit les objections de Julien et y répond. — Ms' Plantier, Études lit^ téraires sur les poètes bibliques, t. i, p. 281-303, prouve la supériorité des Proverbes, dans sa leçon XIÎI, où il établit un parallèle entre Salomon et les moralistes profanes, au point de vue : l» de la doctrine dogmatique; 2» de la morale; 3» de l'économie domestique; 4<» de la peinture des passions; 5» de la forme littéraire, et G» du ton philosophique.